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[Première série)
CHARLEMAGNE Mort, le 28 janvier 814, de Pneumonie.
L'histoire des rois de la première race n'est qu'incertitude et chaos. Les vacillations du pouvoir, l'existence éphémère des princes, la variation des récits sur les événements principaux, les changements de limites, la mobilité des principes, donnent à la narration des historiens les plus exacts une ambiguïté qui rend pénible le soin de démêler la vérité à travers ces assertions contradictoires (1).
Du fondateur de la deuxième race, Pépin le Bref,
(1) Berthevin, Recherches historiques sur les derniers jours des rois de France. Paris, 1825, p. 4.
nous ne rappellerons que l'épitaphe, remarquable par sa concision: Cy gist le père de Charlemagne. Tout ce que les historiens nous apprennent à son sujet, c'est qu'épuisé par les fatigues de la guerre, plutôt qu'accablé du poids des ans, Pépin, dans l'espérance de devoir sa guérison à l'intercession de saint Martin^ se fit conduire sur son tombeau ; mais cette guérison ne s'opérant pas^ il se fit transporter à Saint-Denis, où il mourut (2/i septembre 768) (1).
La mort de Charlemagne fut la terminaison naturelle d'une affection aiguë, qui semble avoir été une pneumonie. ,
D'après le docteur Bougon, qui a fait de cette question une étude particulière (2), la santé du monarque s'était maintenue bonne jusqu'à un âge avancé (3). Ce n'est que dans les quatre dernières années de sa longue vie qu'il ressentit les atteintes
(1) Peignot, Abrégé de i Histoire de France. Paris et Dijon. 18J9.
(2) Cf. Chronique médicale, 1901.
(3) « Il favorisoit et facilitoit, de tout son pouvoir, les expériences de médecine et de phj^sique. Un capitulaire donné à Thionville, en 805, recommande expressément l'étude de la médecine, et veut qu'elle fasse partie de l'éducation. Il y avoit dans le palais un édifice consacré à cette science, sous le titre d" Hippocratica tecla. Charlemagne avoit à sacour les plus habiles médecins de son temps; mais on a observé qu'il en faisoit peu