‹ Les morts mystérieuses de l'histoire;Chapitre 39 sur 56 · LA VÉRITABLE CAUSE DE LA MORT DE LOUIS XII · texte numérisé non relu

LA VÉRITABLE CAUSE DE LA MORT DE LOUIS XII

Fleurange, le jeune adventureux, raconte avec un grand charme (ch. XLII de ses Mémoires), comment s'accomplirent les épousailles de Louis XII et ce qui suivit.

Le lendemain au matin feurent les espousailles et ne feurent pas faites à l'église, mais en une belle et grande salle tendue de drap d'or, là où tout le monde les pouvoit veoir. El estoient le Roy et la Royne assis, et la Royne toute deschevelée avoit un chapeau sur son chef, le plus

de soleil l'invitait à venir se ranimer en plein air. Il avait perdu son embonpoint, son appétit, sa gaieté... » Il se remit de cette chaude alerte et « sa convalescence fut aussi prompte que son dépérissement avait été rapide ». En 1505, il tombe de nouveau malade et se rend à Blois, dont le climat lui a été favorable à maintes reprises. La fièvre ne tardait pas à le quitter. Il reprend des forces et se rétablit une fois de plus. Nouvelle rechute, celle-ci plus grave. Le clergé, la noblesse et le peuple implorent la guérison de leur roi. A Blois, à Amboise, à Tours « on vit des hommes et des femmes aller tout nus aux églises et se flageller en public, pour intéresser la clémence divine à rendre la santé à celui qu'on avait eu si grand peur de perdre. » Louis XII donna ainsi des inquiétudes, à deux ou trois reprises, à ses médecins et à son entourage, jusqu'à ce qu'enfm une crise finale remportât. (Cf. VHisloire du seizième siècle en France, par P. L. Jacob, t. II, pp. 397 et suiv., 406 ; t. III, pp. Gl-77.)

riche de la chrestienté el ne porta point de couronne pour ce que la coustumo est de n'en point porter, si elles ne sont couronnées et sacrées à Saint-Denis... Le Hoy et la P«oyne espousés, toute laprès-disner et sur le soir feust faicte la plus grande chère du monde. La nuit venue, se couchèrent le Roy et la Royne ; et le lendemain le Roy disoit quil avoit laict merveilles.

Pour plaire à sa jeune femme de seize ans, le roi changea toutes ses habitudes : « 11 avoit voulu faire du gentil compaignon avec sa femme ; mais s'abusoit, car il n'étoit pas homme pour ce faire. » Les bals, les tournois^ les festins, les veilles, la continuelle succession de distractions qui n'étaient pas de son âge conduisirent au tombeau le pauvre roi. « Ceulx de la basoche à Paris disoient que le roy d'Angleterre avoit envoyé une haquenée au roy de France pour le porter bientôt et plus doucement en enfer ou en paradis. »

Louis XII s'éteignit le V'' janvier 1515, à l'hôtel des Tournelles,oùil était venu s'installer depuis peu, s'y trouvant en meilleur air qu'au Palais.

Ledit Roy estant aux Tournelles, feust commencé à lui faire son enterrement comme on a coustume faire aux aultres Rois ; qui sont belles cérémonies et antiques. Et en portant son corps des dictes Tournelles à Nostre-Dame, avoit gens devant avecques des campanes lesquelles sonnaient et crioient : Le bon Louis, père du peuple, est rnorl (1) !

(1) Mémoires de Fleurange, citéâ par M. P. Robiquet, Hist. municipale de Paris, pp. 312-331.

FRANÇOIS r"" Mort, le 31 mars 1547, d'une fistule luberculeuse.

Avec Louis XII s'était éteinte la branche cadette des Valois, celle d'Orléans. Après ce roi, la couronne passera à la branche des Valois-Orléans- Angoulème, descendant de Jean d' Angoulème, cinquième fils de Louis d'Orléans, qui lui-même était le deuxième iils du roi Charles V, dit le Sage (1).

François I"^' était donc l'arrière-petit-fils de Louis d'Orléans et de Valentine Visconti ; le petit-fils de Charles, comte d'Angoulême, frère cadet du père de Louis XII; le fils de Charles d'Orléans, comte d'Angoulême, et de Louise de Savoie (2).-

11 épousa (151 A) la fille aînée de Louis XII, Claude

(i) Jacoby, op. cit.

