‹ Les morts mystérieuses de l'histoire (volume 2)Chapitre 119 sur 277 · I. Cf. Chronique médicale, i*' janvier · texte numérisé non relu

I. Cf. Chronique médicale, i*' janvier

son époux de quelques semaines, « très avancée pour son Age, grande et belle », assure Mignet dans son Histoire de Marie Siuart ' . Le mari avait à peine quinze ans et n'était pas encore pubère, alors qu'il était fiancé avec « la fort jolie petite fille » qui devait être sa femme.

11 avait bien poussé le flirt jusqu'aux extrêmes limites, mais ses manières restaient d'une adorable gaucherie, et sa nature molle et timide ne le poussait pas à prendre l'offensive. 11 était, du reste, taciturne, p?u enjoué, morose, d'une gravité que son âge ne comportait pas. Quelques vers rimes par un huguenot, peu de jours après la mort du roi, nous renseignent sur ce trait de caractère. C'est François 11 qui parle :

Quant à mes mœurs, je fus froid de nature, Morne, hautain, parlant peu, triste et quoy, Non point enfant à ce que j'entendoy, Ny mal croissant de taille et de stature, Sobre de vins, de Vénus et de vice, D'oiseaux, de chiens, j'aimay fort l'exercice.

Tout cela est assez concluant. L'adénoïdien n'est-il pas, comme chacun sait, un enfant en retard, aussi bien au physique qu'au moral ?

Mais, direz-vous, on ne voit pas bien jusqu'ici la relation de tous ces symptômes avec cet abcès profond auquel succombera le jeune roi? Pouvonsnous raisonnablement demander aux médecins

I. II mourut de Marie Stuart, dit le duc d'Alb«. Sans doute le mariage et aussi les fatigues du pouvoir, la chasse dont il abusait, etc., furent pour quelque chose dans sa mon prématurée, mais c'est surtout son mal^ le poison lent qui ïc consumait, qui hâta sa fin.

de Françoisll,et à plus forte raison à ses historiens patentés, d'être plus affirmatifs qu'on ne l'aurait été trois cents ans plus tard ? Les végétations adénoïdiennes ont été décrites il y a quelques années à peine, ne l'oubHons pas. Nous n'avons donc pas le droit d'être trop exigeant à l'égard des contemporains de François 11.

Si aujourd'hui nous jugeons avec indulgence ce pauvre roitelet, débile de corps et d'esprit, c'est parce que cette débilité ne nous apparaît que comme « la conséquence logique d'un mal qui, en raison de sa situation particulièrement abritée, devait pendant longtemps encore échapper aux investigations de l'art médical »*. La raillerie doit faire place à la pitié. L'historien doit lâcher prise : François II relève de notre domaine.

Songez que, dès l'âge de trois ans et demi, au témoignage de l'ambassadeur vénitien Dandolo, l'enfant a ressenti les premières atteintes du mal qui doit abréger ses jours,

Un an plus tard il a la variole, dont il ne se remet que très lentement.

A dix ans et demi, il présente un des signes les moins trompeurs de la présence de tumeurs adénoïdes dans le pharynx supérieur, à savoir la difficulté de se moucher ou l'impossibilité d'expulser par le nez toutes les mucosités que recèle i'arrière-nez.

Depuis, le temps a marché, mais les signes objectifs de la maladie restent les mêmes. Encore de nos jours, la négligence des parents, leur igno-

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