‹ Les morts mystérieuses de l'histoire (volume 2)Chapitre 94 sur 277 · I. Edition de Mlle Dupont, t. 11, p · texte numérisé non relu

I. Edition de Mlle Dupont, t. 11, p

en cest inconvénient : car naturellement il estait enclin à ne vouloir croire le conseil desmedecins.i^

N'était-il pas payé pour avoir perdu en eux toute confiance !

Le roi pourtant se rétablit ; il passe une revue de six mille Suisses, qu'on avait fait venir en Normandie, et reprend le chemin de Tours, où il est saisi par une nouvelle attaque. De nouveau il perd la parole et reste étendu pendant des heures sur une paillasse, dans une galerie, sans mouvement, au. point qu'on le croit mort cette fois.

En désespoir de cause, on le voue à Monseigneur Saint-Claude, le grand patron des épileptiques — l'erreur persistait! — et incontinent, assure le naïf Comynes, « la parolle lui revint, et sur l'heure alla par la maison... )> Cette seconde attaque le surprit en 1481.

11 tombe de nouveau malade à Argenton, puisa Thouars. Il entreprend alors le pèlerinage de Saint-Claude. Une accalmie se produit, qu'il ne manque pas d'attribuer au saint qui n*en peut mais.

Le roi revient à Tours, c'est-à-dire à Plessis-les- Tours, qui lui semblait le seul asile où les conspirateurs ne pussent l'atteindre. Nul n'approchait, en effet, du Plessis, pas même les princes de son sang, à moins qu'ils ne fussent expressément mandés. Quatre cents archers veillaient continuellement autour de cette sombre demeure. Dix-hùit mille chausses-trappes ' en éloignaient

I. Enfermé comme une béte fauve dans le château de Plessis-du-Parc, près de Tours, ce Tibère malade « fît faire

toute cavalerie. De fortes chaînes dans les cours intérieures, attachées à des boulets, que le peuple, pour les désigner comme lesinstrumentsdeses jeux terribles, appelait gaiement les fillettes du rai; des potences plantées en avenues, tels étaient les multiples moyens que Louis XI avait imaginés pour se mettre à l'abri d'une conjuration, fantôme dont s'épouvantaient ses esprits *.

Dans son délire, il se figurait que son corps puait; et, pour chasser la mauvaise odeur, il faisait un usage immodéré de parfums, de poudres odoriférantes et surtout de la poudre de violettes qu'il affectionnait particulièrement V

tout à Tenviron de la Place dudit Plessis, un treillis de gros barreaux de fer, et planter dedans sa muraille des broches ayant plusieurs pointes comme à Tétrée par où Ton eût pu pénétrer aux fossés dudit Plessis. Aussi fît-il faire 4 moyneaux, tous de fer bien espays, en lieu par où l'on pouvait bien tirer à son ayse et estoit chose bien triomphante^ et rousta plus de vingt-mille livres; et à la fin y mist quarante arbalestriers qui jour et nuict estoient en ces fossés, avec commission de tirer à tout homme qui en approcheroit, jusques à ce que la porte fust ouverte le matin. » Comynes, cité par Chéreau, J. Coiciier, p. 17.

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