V. Souvenirs de Madame de Caylus
rent, chassèrent dans la plaine et on rît beaucoup dans les carrosses. Madame de Montespan ellemême en fut scandalisée ' !
Nous avons dit notre sentiment sur la nature de la maladie qui provoqua la mort de la reine Marie- Thérèse. Si nous citons une opinion fort différente, ce n'est pas pour nous donner l'occasion — c'est un jeu par trop facile — de la discuter ou de la réfuter, maispour ne rien omettre de ce qui touche à notre sujet.
Marie-Thérèse, écrit un historiographe des châteaux royaux*, portait déjà dans son sein le germe de la maladie dont elle mourut quelques mois après un voyage fait à Compiègnc. Les fastueuses infidélités du roi retentissaient sans cesse à ses oreilles, ou venaient importuner ses yeux; mais douée d'une patience angélique, elle pardonnait tout à un époux qu'elle adorait. Cependant le secret sentiment de sa position secondaire dans le cœur du roi, l'humiliation de ne jamais recevoir que de froids égards en échange d'une vive tendresse, les jalouses sollicitudes qu'une femme ne peut pas dévorer, la contrainte qu'elle met à les cacher avaiefit fini par porter atteinte à la sauté de la reine. »
Certes, le chagrin prolongé n'est pas sans influence sur l'état général, nous l'avons répété maintes fois. Mais tout le monde ne s'accorde-t-il pas à dire que Marie-Thérèse avait l'aspect d'une femme tout à fait bien portante quand survinrent les premiers symptômes du mal auquel