I. Paris, Paulin et Lechevalier, 1855, p
et comme on lui accommodoit son armet, advint que le lion d'or qu'on y avoit mis pour cimier tomba sur Tarçon de la selle, dont il prit un si mauvais augure qu'il dit incontinent : Hoc est stgnum Dei; et néanmoins ne laissa de passer outre et de se fourrer où le combat étoit le plus furieux, avec tant de valeur et de courage que, s'il eut été suivi comme il appartenoit, il eut infailliblement fait quitter à son ennemi l'avantage qu'il avait gagné sur lui.
Enfm, s'apercevant que peu de ses gens rendoient combat autour de lui, et que Jacques Galliot, qui cornmandoit son arrière-garde, ayant pris l'épouvante, s'étoit sauvé à la suite, avec la plupart des siens, du côtédeTomblaine; mèmeque la bataille, affaiblie du meilleur de sa cavalerie, avoit pris parti du mieux qu'elle avoit pu. il se résolut à la chose de laquelle il avoit toujours le plus blâmée, qui fut de ménager sa vie par une prompte fuite, lui qui n'avoit jamais vu la peur au visage» et duquel on disoit partout qu'il ne craignoit rien en ce monde que la chute du ciel ; et, en cette perplexité prit le galop entre la ville et les montagnes à intention de gagner le chemin de Metz.
Mais, suivi de près, sans être néanmoins reconnu, il fut arrêté au passage d'un ruisseau, où son cheval s'embourba et tué de trois coups qu'il reçut au même instant : l'un proche le fondement, l'autre en Tune des cuisses et le troisième en dessus de l'oreille, lequel lui ouvrit la tête jusqu'aux dents.
On tient que ce fut un nommé Claude de Bauzemont ou de Blaumont, châtelain de Saint-Dié, qui l'abattit de cheval d'un coup de lance, qu'il lui donna à l'endroit de la croupière ; homme sourd; et auquel vraisemblablement le duc s'étoit déclaré en ce détroit, sans être par lui entendu. Mais depuis, ayant appris que c'était le duc qu'il avoit ainsi abattu, il en prit un tel r^et qu'il en mourut.
lioais XI
Mort, le 30 août 1483, d'une série d'attaques
d'HÉMORRAGlE CEREBRALE.
De Tunion de Charles y II avec Marie d'Anjou *. fille du roi de Naples Louis II d'Anjou^, naquirent huit filles et quatre fils. L'aîné des fils, Louis XI succéda à son père en 1461 (22 juillet).
Pour expliquer Tétat mental de Louis XI, on a recherché ses antécédents héréditaires, ce qui est justifiable, mais on a eu le tort de remonter Jusqu'au bisaïeul (du côté paternel) Charles K, qui, nous dit-on*, « avait été empoisonné- dans sa jeunesse et depuis lors était resté valétudinaire. »
Nous n'avons pas à revenir sur une question
1. Sur les goûts singuliers et Tabsence de sens moral de Marie d'Anjou, v. aux pièces justificatives du chapitre sur Louis Xif la note A.
2. 11 souffrit longtemps d'une incontinence d^urine (V. Religieux de Saint- Denis, VI, p. 78). 11 succomba, le 29 avril 1417, à peine âgé de quarante ans, à une bydropisie. (Cf. Chronique bourguignonne anonyme^ dans Monstrelet^ VI, p. 232, éd. Doiiet d'Arcq). Cette Chronique parle du mal Saint-Quentin: or, le mal Saint-Quentin, c'est l'hydropisie.