‹ Les morts mystérieuses de l'histoire (volume 2)Chapitre 175 sur 277 · REINE DE FRANCE · texte numérisé non relu

REINE DE FRANCE

Morte, le 30 juillet 1683, d'un Abcès axillaire propagé à la cavité thoracique. >

Peu de jours après la mort de l'épouse du Grand Roi *, Bussy, le cousin de Mme deSévigné, qui s'était constitué le gazetier, non dépourvu de malice, de ce qui se passait à Paris et à Versailles, écrivait au duc de Saint-Aignan :

Le 31 juillet, la reine Marie-Thérèse d'Autriche, princesse d'une grande piété, mourut d'un mal qui ne parut pasconsi-

I. Louis XIV eut de Marie-Thérèse trois fils : Louis de France, dit le grand Dauphin (1661-17 11) ; Philippe de France (1668-1671); Louis-François (né le 14 juin 1673, mort le 4 novembre suivant) ; et trois filles : Anne-Elisabetb de France (née le 18 novembre 1662, morte le 30 décembre suivant); Mariâ'/4nne de France (née le 16 novembre 1664, morte le 26 décembre suivant) ; Maiie-Tbérése de France (1667-1672).

Lt grand Dauphin fut le seul des enfants légitimes de LouisXl V qui laissa de la postérité.

Le mariage du roi avec Madame de Maintenon resta infécond. De son union, par la main gauche, avec la duchesse de La ^allière, résultèrent : r une fille, Marie-Anne, plus connue sous le nom de Mlle de Blois, c]fui épousa Louis- Armand de Conti, et mourut sans postérité ; 2" un fils, Louis, comte de Vermandois, mort jeune.

La marquise de Montespan donna au roi trois garçons :

dérable, après quatre ou cinq jours de fièvre ; mais elle fut fort mal traitée. Le trop de façons la fit mourir : une paysanne à peine auroit gardé le lit pour cette maladie. Sa mort étonna et surprit tout le monde ; car elle n'avoit que quarantecinq ans et elle étoit d'un tempérament admirable.

Bussy commet une première erreur, une erreur de date. C'est en effet le 30 juillet *, et non le 31, que succomba Marie-Thérèse.

Seconde erreur: la maladie qui emporta la reine fut, en effet, de très courte durée, (on ne s'en inquiéta véritablement que dans les quatre ou cinq derniers jours), mais les prodromes ou signes prémonitoires remontaient plus haut.

Dès 1664, là reine avait été mise en péril par une maladie d'une certaine gravité, dont notre spirituel ancêtre Gui Patin nous a conservé le récit, sous forme de bulletins presque quotidiens.

Le 14 novembre, le célèbre épistolier écrit à son ami Falconet que la « la jeune reine, grosse de

i' Louis-Auguste y duc du Maine, contrefait, bossu et boiteux qui, de son mariage avec la fille du prince de Condé, eut sept enfants, dont quatre garçons, tous morts en bas âge ou sans alliance ; 2* Louis-César^ comte du Vexin, mort d'une affection cérébrale, probablement une méningo-encéphalite, dans son jeune âge ; 3* Louis-Âlexandre, comte de Toulouse, qui eut de Sophie de Noailles, parente de Mme de Maintenon, un fils unique, le duc de Penibièvrcy beau-père de la princesse de Lamballe et de Philippe-Egalité ; et trois filles: !• Mlle de Tours, morte en bas âge; 2- Mlle de NanUs, boiteuse et débauchée, mariée à Louis 111, duc de Bourbon- Condé ; y Mlle de Blois, très adonnée à la boisson, très adipeuse, qui épousa le Régent.

K La Galette de France du 31 juillet (1683) publiait cette information :

« Marie-Thérèse d'Autriche, reyne de France et de Navarre, mourut hier à Versailles au quatrième'jour de sa maladie, âgée de quarante-cinq ans, etc. »

huit mois, a la fièvre tierce et et en a déjà eu trois accès. Le roi paraît fort touché de cette maladie, et se rend fort assidu auprès d'elle; elle a été déjà saignée trois fois *. »

Deux jours plus tard, la reine accouchait d'une fille, Marie- Anne de France, qui ne devait vivre que quelques semaines.

La jeune mère est reprise d'accès fébriles, mais qui ne sont plus que de c% cinq heures », et les nuits sont, d'ailleurs, bonnes. On dit — c'est Gui Patin qui s'en fait l'écho — que madame Fouquet, la mère du surintendant, a donné à la reine un emplâtre qui a été mis sur le ventre de l'accouchée — et qui a presque aussitôt calmé les douleurs.

Cette cure fit grand bruit, et l'on attribua généralement la guérison de la reine bien plus à l'emplâtre merveilleux qu'au traitement de M. Seguin, le médecin en titre, qui s'arrogeait pourtant le mérite d'avoir empêché son collègue Guénaut d'administrer du vin émétique à l'auguste malade.

« Il est certain que l'effet (de l'emplâtre) en fut prodigieux », écrivait madame de Sévigné. On aurait été surpris qu'elle n'en eut point parlé, elle qui chante les louanges de tous les remèdes d'empiriques. « En moins d'une heure, la reine sentit sa tète dégagée... il se fit une évacuation si extraordinaire de quelque chose qui devoit la faire mourir la nuit suivante, qu'elle-même dit tout haut que c'étoit madame Fouquet qui l'avoit guérie-. »

1. Lettres de Gui Patin, éd. Réveillé-Parise, t. 111, p. 490 et passim.

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