‹ Les morts mystérieuses de l'histoire (volume 2)Chapitre 54 sur 277 · Cf. la note A à la fin de l'article sur Philippe-le-Bel · texte numérisé non relu

Cf. la note A à la fin de l'article sur Philippe-le-Bel

2. Ce n'est pas, à vrai dire, le seul qui ait signalé le fait, mais il n'en est pas un, de tous ceux qui en ont parlé^ qui soit plus digne de foi que Geffroi.

« Outre Geffroi de Paris, Ferreti de Vicence, la chronique de Flandre, la chronique normande du XIV siècle, et Jean de Noyai, font mourir Philippe d'un accident de chasse. Leurs récits se contredisent entre eux. Aucune, mais aucune de ces quatre chroniques n'a quelque autorité sur les événements de France à cette date. Elles sont rédigées vers le milieu ou la fin du XIV* siècle, à l'étranger, ou à l'extrême nord de la France. Les auteurs rapportent ce qu'on racontait de leur

* Le nom est, paraît-il, resté en blanc dans le manuscrit.

çais contemporains qui ait parlé de cet accident. Mais on s'aperçoit aisément que c'est un simple bruit quHl tient à constater, plutôt qu'un fait qu'il ait r intention de garantir * ».

M. Lacabane opine que l'on fit courir le bruit d'un accident de chasse dont aurait été victime Philippe le Bel, dans le but d'atténuer, surtout à l'étranger, la mauvaise impression quaurait produite l'annonce d'une fin causée par les remords et le chagrin. 11 remarque, à cet effet, que les chroniques françaises les plus sûres * ne tiennent pas compte de cette rumeur, alors que celle-ci était facilement acceptée par les historiens italiens" à la solde ou à la dévotion de la papauté.

Sans nous embarrasser d'une explication pour le moins superflue, au point de vue spécial où nous nous plaçons, nous pouvons conclure, sans trop de présomption, que ce nest pas à un accident de chasse qu'il faut attribuer la mort de Philippe-le-Bel.

Nous avons fait justice, peut-être un peu som-

temps, dans leur pays, sur la mort de Philippe, ou puisent à des sources troublées. Leurs narrations, d'autant plus longues, d'autant plus détaillées, qu'elles sont de meilleure imagination, ne peuvent un seul instant être placées en regard du récit simple et naturel du moine Guillaume, assistant Philippe dans ses derniers moments, et tenant du confesseur du Roi les circonstances de la maladie. » Funck-Brentano, op. cit., p. 39-40 et notes.

1 . Dissertations sur l'Histoire de France au xiv* siècle in Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, t. 111, p. 6.

2. Les Chroniques de Saint Denis, les Continuateurs de Nangis, J. de Saint Victor, etc., ne parlent pas de la prétendue chute de cheval de Philippe-le-Bel.

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