(2) Peignot, op. cil. A peine Agée de 12 ans, Louise de Savoie avait été mariée à Charles de Valois, mort le 1" janvier 149(5, la laissant mère de deux enfants : Marguerite d'Angoulême, née le 11 avril 1492, et François d'Angoulême (le futur François I";, né le 12 septembre 1494. Guillaume de Jaligny, secrétaire de Pierre II duc de Bourbon, a donné quelques détails

de Franco, qui mourut dix ans après son mariage.

Le Zi juillet 1530, François P"" s'unissait, en secondes noces^ à Eléonore d'Autriche, sœur de Charles- Quint (1).

Nous avons exposé ailleurs (2) les circonstances de la mort de François I". Nous rappelons seulement les points principaux de notre argumentation.

Il est aujourd'hui prouvé que, contrairement à la légende, le roi François ne succomba pas aux suites de la maladie dont il fut atteint (3), maladie que nos voisins appellent le mal français et que, par re-

sur la dernière maladie et la mort du père de François I" [Histoire de Charles VIII, édition Godefroi, pp. 108-110, in Paulin Paris, op. cil., t. I, ch. I.)

(1) Sur le voyage dans les Pays-Bas et la maladie d'Éléonore, V. un article de M. Paillard, dans la Revue historique, t. XVIII, p. 101.

(2) V. le Cabinet secrel de l'histoire, l" série, dernière édition.

(3) Le 20 juillet 1529, François I" avait fait appel aux lumières d'un médecin de Montpellier, Jehan Falco, et du chirurgien Antoine Quesson, pour lui donner leurs soins conjointement avec les médecins de la cour. Il fut alloué au médecin la somme de 400 livres tournois, « pour le récompenser des frais, mises, despenses, paines et travaux, qu'il a eus en un voyage qu'il a faict de la ville de Montpellier jusques au dict Fontainebleau. » Union médicale, 20 et 27 juillet 1869. En 1543, François I"' faisait appareiller un vaisseau, pour aller jusqu'au nouveau monde, au Brésil, lui chercher certain remède, du gayet ou palme Saincte, autrement dit du bois de gaïac, qui passait à l'époque pour un remède « spécifique » de l'avarie. (V. à cet égard l'Histoire de la marine française, par de la Roncièbe, Paris. 190<), t. III, p. 291.)

présailles, nous nommons 1(3 mal napolilain. Le savant spécialiste CuUerier a fait cette démonstration le plus lumineusement du monde, dans une substantielle brochure (1).

Contrairement à Cullerier, qui attribue la mort de François P"" à « une affection des voies urinaires, avec abcès dans les environs du canal de Turèthre, accompagné probablement d'une fistule urinaire » ; contrairement à Corlicu (2), qui, après avoir parlé d'inloxicalion urineuse, conclut que le roi a succombé, « consumé à la fuis par les embarras politiques, par les jouissances d une vie de fatigue et de plaisirs de toute nature, à l'exception de ceux de la table », nous nous en tenons à l'opinion que nous avons déjà émise à une autre place, à savoir que le roi François est mort des suites d'une fistule tuberculeuse (3).

Il avait, à quelques mois près, le même hge que son prédécesseur au trône : cinquante-trois ans {h).

(1) Tirage à part de la Gazelle hebdomadaire de médecine, 18ôG.

(2) La mort des rois de France depuis François 7", par le docteur CORLIEU (1892).

(3) Au mois d'août 1526, il avait eu un abcès dans la région occipitale, qui s'ouvrit spontanément un mois plus tard. Cet abcès pouvait bien être de nature tuberculeuse, d'autant que, s'il s'est ouvert spontanément, il a très bien pu rester (istuleux.

(4) Sur la morl de François I", on consultera utilement un fort intéressant opuscule de M. Auguste Castan (ext. des Mémoires de la Sociélé d'émiilalion du Doubs, 9 mars 1878).

(École française du xvi" siècle.)

LE DAUPHIN FRANÇOIS Mort, le 12 août 1536, d'une pleuro-pneumonie.

Sur les sept enfants (Jui naquirent de l'union de François I*"" avec Claude de France, deux d'entre eux (deux filles) succombèrent enbas âge: Lou/se, née le 19 août 1515, morte deux ans plus tard ; Charlotte (1516-152/i), une troisième fille, Madeleine, épousa Jacques V d'Ecosse ; son mariage fut stérile ; elle mourut à dix-sept ans (1).

Des trois garçons, Fra/iço/s, né le 28 février 1518 (2),

(1) « D'une fièvre éthique » ; traduisons phtisie aiguë.

