‹ Les morts mystérieuses de l'histoire (volume 2)Chapitre 149 sur 277 · Idem, pp. 118 et n · texte numérisé non relu

Idem, pp. 118 et n

2. Le roi était bien prévenu, semble-t-il, qu'on en voulait à sa vie. Voici ce que nous trouvons rapporté dans les Pièces inléressatiies et peu connues, de la Place (t. 111, p. 34-55):

« lA.Jean Diirei était médecin du cardinal de yeiidômeyÇ\\i\ avait pour secrétaire le frère du même Ditret qui depuis a été le président de Cbéverny. Duret le médecin dit un jour chez ce cirdinal, en parlant de Henri li^ y qu'il falloit lui faire avaler des PWules Césariennes^ c'est-à-dire 23 coups de poignard, ainsi qu^autrefois César dans le Sénat. Ce qu'étant su et rapporté par du Perron, le roi depuis l'a fort haï, sans pourtant jamais lui faire de mal.

«Ce médecin voyoit quelquefois la Reine Marie de Médicis ^ quand elleétoit malade, laquelle se fioit fort en lui^ à cause qu'il avoit grande réputation, et ayant fait, par ce moyen, prier le roi de lui donner la place de premier médecin, après la mort de M. delà Rivière^ le roi répondit à ceux qui lui en parlèrent : « Dites à Duret, qu'il se contente que je le laisse vivre, et que je sais bien le mal qu'il a voulu me faire, il y a longtemps. »

3. Le D' Régis a reconstitué la liste complète des assassins de Henri IV {Op. cit., p. 76, n.).

corroborer l'opinion que nous avons formulée quelques lignes plus haut à savoir : que Ravaillac fut un fanatique, un mystique, sujet à des hallucinations; qui avait un projet peut-être généreux et logique, mais qui se transforma, par suite d'une auto-suggestion, en une obsession morbide, en manie homicide et impulsive.

C'est, d'ailleurs, l'avis d'un historien qui a fait du règne de Henri IV une étude approfondie. « Ravaillac, écrit M. Poirson, est le seul auteur de l'assassinat du roi ; il a seul conçu le forfait qu'il exécuta. II appartient à cette race d'hommes, d'un esprit à la fois étroit et passionné, d'une raison malade,d'une âme atroce, chez lesquels la religion, la philosophie, la liberté se changent en poison, deviennent le principe de crimes capables de ruiner l'Etat et les lois, de déshonorer leur pays et leur siècle. »

« On ne comprend Ravaillac, écrit de son côté J. Loiseleur, que si on le laisse dans sa sombre solitude, dans l'ardeur de son exaltation personnelle, en tête à tête avec ses visions, avec ses hallucinations, avec la trompette de guerre qu'il croyait sentira sa bouche" et les hosties qu'il voyait des deux côtés de sa face. De tels criminels n'ont ni guides ni confidents; on ne les dirige pas par l'intérêt; on ne les presse qu'en exaltant leur aveugle fanatisme ^»

Il s'est trouvé néanmoins des historiens pour déclarer que Ravaillac, en assassinant Henri IV, avait voulu venger l'honneur de sa sœur, que le

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