Nouvelle Revue rétrospective ^ loc. cit
3. «La petite vérole a emporté en cinq ou six jours le prince de Soubise et sa temme; c'était le plus bel homme de la cour, fils du prince de Rohan, et qui était fort aimé. Sa femme qui l'a gardé est morte quelques jours après lui ; ils laissent plusieurs enfans... Le duc d'Aumont fils a pris la petite vérole de sa mère, et en est mort, en 4 jours, le 6 de ce mois. Ainsi, le père, la mère, la bru et le fils ont été emportés en six mois de temps. Ce jeune duc disoit à son médecin : « Docteur, irai-je faire la partie carrée à Saint-Gervais ? Ce serait là un vilain quadrille. » Mais la mort n*cntend ^2A
Nous avons discuté ailleurs l'étiologie du mal auquel succomba le Roi; nous n'avons rien à modifier à cet égard. C'est bien de la variole classique qu'est mort Louis XV, et nous avons tout lieu de penser quMl n'avait eu antérieurement que la varicelle, et non la petite vérole, bien que les casde récidive de variole ne soient pas absolument exceptionnels.
Nous avonsdit plus haut que la dernière maladie du Roi n'a aucun rapport avec celles qui l'avaient précédée. Nous ne devons pas- omettre tout au moins d'en faire une mention, si rapide soit-elle.
L'enfance du roi avait été débile, mais il n'eut une maladie bien caractérisée qu'au mois d'août 1721 * — il avait onze ans. Bien qu'elle ait été de courte durée, elle ne laissa pas de causer les plus vives alarmes. Les ennemis du Régent ne manquèrent pas de saisir cette occasion pour rééditer les bruits calomnieux qu'ils avaient fait courir à la mort des petits-fils de Louis XIV.
On parla de poison, et si le rétablissement du jeune roi eût été moins prompt ', le duc d'Orléans
raillerie, et Ta enlevé, à trente-deux ans et au milieu de la fortune la plus brillante. » Cf. Journal de Matbùu Marais^ t. 111, hc. cit.
1. Cf. Le Cabinet secret, i'* série, p. 51 (éd. de 1897) et la Revue des Documents historiques, 2* année, p. 144 et suiv.
2. Le 31 juillet 1721, Louis XV tomba malade aux Tuileries. On craignit beaucoup pour les jour> de ce prince, si cher à la France; aussi, lorsque sa santé fut rétablie, l'on s'empressa de chanter partout des Te Deum. A Paris, et dans les principales villes du royaume, l'on fit des feux de joie et des illuminations qui durèrent trois jours.
A Versailles, un grand nombre de jeunes gens des meilleures familles formèrent une très belle compagnie; ils s'ar-
n'aurait pas celte fois échappé à la vindicte publique.
En 1725, le roi est victime à la chasse d'un léger accident, auquel il est fait en ces termes allusion dans les chroniques du temps:
20-21 février 172^. — U y a une grande alarme. Le Roi est tombé malade d'une grosse fièvre; on Ta saigné du bras et du pied le même jour; le lendemain 21, il s'est trouvé sans fièvre, et le troisième jour, tout à fait bien. C'étoit un effort qu'il s'étoit donné en rompant un arbre à la chasse *.
11 se livre avec tant d'ardeur à cet exercice que son appétit augmente, et pour calmer sa faim il se donne de fréquentes indigestions.
Le lundi 22 juillet 1726, écrit Narbonne *, après avoir bien dîné, il alla à la Meute au bois de Boulogne. U y mangea beaucoup de figues, d'abricots, de lait, un levraut et une grande omelette au lard qu'il fit lui-même.
11 revint ensuite à Versailles et soupa comme à l'ordinaire. Le lendemain il eut une indigestion et setroilva mal à la messe.
Le mercredi 24, il voulut encore aller à la chasse à Rambouillet et s'y trouva mal de nouveau. On le saigna aussitôt
nièrent de fusils, puis ils allèrent au château, et lorsqu'ils furent devant l'appartement de M. Blouin, alors gouverneur de Versailles, ils firent trois décharges de mousqueterie.
Le début de cette maladie fut si rapide, que les bruits de poison se répandirent dans le public. Boudin, son premier médecin, parut d'abord le craindre, et en écrivit dans ce sens à M. Blouin. {Journal de Narbonne, éd. Le Roi, août 1721).
\, Journal de Mathieu Marais, t. 111, p. 153 (éd. M. de Lescure.)