(2) Etienne Charavay a trouvé dans le Fonds Bélhune (Bibl. nat., F. Fr., 2990, f" 29), cette curieuse lettre, annonçant la naissance du dauphin François :

« Dimanche dernier environ cincq heures après mydy la Royne nous feit ung beau daulphin qui est le plus beau et puissant effant que Ion sauroit veoir et qui se faict le myeulx nourrir. Et la Royne qui se trouve fort bien et faict très bonne

252 LES MORTS MYSTEBIEUSËS

mourut âgé de dix-huit ans (1536) : nous dirons tout à l'heure de quelle façon. Henri, qui fut roi de France sous le nom de Henri II, succomba accidentellement ; enfin le troisième, Charles, duc d'Orléans (1522-1 5/i5), mourut sans alliance et, par suite, sans descendance légitime. Il succomba aux suites d'une affection aiguë (fébrile) des voies respiratoires, consécutive à Tingestion d'eau glacée. Une tumeur qu'il eut dans la région axillaire fît croire à ses médecins et à lui-même qu'il avait... la peste ! (J)

chère grâce à Nostre Seigneur. Aussy faict le Roy, Madame et mez petittez dames leurs filles. » Revue des Documents historiques, 2» année, p. 49 (n.). Par Marguerite de Navarre nous apprenons que le Dauphin eut la rougeole au commencement de l'année 1526, en même temps que ses frères. Il fut sans doute soigné par les médecins attachés à sa personne, c'està-dire : M' Christophe de Forest, qui touchait 300 1. t. d'appointements annuels; M" Pierre Tremeulet, 400 1. t., tandis que les apothicaires, Julien Bauge et Gentien Larcher, ne touchaient que 160 1. t. Ces médecins et apothicaires ne sont point ceux qui firent l'autopsie du Dauphin. [Rev. des doc. hist., toc. cit.)

Le Dauphin François était très taciturne, fuyant la société et même brutal. Quand les enfants de son âge venaient partager ses jeux, il les maltraitait tellement que les gentilshommes ne laissaient plus leurs fils se mêler à la compagnie de l'héritier du trône.

(1) Le 5 septembre 1545, François I", qui, pour forcer les Anglais à lui rendre Boulogne, avait envoyé le baron de la Garde s'emparer de l'île de Wight, et s'était lui-même tran.sporté dans les environs d'Abbeville, s'arrêta à l'Abbaye de Forest-le-Mouslier, où il eut la douleur de perdre son fils Charles, duc d'Orléans, qui mourut subitement, « d'une fièvre pestilente, disent

Cela dit, donnons quelques détails sur la dernière maladie (1) de Frtiurois, dauphin de France, dont la mort, au rapport de certains, ne reconnaîtrait pas une cause naturelle.

Un apothicaire de Tours a déploré, dans une tirade versifiée, la mort du dauphin François, que la rumeur publique disait avoir été empoisonné par l'arsenic. Les vers de l'apothicaire sont franchement mauvais, mais ne sait-on pas que c'est dans la Muze historique du gazetier Loret, écrite en vers non moins mirlitonesques, que l'on trouve la chronique la plus pittoresque, la plus véridique, de la vie au temps de Louis XIII ?

Or donc, messire Thibault Lespleigney (2), apothicaire à Tours, s'exprime en ces termes :

Le prhîiogenite (premier-né) de France, François, dauphin, de François fils,

quelques auteurs; tandis que d'autres prétendent qu'il fut empoisonné parles partisans du dauphin et font retomber l'odieux de ce crime sur Diane de Poitiers. » Destigny (de Caen), Histoire de Catherine de Médicis, pp. 63-64. On a, d'autre part, conté que le fds du roi F'rançois serait mort d'un « ulcère aux parties honteuses ». V. Paulin Paris, op. cit., t. II, up. 310-311.

(1) 11 avait été malade au mois d'octobre 1533, à Marseille ; il fut soigné par le médecin du pape Clément VII, à qui il fit remettre, à titre d'honoraires, cinq cents écus soleil {Reu. des doc. /i/s/., Il, p. 61).

(2) Proniptuaire des médecines simples en rythme joieuse, par Thibault Lespleigney, chapitre de VArsenic (nouvelle édition, .par P. DoRYEALw) ; Paris, H. Welter; 1809, p. 12.

En cest an de mil trente et six (1536),

En mourut par fausse traison...

0 pernicieuse poison (1),

Pestilente et envenimée.

