Lettres du 20 et du 24 novembre
Quand on avait parlé à Marie-Thérèse du médicament préparé par madame Fouquet, elle avait eu un mot délicieux : «Je veux le mettre, auraitelle répondu, car madame Fouquet est une sainte V.
On sait combien la reine était crédule : elle ne s'était pas contentée, en réalité, d'appliquer le fameux emplâtre, « qui lui avait fait rendre, disait-on *, deuxcaillaux(sfV:^ de sang, gros comme la main ?> ; elle s'était fait apporter au Louvre le bonnet de Saint François de Paule, qu'elle baisa avec beaucoup de dévotion et que le roi lui-même, qui rencontra la relique dans l'antichambre, embrassa avec non moins d'effusion'.
Le fin sceptique qu'est Gui Patin ne souffle mot de toutes ces capucinades dans sa Correspondance. 11 constate seulement, non sans dépit, que la reine ne se trouve pas encore bien depuis trois mois qu'elle est alitée et que « le simple bourgeois est mieux traité que cela* ».
La reine n'effectua sa première sortie que le 31 janvier (1665) \
1. Journal d'Olivier d'Ormesson, t. 111, p. 125: Chéruel Mémoires sur Fouquet, t. Il, 1862, p. 420.