Mercure français, loc. cit
le cimetière dit des Valois, puis jeté dans une grande fosse, sur un lit de chaux. Le cadavre avait le crâne scié et contenait, à la place de la cervelle qui en avait été ôtée, de l'étoupe enduite d'une liqueur extraite d'aromates, qui répandait une odeur encore tellement forte qu'il était presque impossible de la supporter. Un soldat, qui était présent, mû par un subit enthousiasme, se précipita sur le cadavre, et après l'avoir longuement contemplé, coupa avec son sabre une longue mèche de la barbe et se l'appliqua sur la lèvre supérieure en s'écriant: Maintenant, je suis sûr de vaincre les ennemis de la France, et je marche à la victoire*!... Cette moustache a, comme bien on pense, sa légende, mais ce n'est pas ici le lieu de la rééditer*. Disons seulement que, depuis l'exhumation de 1793, elle s'est à ce point développée, qu'on compte aujourd'hui presque autant de moustaches du roi Henri que de cannes de Voltaire ou de mâchoires inférieures de Molière '\
1. G. d'Heilly, Extraction des cercueils royaux à Saint-Denis, en 179?, Paris, Hachette, 1868, p. 100.
2. On la trouvera tout au long dans le livre de M. d'Heilly, aux pages 202 et suivantes.
3. Sur la destinée des masques et du crâne de Henri IV cf. V Intermédiaire des Cbercbturs et Curieux^ 1874, pp. 127, 343» 3<39, 43^ 534- ^35 ; «87s, pp. 171, <>8i, 753 ; 1876, 306; 1879, p. 524; 1893, t. 1, p. 402; sur l'exhumation, même recueil, 1895, t. 1, p. 665; sur le cœur, v. Souvenirs et Mémoires, édités par Gougy, entre 1898 et 1900 : l'article est intitulé : Le Cœur de Henri IV et la Révolution ; nous en avons égaré l'indication bibliographique, mais c'est sûrement vers l'époque que nous indiquons.
PIÈCES JUSTIFICATIVES