I. Poirson et Loiseleur, cités par Régis, op, cit,, p
roi aurait «trompée et déshonorée ». Cest la thèse qu'a soutenue M. Marc Dufraisse dans les lignes qui vont suivre* :
Je ne suis pas, dit-il, de l'école historique où l'on assigne les moindres origines aux plus grands événements... Toutefois je ne puis m'empêcher de reconnaître que la guerre eut souvent de tristes causes. J'ai vu, disait Mirabeau, l'Europe incendiée pour le gant d'une duchesse trop tard ramassé. Si Ton en croit Tabbé de Saint-Pierre, la rivalité de Colbert et de Seignelay, son fils, contre les frères Louvois et Le Tellier, alluma la guerre de Hollande, en 1671. Tout le monde sait également que Henri IV, dans sa verte et galante vieillesse, tomba violemment amoureux de Henriette de Montmorency, et que, pour l'avoir à sa main, il maria la jeune personne, à la Cour, au prince de Condé. On sait que l'époux mal-appris résolut d'emmener sa femme hors de France. On sait encore que la fugitive fut longtemps poursuivie ou plutôt précédée sur la route, de relai en relai, par Henri le Grand, déguisé en postillon, avec un emplâtre sur l'œil gauche ; et qu'enfin sous prétexte de Julie de Clèves, les régiments de France partaient déjà pour la conquête de la dame, qu^.nd le vieux satyre, ayant trompé et déshonoré une sœur de Ravaillac, cet exécrable vengeur de la sainteté de la famille, arrêta d*un coup de couteau V exécution d'un grand dessein,,.
Malheureusement M. Dufraisse ne nous indique pas ses références — et nous ne ; saurions faire état d'une simple assertion. Une hypothèse que rien ne justifie ne saurait ébranler la conviction que nous avons exprimée et qui nous est commune avec MM. Régis et Loiseleur, dont le sens critique et le solide jugement nous servent de garants.,.
I . Cf. Le Collaborateur des Erudits et des Curieux, 1 5 jan^ vier 1896.
Le corps de Henri IV avait été, par les soins des gentilshommes de sa chambre, enfermé dans un cercueil de plomb, recouvert d'un autre cercueil en bois. 11 resta dix-huit jours dans la chambre du Louvre : après quoi il fut descendu et porté dans la grande salle du Palais, et « mis dedans un châlit sous son effigie*. L'effigie resta exposée onze jours.
11 en fut fait deux autres, qui furent vendues à de riches particuliers. Le musée Carnavalet s'est rendu possesseur de l'une d'elles, il y a environ deuxans.L'autre se trouve au musée de Chantilly*. Le corps du roi et son effigie' furent transportés à de St. Denis ; et la nuit qui suivit, l'effigie fut ôtée de dessus le cercueil.
Le 17 octobre 1793, les membres composant la municipalité de Franciade, aliàsSt. Denis, ayant donnél'ordre d'exhumer les corps des rois et autres personnages qui avaient été inhumés dans l'abbaye, pour en extraire les plombs, les ouvriers mirent tout d'abord à découvert le corps de Turenne — et aussitôt après, celui de Henri IV, tous deux en parfait état de conservation. Les traits du visage du roi étaient si peu altérés qu'il fut facile de mouler sur nature le plâtre, d'après lequel on a fait depuis tant de moulages*.
Le corps de Henri IV fut transporté de là dans
1. Funérailles de Henri /^(i6io); extrait du Mercure fra^ çoiSf t. I.
2. Cf. V Eclair (de Paris), 5 juin 1899 et le Pelii Bleu (de Paris^, 8 juin 1899.
3. Gilbert, Description de Saint-Denis. V. aux Pièces justificatives, la note C.