‹ Les morts mystérieuses de l'histoire (volume 2)Chapitre 39 sur 277 · Essai sur les Mœurs · texte numérisé non relu

Essai sur les Mœurs

nie, soigneusement entretenue par la légende qui présente Thibaut de Champagne comme épris de Blanche de Castille, au point d'avoir empoisonné ^e roi, dont il était jaloux, La mort de Louis VIU serait donc le résultat d'un crime passionnel*.

La critique historique" a réduit à néant cette fable •, injurieuse pour la mémoire de la mère de Saint-Louis. Le chroniqueur contemporain Péan Gatineau, chanoine de Saint-Martin de Tours, est très aflfimatif sur ce point. Le roi, assure-t-il, 4C ne s'adonnait ni à la bonne chère, ni à la boisson, ni à la débauche ; sa femme lui suffisait >.

Plusieurs historiens ont, du reste, parlé de l'amour que Louis VUI avait pour sa femme : « ils étaient si attachés l'un à l'autre, que toujours on les voyait d'accord, et jamais reine n'aima tant son seigneur ». L'auteur de la chronique rimée, à laquelle sont empruntées ces expressions, rappelle, en outre, en plus d'un endroit, l'affection que Louis VUI et la reine Blanche avaient pour leurs enfants *.

Si, malgré tout, les soupçons se sont portés sur Thibaut de Champagne, c'est que le comte s'était mal conduit avec son suzerain et pouvait tout redouter de sa colère.

I. «Tune cornes, ut fama refert, procuravit régi venenum propinari ob ancorem reginac ejus, quam carnaliter illicite adamavit; undé libidinis impulsu stimulatus moras ulterius ncctere non volebat. » Roger de Wendover, III, 310.

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