V estai du duc Charles le Hardy ^ i6i6, in-1*, p
sont derrière le banc, et voyent de quoy et de quels mets et viandes Ton sert le prince et luy conseillent à leur advis lesquelles viandes luy sont le plus prouffitables.» Sans doute la crainte de la mort devait-elle entrer pour quelque chose dans ce souci constant de sa santé.
Et cependant, on nous le dépeint brave jusqu'à la témérité. U se lançait sans réflexion dans les entreprises les plus hasardeuses, mais il était également prompt à les abandonner : encore un signe de mobilité mentale, qu'un psychiatre ne saurait manquer de noter.
La manière dont fut tué Charles le Téméraire à la bataille de Nancy n'est pas généralement connue ; elle ne se trouve bien racontée que dans la Chronique de Vanonyme.
Ce récit, que nous empruntons aux Curiosités historiques \ éclaire d'un jour nouveau l'un des drames les plus mystérieux de la fin du quinzième siècle.
Le duc Charles, voyant son arrière-garde tàtée si vivement de toutes parts qu'elle s'en alloit entièrement défaite, avoit commandé au sieur Delalain de partir de son rang pour aller au secours ; mais la plupart de ses gens, emportés d'effroi à la vue du carnage qui s'étoît fait de leurs compagnons, et désolés d'ouïr le cor des Suisses, au son duquel ils avoient été si rudement maniés à Granson et à Morat, l'abandonnèrent pour se sauver qui ça qui là vers les montagnes, ce qui fut cause qu'il se résolut d'y aller lui-même;