Sollier ( D' P.), MalaJies rnsniaUs, p
2. Nous les empruntons à l'ouvrage généralement exact de Peignot , que nous avons déjà cité.
« L'exactitude que nous avons apportée à vérifier les dates dans un grand nombre d'auteurs, et à les corriger lorsque nous les avons trouvées fautives (ce qui nous est arrivé assez souvent) ; cette exactitude, disons-nous, paraîtra peut-être de quelque prix à ceux qui savent combien cette partie a été négligée par la plupart des historiens, surtout des abréviateurs. » Ces lignes de Peignot nous serviront de justification
Louis V,dit le fainéant, le 29 mai 987. Son épouse, Blanche, Blandine ou Constance (?) fut accusée de l'avoir empoisonné.
La seconde race des rois de France finit à Louis V.
Avec Hugues Capet commence la troisième race, comprenant les Capétiens, les yàloiz et les Bourbons.
Hcigaes Capet
Mort, le 24 octobre 996, à cinquante-cinq ans, d'une maladie éruptive ressemblant à la Variole.
Nous ne pouvions nous livrer qu'à des conjectures sur la mort de ce roi de France.
Une seule phrase, empruntée à l'un des biographes, qui mérite le plus de confiance*, de Hugues Capet peut appeler le commentaire; nous la citons dans son texte inaltéré:
«Hugo rex, papulis toto corpore confectus, inoppidoHugonisJudœis, medicis fortasse, ut de Karolo Calvo Hincmarus scribit. »
Ce n'e,stpas,àlavérité,trèsexplicite.Le roiHugues, prétend son historien,avait une éruption de papules par tout le corps. Qu'est-ce à dire ? de quelle maladie éruptive peut-il s'agir ?
Les papules peuvent tirer leur origine : de la variole, de rérysipèle, de la rougeole, de VecT^éma, du lichen, de la syphilis, — mais existait-elle à
I. Richer, édition Waitz, p. 180. Cf. également H. F., {Recueil des Historiens de la France), t. X, p. 13, 165, aaa, 259, 281, 314 et Monument. Germ., S. S, iv, 8 ; ix, 385.
cette époque lointaine ? — du purpura papuleux\ etc.
Nous pencherions plutôt en faveur de la première hypothèse, la variole^ et voici nos raisons :
Sans chercher à déterminer si la variole a été ou non connue des Anciens*, question encore
]. Faut-il citer encore Purlicaire ti\t typbus exanibématiquef mais il y a des caractères différentiels qui ne permettent pas la confusion.
3 « Malgré des recherches très profondes et très intéressantes, a écrit Littré, l'existence de la variole dans l'antiquité est restée un point fort incertain de la pathologie historique. » Hippocrate, traduction Littré, t. V, p. 60.
Pour démontrer que les Grecs n'ont pas connu la variole, on a fait valoir un argument assez plaisant : « La gloire que les Grecs ont acquise dans la sculpture et dans la statuaire est bien connue, écrit GrQner (f^ariolarum aniiquiiates ab Arabibus solis repetendœ, diss. inaug., lena, 18 déc. 1773) ; le virus agit souvent avec une telle intensité que le visage reste déformé pour la vie par de hideuses cicatrices, des trous et d'autres désorjdres. Je voudrais bien savoir pourquoi de pareils accidents ne sont jamais rappelés par les artistes anciens,,, »
Cet argument d'ordre esthétique, le D'. Levillain n'a pas eu de peine à le réfuter :
« Pour rechercher des cicatrices sur des statues qui ont quinze siècles d'existence, écrit notre confrère, dont beaucoup ont été mutilées, enfouies, il faudrait une foi robuste et une bonne dose de patience. Du reste, si l'on parcourt les places publiques de tous les pays d'Europe, combien trouverait-on de statues, sur lesquelles l'artiste ait tracé des stigmates de variole? Une peut-être celle de Mirabeau et encore nous n'en sommes pas sûr. Il serait absolument logique de conclure de là que, pendant cinq siècles, un seul homme ayant mérité que la postérité coulât ses traits en bronze, ait élé marqué de la petite vérole.
«Est-il prouvé que les sculpteurs grecs fussent plus amis de la fidélité historique ou du réalisme que nos artistes modernes? C'est le contraire qui est vrai. Les Grecs idéalisaient tout, nous ne savons s'ils auraient picoté le marbre pour
très controversée*, il paraît hors de conteste qu'elle a fait son apparition dans les Gaules dès le vi« siècle: Marius, évèque d'Avenche, en Helvétie, est le premier qui, dans S2i Chronique, ait parlé dune épidémie qui sévit en 570 dans l'ancienne Gaule et l'Italie*. Mais son texte imprécis peut donner lieu à une double interprétation.
Ce n'est que quelques années après, vers 580, que Grégoire de Tours* fait la description d'une maladie papuleuse et vésiculeuse, maligne, s'ac-
rendre une ressemblance plus frappante ; ce qu'il y a de certain, c'est que jamais ni Pygmalion ni Phidias n'eussent songé à créer un dieu variole ou ï représenter un héros dans ces conditions...»
Nous accorderions plus d'attention à cet autre argument, mis en avant par Anglada en faveur de la nouveauté de la variole:
« Si cette maladie eut existé du temps des Anciens, écrit cet auteur, on ne peut admettre qu'ils n'eussent rien dit des cicatrices si caractérisées qu'elle laisse après elle. Dans une société qui professait le culte de la Forme et dressait des autels à la Beauté, l'œuvre dégradante delà variole eut soulevé un concert de malédictions, dont les écrivains de Rome et d'Athènes nous auraient transmis les échos. Les satiriques latins surtout, qui semblaient se complaire dans le tableau des maladies cutanées et des stigmates hideux dont elles marquent leurs victimes, auraient trouvé dans les suites de la variole ufi sujet toujours renaissant d'épigrammes. Les contemporains des Codes, des Scœvola, des Corvinus, des Cicero, des Nasica, des Lentulus, n'auraient pas épargné les allusions à ces visages en écumoire, illustrés par la caricature moderne. »
1. Ozanam, Maladies Epidémiqttes, 111; et surtout Dr Emile- Louis Levillain, Étude sur l*bistoire des fièvres éruptives avant lé XVII\ siècle (thhse de Paris, 1884); Anglada (Ch.), Etude sur les maladies éteintes et les maladies nouvelles, 1869, p. 218 tt suiv.