Pftr ton dart fut exanimée

La fleur des très loyaux François...

On voit à quelles rumeurs avait donné naissance la mort du Dauphin, si subite et si imprévue. Les uns prétendaient y reconnaître la main de l'Empereur tandis que d'autres nommaient tout bas Catherine de Médicis (2).

Il est peu vraisemblable que Charles-Quint ait été pour quelque chose dans la mort du Dauphin, fds de François l''"' ; et, quand son caractère autoriserait à le croire capable d'un pareil crime, on cherche vainement quel intérêt il aurait eu à le commettre ; l'opinion, en France, ne l'en chargea pas moins avec acharnement; il fut réduit à se défendre (3).

(1) Il est à remarquer que poison est ici du genre féminin. Ce mot a été féminin jusqu'au commencement du dix-septième siècle. Il signifiait primitivement breuvage, ce n'est que plus tard qu'il prit un sens malfaisant. (Cf. les Dictionnaires de Littré, Hatzfeld, Darmesteter, Thomas, etc.)

(2) Cf. Archives curieuses de i'Hisl. de France, de Cimber et Danjou, 1" série, t. IX, p. 10. Quelques-uns insinuèrent que Catherine de Médicis avait peut-être songé, par ce moyen, à rapprocher son mari des marches du trône. {Œuvres de Marol, édit. Guiffrey, t. III, pp. 46.5 et suiv. V. également aux Pièces justificatives la note A, et Poisons et Sortilèges, des docleurs Cabanes et L. Nass, 2» série, ch. 111.)

^3) Lettre privée, responsiue d'ami à autre, réfutant conputation

On arrêta le comte Sébastiano de Montecuculo ; on lui fit avouer, dans les tortures, qu'il était l'agent d'Antoine de Lève, l'un des favoris de Charles-Quint, et l'on pensa avoir fait ainsi la lumière sur les relations qui rattachaient cet empoisonneur subalterne au véritable coupable, que l'on était décidé à trouver plus haut (1).

Pourquoi les soupçons s'étaient-ils portés sur Montecuculo (ou Montecuculli) ? C'est que les apparences étaient, vraiment, contre l'infortuné gentilhomme.

Le Dauphin François était de passage à Tournon, se rendant à Valence avec le roi son père. En dépit de la chaleur, qui était accablante, le Dauphin voulut se livrer à son sport favori et jouer une partie de paume. Très altéré à la suite de cet exercice violent, il envoya son écuyer, Sébastien Montecuculli, cher-

conlrouvée et publiée calomnieusement el sinislrement du côté du roi de France et par ses ministres contre l'empereur et aucuns princes ses serviteurs, sur la mort du feu dauphin (Granvelle, t. II, pp. 500 etsuiv.) Cité par A. Desjardins, les Sentiments moraux au seizième siècle, p. 126.

(1) G. GuiFFBEY, Cronique du Roy Françoys, premier de ce nom, Paris, 1860, pp. 184-186, note; cf. B. Hauréau, François I" et sa cour, nouvelle édition., Paris, 1855, pp. 98 et suiv. (V. dans le Journal officiel du 5 avril 1907, l'étude critique présentée au Congrès des sociétés savantes, séance du 2avril, par M.H.^user, professeur à l'Université de Dijon et les remarques de M. Meyer 8ur la valeur, comme référence, de Touvrage réédité par M. G, GuiFPHEY, en 1860.)

cher de l'eau dans une tasse en terre, dont Brantôme a donné une minutieuse description (1).

Le Dauphin vida la tasse d'un trait ; presque aussitôt il se sentit pris d'un malaise.

On assure, mais rien n'est moins prouvé, que, profitant d'un moment d'inattention, l'écuyer aurait mêlé au breuvage une poudre empoisonnée (de l'acide arsénieux ou réalgar, qui est un sulfure d'arsenic) (2).

Quoi qu'il en soit, le dauphin dut rentrer à Tournon, tandis que le roi poursuivait sa route. C'était le 6 août (1536). Le mal empira rapidement et quatre jours plus tard le dauphin n'était plus.

François l**"' ne chercha pas à calmer l'opinion publique, qui se montrait fort surexcitée, car cette agitation servait à la fois et sa politique et ses ressentiments. Tout indique même que ceux qui l'approchaient de plus près avaient fini par ajouter créance à ces bruits. Dans une lettre à son frère, Marguerite ne se borne pas à compatir à sa douleur, mais elle exprime énergiqucment le désir que la « vengeance »

(1) V. dans les oeuvres de B. le chapitre sur le Dauphin François (t. III, pp. 174-177).

