Op. cit., t. I
5. La première maladie aurait éclaté en 1342. Le roi se trouvait alors à une lieue de Blaye. Il n'était pas encore tout à fait remis en 1244. Cette année-là, il eut une rechute si grave qu'il passa pour mort et qu'on avait déjà commencé les préparatifs de ses funérailles. (Cf. Lenain de Tillemont, t, 1, loc, cit).
Cette inflammation succédait à une période prodromique d environ trois jours, marquée par des phénomènes généraux, adynamie, prostration : il ne pouvait de lui-même sortir du lit; par des troubles sensoriels : il n'entendait pas ; par une insomnie persistante et douloureuse; par de l'anorexie (il ne pouvait manger).
Vers le cinquième jour, la défervescence commençait; au septième ou au huitième jour, la guérison était complète.
La netteté de la symptomatologie indique une maladie infectieuse, asse^ analogue à rérysipèle à répétition.
Combien de fois cette affection reparut-elle chez Saint-Louis, mort à cinquante-six ans * ?
Si l'on accepte comme chiff^re annuel le chiffre donné par le confesseur du roi *, et si l'on prend
1. St. Louis est né en 1215 : du moins c'est la date qu'on adopte généralement, car on s'est livré, à ce sujet, à des controverses interminables ; on en trouvera l'écho dans la l^ie de Saint Louis , par Lenain de Tillemont, t. 1, p. 422-4. Le lieu de naissance du saint roi a également donné lieu à des discussions sanstin. (Lenain, op. cit., t. 1, p. 425).
Sur le lieu de naissance de Saint-Louis, cf. une très curieuse et très substantielle brochure, parue à Clermont (Oise), chez l'imprimeur Daix, sous le titre de : Trois naissances illustres, Saint Louis, Charles IV y Fer ml. L'auteur conclut en faveur de Poissy.
2. « Li benoiez Rois avoit une maladie qui chascun an le prenoit deux fois ou trois ou quatre, et aucune foiz elle le tourmentoit une foiz plus que autre ; laquele maladie estoit tele, que quant elle prenoit le benoiet Roy, il n'entendoit pas bien ne n'ooit endementieres que ladite maladie le tenoit, et ne pooit mengier ne dormir, et se compleignoit en gémis, sant ; et ainsi ladite maladie le tenoit trois jours, aucune foiz plus aucune foiz moins, si que il ne pooit issir par soi du lit : et
commebase une période de trente années, on voit que le roi ne dut pas contracter l'infection moins de cent fois.
Comment expliquer, chez le royal' patient, la genèse de cet érysipèle? Et d'abord quelle est la nature de cette affection?
Avant Pasteur, on ne considérait pas Térysipèle comme une maladie infectieuse. C'était, croyaiton, un stigmate de scrofule.
On est revenu à une conception plus scientifique et la démonstration de la nature infectieuse de cette affection n'est plus à faire*.
On sait moins bien pour quelle raison, après une première atteinte d'èrysipèle, loin d'être immunisé, on est prédisposé à une ou plusieurs récidives*.
Peut-on établir un lien entre l'érysipèle à répétition et une maladie concomitante ?
quand i! commençoit à alegier de cette maladie, sa destre jambe, entre le gros de la jambe et la cheville, devenoit rouge comme sanc tout entour et estoit îlecques enflée ; et en celé rougeur et en celé enfle estoit ladite jambe un jour jusques au soir ; et après, cele enfle et cele rougeur s'en departoit petit et petit, si que au tiers jours ou au quart ladite jambe estoit au^i comme l'autre char, et adoncques estoit li benoiez Rois pleinnement gueriz. » Vie de Saint Louis, par le confesseur de la Reine Marguerite (H. F., XX, 105). Nous avons reproduit le passage en entier, la symptoma. tologie de Taffection dont était atteint le Roi s'y trouvant parfaitement et complètement exposée. Nos cliniciens d'au, jourd'hui, à part les expressions techniques, ne sauraient rédiger une observation plus précise.