‹ Les morts mystérieuses de l'histoire (volume 2)Chapitre 51 sur 277 · I. Lecoy de la Marche, Le Royaume de Majorque · texte numérisé non relu

I. Lecoy de la Marche, Le Royaume de Majorque

.2. Langlois, op cit., p. 8, in Brachet, 1. 11, p. 47.

5. Grandes Chroniques de Saint-Denis^ édit. Paulin, Paris, V,3i.

4.Joinville, édit. Wailly, p. 262; Chronique de Primat (H. F., t. XXll, p. SI).

5. Guillaume de Nangis, Gesta 5. Ludovici(H. F., t. XX, p. 457).

l'armée. Philippe est pris à son tour, et ne pouvant plus se tenir à cheval, est contraint de se faire transporteren litière*. Poursuivi par Tennemi, il arrive jusqu'à Perpignan, assez à temps pour dicter ses dernières volontés.

Peu après, il cessait de vivre. II était âgé de quarante ans seulement.

L'abattement moral qui avait succédé à ses défaites hâta certainement le dénouement, que laissait prévoir le dépérissement physique, consécutif à des accès répétés de paludisme.

i. G. de Nangis, H. F,, XX, 537.

Philippe le Bel

Mort, le 29 novembre 1314, d'une maladie de langueur (?)

Au mois de novembre 1314, dansla résidence royale de Fontainebleau, gisait sur son lit de mort Philippe IV, dît le Bel, ayant à peine atteint sa quarante-sixième année.

Que s'était-il donc passé pour que dans la force de Tàge et lorsque de longs jours paraissaient lui être encore réservés, il lui fallut abandonner le pouvoir souverain dont il s'était montré si jaloux ? Succombait-il à une de ces affections graves que la science médicale n'avait pu jusqu'alors combattre par des remèdes efficaces? Hélas 1 non : le pouls était bon et sans fièvre ; aucun mal visible ne se manifestait dans l'état du monarque, et cependant ses forces avaient insensiblement disparu et il touchait à la dernière heure.

Une morne stupeur régnait parmi les médecins et tous les témoins de cette scène extraordinaire. Aussi ne faut-il pas s'étonner qu'à défaut de cause apparente, on cherchât à expliquer par toutes sortes de conjectures un événement si inattendu '.

Ces quelques lignes posent très nettement le problème.

1. Article de M. Lacabanc dans la Bibi. de VEc. des Cbartrs, 1841-42, t. 111, p. 1.

Philippe-le-Bel, dont la santé avait toujours été florissante, dont la vigueur physique faisait l'admiration de ses sujets *, tombe subitement malade le lundi 4 novembre 1314 : le roi se plaint d'une douleur gastrique aiguë, suivie de vomissements et de diarrhée. Surviennent consécutivement de la sécheresse de la bouche, de Tanorexie et une soif que rien ne pouvait apaiser*.

La maladie dura quatre semaines. Les médecins du roi n'y comprenaient goutte, mais ils ne le voyaient pas néanmoins en danger de mort, car il n'existait pas de fièvre (le pouls et l'urine étant normaux) '.

Cette maladie avait-elle eu des prodromes?

Si l'on s'en rapporte au témoignage du frère du roi, la mort de Philîppe-le-Bel avait été précédée

1. Philippe-lc-Bcl était de grande stature et blond roux, écrit M. Funck-Brentano, qui l'a étudié à fond dans des publications successives. « Ce Philippe... est le plus bel homme qu'on puisse voir, » disait Bernard Saisset, un contemporain qui n'est pourtant rien moins que tendre dans ses appréciations sur le roi « sombre et muet. »

2. H. F., t. XXI, p. 20S (Chronique de Guillaume l'Ecossais). M. Léop. Delisle a signalé, dans un article du Correspondant .25 juillet 185s;, l'importance de la chronique du moine de Saint-Denis : « Guillaume l'Ecossais, dit M. Delisle, moine de Saint Denis, a dès à présent sa place marquée parmi les historiens de Philippe-le-Bel dont le témoignage doit être pris en considération... il assiste aux derniers moments du roi et le tableau qu'il en a tracé mérite d'être connu. »

M. Funck-Brentano a produit de son côté un grand nombre d'arguments à l'appui de la véracité du narrateur et de l'authenticité de ses récits. (V. La Mort de Philippe-le-Bel, Picard, 1884, p. 7 et suivantes; et Revue du Gâtinais, 1884, p. 89 et suiv.).

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