‹ Les morts mystérieuses de l'histoire (volume 2)Chapitre 44 sur 277 · Cf. Archives généraUs de médecine, janvier · texte numérisé non relu

Cf. Archives généraUs de médecine, janvier

2. Vcmeuil (Bulletins de la Société de Chirurgie, t. XI, p. 660 et suiv.) a cité le cas d'un malade, qui n'avait pas eu moins de 115 fois une poussée d'èrysipèle. Ce cas se rapproche singulièrement de celui de St. Louis.

Des médecins russes ont fait à cet égard une remarque qui nous intéresse tout particulièrement dans le cas qui nous occupe, celui de Saint-Louis. Ces distingués confrères* ont cru pouvoir affirmer la réapparition régulière, chez certains paludiques, de Térysipèle, consécutivement à Vaccès malarien. Ils ont même baptisé cette variété d'érysipèlie, Yérysipèle malarique. Nous ne savons ce qu'en pensent les spécialistes ; nous tenons, en tout cas, cette hypothèse pour très acceptable et, sans plus tarder, nous en ferons l'application au personnage dont nous dressons le bilan pathologique.

Dès le mois de juillet 1242, le roi avait présenté les premiers symptômes de cette infection paludéenne, qui aboutira finalement à la cachexie palustre, et,comme ultime conséquence, à la mort. Au cours de cette année 12412, les troupes du saint roi guerroyèrent, en Poitou et en Saintonge, contre les Anglais: elles furent décimées parles exhalaisons miasmatiques des marais ' ; le roi fut atteint à son tour.

Rentré à Paris le 28 septembre 1242, Louis éprouve d'abord une amélioration passagère, mais l'anémie, consécutive à l'infection, fait de tels progrès que le roi est obligé de recourir aux prières des moines de Cîteaux ^.

i. Walthcr de Kiew, in CassiaiVs Jabresber.y 1857, t. 1 1 1, 107.

3. Bémont, La campagne de Poitiers de 1242-1 24). {kixnaXt^ du Midi, t. V) ; Chronique de Mathieu de Paris, édition Luard, t. IV, p. 224.

}, Chronique de Mathieu de Paris^ loc. cit., 257.

Au mois de décembre de Tannée suivante (1243), le roi subit une rechute de paludisme, et pendant près de trois semaines il resta entre la vie et la mort. Il fut si fortement malade que Ton désespéra de sa vie, écrit le confesseur de la reine Marguerite. 11 eut de h fièvre double tierce ' et de la dysenterie^. Il tomba même un moment dans \tcoma*.

Le roi présenta,au résumé,un cas-type de ce que les anciens auteurs ont décrit sous lenom de fièvre malarienne à coma ou fièvre comitée palustre *, une des manifestations les plus dangereuses du paludisme.

Ces prémisses posées, on déterminera mieux la véritable cause de la mort du roi.

Etant donné ses maladies antérieures, il était à prévoir que, sous la moindre influence nocive, la malaria allait de nouveau reparaître.

A peine débarqué à Damiette (1249), ^'^st Joinville * qui nous renseigne avec son habituelle précision, le roi a des accès de sa fièvre double tierce, et plusieurs fois il tombe en syncope. Puis il est repris de son flux de ventre • et maigrit à

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