‹ Les morts mystérieuses de l'histoire (volume 2)Chapitre 204 sur 277 · Mémoires de Catb, Hyde, p · texte numérisé non relu

Mémoires de Catb, Hyde, p

qui connaissaient le goût du monarque pour leur art, lui offrirent un service qu'il se pressa d'examiner : en cherchant à l'ouvrir, il poussa un ressort, qui fit sortir un Dauphin en acier. Le roi, très satisfait de ce travail, leur fit donner trente louis, en plus de la participation accordée aux autres corps de métiers*.

Les premières années du dauphin se passèrent sans incidents notables. 11 s'annonçait, au début, comme un fort bel enfant, jouissant d'une santé florissante et ne laissant en aucune façon prévoir la triste destinée qui l'attendait.

On lui avait choisi une nourrice *, âgée de 31 ans, qui portait un nom prédestiné. Geneviève Barbier, femme Poitrine, était une femme originale, dont les allures campagnardes tranchaient sur l'urbanité obséquieuse des gens attachés à la cour ^.

Elle était bien nommée, dit madame de Bbmbelles^ car elle a une poitrine énorme et un lait excellent, à ce que disent les médecins.

C'est une franche paysanne, femme d'un jardinier de Sceaux; elle a le ton d'un grenadier, jure avec une grande facilité.., ne s'étonne et ne s'émeut de rien. Les dentelles, le linge qu'on lui a donnés ne l'ont pas surprise : elle a

1 . Histoire de Versaillâs, par J.-A. Le Roi, 1. 11, Versailles, s d.

2. Nou^ ne parlons pas de la première nourrice, qui n'était restée en charge que pendant six semaines seulement. On avait remarqué une éruption suspecte « quelque indiscret bouton » qui la fit renvoyer (Cf. la Correspondance secrète inédite sur Louis XI^I, Marie-Antoinette, etc., par M. de Lcscure, Paris, 1866, t. 1, p. 447.

^, Le Petit'Trianon, histoire et description, par ' G. Desjardins, p. 247.

trouvé cela tout simple, et a seulement demandé qu'on ne lui fit pas mettre de poudre, parce qu'elle ne s'en était . jamais servie. Elle voulait mettre son bonnet de six cents livres sur ses cheveux, comme les autres cornettes. Son ton amuse tout le monde, parce qu'elle dit quelquefois des choses fort plaisantes.

En 1783, elle accompagna le dauphin à Trianon pour la dernière fois*.

Conformément aux usages de la Cour, l'enfant royal fut d'abord confié à des gouvernantes. Ce fut d'abord Madame de Guéménée qui fut chargée de l'éducation du jeune prince, jusqu'au jour où le scandale financier, auquel son mari se trouva mêlé, la contraignit à offrir sa démission.

En 1785, on parla de lui donner M. de Montmorin pour gouverneur, mais c'est le duc d'Harcourt, lieutenant général du gouvernement de Normandie, membre de l'Académie Française, qui finalement devait être choisi.

C'est en octobre 1786 que le duc d'Harcourt prit possession de son poste.

Le petit duc de Normandie, dont sa mère disait peu auparavant avec orgueil qu'il était « un vrai enfant de paysan, grand, frais et gros ' », se ressentait encore des suites d'une opération, qui lui avait été pratiquée Tannée précédente.

Dans la première quinzaine de mars 1785, la reine était allée s'établir à Saint-Cloud, où le dau-

1 . On lui donna sa retraite avec une pension de 6.000 livres, dont 500 livres réversibles sur la tête de chacune de ses deux filles, et 800 sur celle de son fîls. (G. D.).

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