‹ Les morts mystérieuses de l'histoire (volume 2)Chapitre 172 sur 277 · I. Cf. Galette anecdotique, 1878, t. Il, p · texte numérisé non relu

I. Cf. Galette anecdotique, 1878, t. Il, p

ne reste plus d'elle que des débris innommables ! . . .

Le récit que nous avons reconstitué de la dernière maladie d'Anne d'Autriche nesauraitlaisserle moindre doute sur la nature du mal auquel elle a succombé. C'est bien d'un cancer au sein qu'il s'agit, que des remèdes intempestifs, des caustiques plus ou moins violents ont exacerbé peutêtre, mais qui ne saurait être confondu avec aucune autre affection plus ou moins similaire.

Mais on n'a pas oublié qu'avant qu'éclatâssentles premiers symptômes de la tumeur maligne, la reine avait éprouvé des accès de fièvre qui avaient fait croire à une fièvre infectieuse, qu'il est impossible de préciser exactement.

Il s'est trouvé des historiens, — si tant est qu'on puisse les gratifier de ce titre, — pour noter les coïncidences de cette maladie royale avec certains embarras politiques et surtout avec certaines morts inexpliquées, et pour en tirer des conséquences tout à fait inattendues.

Le premier accès d'Anne d'Autriche, écrit Raspail, apparut au milieu des grandes difficultés, par lesquelles l'opinion publique et elle-même, Anne d'Autriche, d'accord avec l'opinion publique, entravaient la marche du procès de Fouquet. On vit tomber alors les plus fortes têtes en peu de jours, et toutes après avoir reçu les soins de Guenaut : Mme la présidente de Nesmond, propre sœur de monsieur le premier président, la présidente de Brion de la cour des aides, M. Colbertde St-Pouange, beau-frère de M. le Tellier et son premier commis, la marquise de Richelieu, fille de Mme de Beau vais la confidente de la reine-mère^ laquelle dame accusa en pleine cour Guenaut d'avoir tué sa fille : toutes

dames qui s'intéressaient au malheureux sort de Fouquet, M. de Longueville mourut au même moment à Rouen après quelques jours de maladie.

« A la même époque la reine-mére se sentit prise de frissons ; la jeune reine était malade ; la maladie et la mort étaient en permanence dans cette cour assombrie, alors qu'il y avait si peu de malades dans Paris. La reine-mère intercédait auprès du roi son fils : on lui accorda pour la modérer la liberté de M. la Basinière : « Tibère, dit à ce propos Guy Patin, accordait à sa mère Livia tout ce qu'elle lui demandait, ei nam debehat vitam, libertaiem et imperium ». Pesez bien cette phrase : « car il lui devait la vie, la liberté et ' l'empire »; ne voyez-vous pas là toute la thèse que nous avons soutenue dans douze livraisons successives de cet ouvrage, et ne vous apparaît-il pas que, du temps de Guy Patin, on pensait ce que nous avons l'air de penser tout seul aujourd'hui? *.

Qu'est-ce à dire? Aquoi visent ces insinuations? La reine aurait-elle été victime d'un de ces empoisonnements lents, dont les précurseurs de la Brinvilliers ont laissé perdre à jamais la recette ? C'est bien, il nous semble, ce qu'on voudrait nous laisser deviner sous l'obscurité voulue des phrases.

Mais voici le cancer qui se déclare : il ne peut donc plus y avoir d'équivoque ? C'est mal connaître l'imagination de ceux qui ne voient dans nos rois de France que la pâle copie des Néron et des Tibère.

Il n'y avait au début qu'une « glande » ; ce sont les médecins qui l'ont transformée en ulcère incurable.

' 11 apparaît au sein une glande, qui n'était peut-être qu'une glande et que l'application de remèdes secrets et em-

Page 1