‹ Les morts mystérieuses de l'histoire (volume 2)Chapitre 56 sur 277 · Cf. notamment la Pathologie des émotions ^ de Féré · texte numérisé non relu

Cf. notamment la Pathologie des émotions ^ de Féré

3. «Leschroniqueurs français contemporains de PhilippelV, autres que Guillaume l'Ecossais, se contentent d'enregistrer la mort du Roi de France, sans ajouter le moindre mot : ce qui est très naturel si Philippe mourut de maladie et ne l'est pas s'il périt de mort violente. Seul, le continuateur de Guillaume de Nangis ajoute que les médecins ne comprirent rien à la maladie du Roi. « Ce fut pour eux matière d'étonnement et de stupeur. » Continuateur de Guillaume de Nangis, tranquilliscz-vous : les médecins de Philippe-Ie-Bel ne furent ni les premiers ni les derniers qui ne virent goutte à l'état de leur malade. » Funck-Brentano, La mort de Pbi- Uppe-le-Bel, p. 41. La critique est aisée...

Quels symptômes objectifs avons-nous, en effet, qui nous permettent de poser un diagnostic plausible? Aucun. Et comme signes subjectifs? de l'anorexie et de la polydipsie.

Par contre, nous apprenons d'une source qu'on ne suspectera pas *, que Je royal patient n'a pas éprouvé la moindre sensation douloureuse, ni à la tète, ni au cœur, ni aux poumons, ni dans les flancs, ni aucune autre part *. Au reste, il ne s'alite que trois jours avant sa mort ; et il meurt dans la plénitude de sa connaissance.

Deux jours auparavant, il avait mandé auprès de lui son fils, « qu'il entretint en tète-à-tète pendant longtemps » ' : ce qui exclut définitivement l'hypothèse d'une aphasie consécufive à un traumatisme crânien, à la suite d'une chute de cheval. Pour qui connaît la taciturnité habituelle du roi, un mutisme*, durant quelques jours, n'a rien, au surplus, qui doive surprendre.

Que conclurons-nous maintenant?

Philippe le Bel n'est certainement pas mort empoisonné * ; il n'a pas davantage succombé à un accident de chasse: il est mort d'une maladie qui reste à déterminer.

« La maladie qui tua Philippe le Bel, écrit

1. Chronique de Guillaume l'Ecossais (H. F., XXl, 305), loc. cit.

2. « Licet, ut îpse dicebat, nullum in capite, corde, visceribus, latcribus dolorem sentiret, vel alia parte sui... » Chronique citée, note 1.

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