‹ Les morts mystérieuses de l'histoire (volume 2)Chapitre 93 sur 277 · Essai sur les mœurs, édition Beuchot · texte numérisé non relu

Essai sur les mœurs, édition Beuchot

2. V. V Esprit dans ribis/otr^, d'Edouard Foumier, 4' édition,

3. CEuvres d'Abr. de la Framboisiére, médecin du Roy, Paris, 1631, in i^, p. 303 ; Schacht, Insiituiiones medicœ, Amsterdamj 1767, p. 117; Ludwig, Instituiùnus Medicifiœ Cliniœ, Leipzig, 1778, p. 310, etc.

parolle, et toute cognoissance et mémoire », narre Comynes*. Arrive Monseigneur devienne, « pour lors son médecin », qui lui fait « bailler ung clystère, et ouvrir les fenestres et bailler l'air. » Aussitôt « quelque peu de parole luy revint, et du sens : puis monte à cheval et retourne aux Forges... »

II ne pouvait guère s'exprimer que par signes, mais il arrivait néanmoins à se faire comprendre. « II entendoit peu de ce qu'on luy disoit ; mais de douleur, il n'en sentoit point... il ne formoit guère de motz... Au bout de deux ou trois jours, la parolle luy commencea à revenir et le sens. » Ses défiances lui revienneftt en même temps ; le délire des persécutions le reprend ; il s'imagine qu'on veut lui faire subir le même sort que jadis il infligea à son père. Dans cette crainte, il chasse sur-le-champ tous ceux de ses serviteurs qu'il soupçonne tramer contre sa personne un complot. II exige qu'on lui communique toutes les lettres qui lui sont adressées; mais, ajoute Comynes, dont le récit équivaut à une véritable observation clinique, supérieurement prise et rédigée, « l'on luy monstroit les principales... 11 faisoit semblant de les entendre, et les prenoit en sa main, et faisoit semblant de les lire, combien qu'il n'eût nulle cognoissance, et disoit quelque mot, ou faisoit signe des responces qu'il vouloit qui fussent faictes... Cette maladie lui dura bien environ quinze jours, et revint, quant au sens et à la parolle, en son premier estât ; mais il demoura très faible, et en grant suspection de retourner

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