(2) Ce n'était qu'une supposition ; néanmoins, Sébastien de Montecuculo fut condamné à être tiré à quatre chevaux. La rédaction de cet arrêt laissait subsister tous les soupçons qui avaient été répandus contre l'Empereur. Le récit de l'exécution est rempli de détails atroces. Le peuple mutila les restes du supplicié, et les enfants jouèrent « à la pellote » avec sa tête.

suive de près cette u sy grande cruaulté » de Charles- Quint (1).

Les historiens, les poètes (2), accréditèrent la version de l'empoisonnement. Toutefois, un chroniqueur, Belcarius(3), parle bien du verre d'eau sucrée, mais

(1) GÉNiN, Lellres de Marguerite de Navarre, I, 334 (cité par Guiffrey).

(2) Le P. Lelono {Bibl, hisl. de la France) et Brunet (Manuel du Libraire, II, 5" éd.), mentionnent sur ce sujet les trois opuscules suivants : 1° Copie de larresl du grand conseil donné à rencontre du misérable et meschant empoisonneur de Monseigneur le Dauphin ; avec aucunes épistres et rondeaux sur la mort de niondict seigneur (1536) ; 2" Nouvelle de/fence pour les Françogs. A lencontre de la nouvelle entreprinse des ennemgs. Comprenant la manière deviter tous poisons, avec les remèdes à lencontre diceulx, dédié au gentilhomme qui a faict responce au secrétaire Alemand son amy sur le différent de V Empereur et du roy très chrestien Franroys premier de ce nom (par Bertrand de la Luce, médecin), Paris, Denys Janot, (1537) ; '6° Du glorieux retour de Lempereur de Provence, par ung double de lectres, escriptes de Bouloigne à Romme à Labbé de Caprare ; translaté d'Italien en Françoys : adjouslé le double du dicton prononcé à la condempnation de Vempoisonneur de feu monsieur le Dauphin de France, Lyon, 1537. Le docteur Dorveaux (Promptuaire de Lespleigney) a, en outre, signalé : V Apparition de Ganellon, publiée à Lyon en 1542, que le Bibliopoliana (n» 43) dit être une pièce satirique contre Antonio de Leyva, célèbre général espagnol, et l'écuyer Sébastien Montecuculli, l'empoisonneur prétendu du dauphin fils de François I".

(3) Voici comment s'exprime Belcarius (Beaucaire), en latin, le latin dans les mots, etc. : « Delphinum nonnulli, ex parvœ pilœ ludo multo sudore madentem, aqua frigida intemperantius hausta, alii ex nimia venere cum Lestrangia, aulica malrona, mortem sibi conscivisse existimarunt. » Belcarius, Commentarii rerum

258 LKS MOliTS MYSTERIKIJSKS

il attribue la mort à une imprudence d'un genre particulier (1).

Ce qu'il y a de certain, c'est que les médecins du temps ignorèrent complètement la nature de la maladie à laquelle succomba le dauphin. Cette maladie, était, selon toute vraisemblance, une plenro-pneumonie, occasionnée par l'ingestion d'une boisson froide en pleine transpiration.

Le procès-verbal d'autopsie (2), tout imparfait qu'il soit, permet cependant de tirer quelques inductions. Nous pouvons — et en cela nous sommes d'accord avec Littré, qui l'a formulé avant nous (3), — affirmer que le dauphin François n'est pas mort empoisonné.

Mais le procès-verbal est rédigé en termes trop obscurs pour qu'on puisse en conclure rien de plus. Ce sont les circonstances dans lesquelles est survenue la mort qui nous autorisent à émettre l'hypothèse qu'il a dû succomber à une pleuro-pneumonie a frigore.

gallicarum, XXI, 677). Cf. Guiffrey, op. cit., p. 460. Cette demoiselle de Lestrange, dont il est ici question, était une fille de la reine, cousine germaine de Brantôme Rev. des dociimenls historiques, toc. cit., p. 62).

(1) Comme son père, il aimait la chasse et... la galanterie, ce qui n'avait pas peu contribué à affaiblir son tempérament. (Cf. Rev. des documents historiques, ann. cit., p. 61.)

(2) V. aux Pièces justificatives la note B.

(3) V. aux Pièces justificatives la note C.

LIÎ DAUPHIN FHANCOIS 259

PIEGES JUSTIFICATIVES

Page 1