Moreau (de Tours), Psychologie morbide, p. 556 et suiv
déjà traitée (v. le chapitre sur Charles VX nous ferons toutefois observer que le poison et encore certains poisons seulement, attaquant les centrai nerveux, peuvent bien provoquer un abâtardissement de la descendance, une dégénérescence de la race, mais de Wi une folie maniaque caractérisée, il y a un abime, que les aliénistes, par suite d'un grossissement, d'une déformation même, assez ordinaire chez les professionnels, sont trop enclins à franchir.
Combien plus avisés se montrent-ils quand ils nous rappellent que le grand-père de Louis XI; Charles l^I, fut atteint d'une manie périodique, qui ne dura pas moins de 29 ans ; et que ciar^ les yil son père, comme nous l'avons ailleurs établi fit preuve, au moins sur la fin de sa vie, d'un dérangement d'esprit marqué.
Nous serions plutôt d'accord avec ceux qui, fort judicieusement, estiment que le mal héréditaire, en se transmettant, pourrait avoir subi chez Louis XI une certaine transformation. C'est à cela, sans doute, que ce prince a dû de n'avoir pas été franchement aliéné, comme l'avait été son aïeul, et d'être resté dans cette espèce d'état mixte qu'on nomme la demi-folie^
I. C'est la même thèse que soutient Jacoby (op, cit,^ p. ^i-a), et la page vaut d'être citée, sans mutilations qui la rendraient moins intelligible :
« Louis A*/ (m. 1483), roi de France, présente un exemple frappant de cet état intermédiaire entre la norme et la folie, que Ton trouve si fréquemment dans les familles frappées du vice phrénopathique. La prédisposition héréditaire à la folie, acquise dans le courant des temps par la race royale des Valois, et le vice phrénopathique, né et développé sous
Les antécédents collatéraux de Louis XI ne nous fournissent que de vagues indications \
Ses antécédents physiologiques ne nous apportent guère plus de lumière.
Une phrase de Comynes * nous autoriserait presque à reconnaître chez Louis XI de la manie ambulatoire : <( Le roy, depuis qu'il est venu à la couronne, a mis toute la peine qui luy a esté possible de mectre (à) garder et entretenir son royaume en paix... et y a, grasçe à nostre seigneur pené et travaillé, en visitant les parties de son royaume plus que ne fist oncques mais roy de France en si peu de temps^ depuis Cbarlemagne jusques à présent,., »
IMnfluence dissolvante de la haute position sociale de cette maison, avaient abouti chez Louis XI, non à la folie caractérisée comme chez son aïeul, non au caractère impétueux, violent et débauché comme chez son grand>onc1e, non à la faiblesse morale comme chez son père, mais à un état que nous avons signalé bien des fois, de mélange singulier de bon sens et de folie, des qualités et des défauts les plus contradictoires. Lâche et courageux, rusé et imprudent, dévot jusqu'à la superstition la plus absurde et combattant le clergé, il fut toute sa vie malheureux, sombre, défiant; il vivait dans un isolement absolu, se laissant dominer complètement les dernières années de sa vie par son médecin. Fourbe, cruel, libertin, capricieux, tremblant devant la mort, adonné aux superstitions les plus grossières, il est te spécimen le plus complet du névropathisme héréditaire. »
I. Un des frères de Louis XI, CbarUs de France ^ duc de Berry,de Normandie et de Guyenne, né le 28 décembre 1446, meurt, en mai 1473, àt paludisme (il avait fréquemment des accès de ^î^ftf quarU)^ et non empoisonné par son aumônier, comme des historiens Pont prétendu. (Cf. Peignot, op, cit., p. 135; Vaesen, Lettres ide Louis XI, t. IV, p. 535-^, etQ.).
Une sœur de Louis XI, Yolande de Savoie, était une érotomane (Dépêche de l'Ambassadeur milanais, du 50 juin 1476, in Brachet, t. 111, p. 345).