‹ Les moteurs à explosions dans la marine de pêcheChapitre 103 sur 171 · II. — Rémunération du travail · texte numérisé non relu

II. — Rémunération du travail

1. — Le régime des parts doit-il disparaître devant le salariat?

I est habituel d'affirmer que l'industrialisation amène avec elle comme obligation corollaire le salariat et, en matière de pêche, cette opinion semble confirmée par le mode de rétribution du travail à bord des grands chalutiers à vapeur.

Les hommes y sont payés au mois avec un léger pourcentage supplémentaire sur la vente du poisson (1). Il y aurait cependant une grave erreur à généraliser ce fait et à assimiler au chalutier de 300 ou de 500 tonneaux le bateau mixte de 10 ou même de 50 tonneaux. Le chalutier, représentant un très gros capital, est propriété d’une société ou d’une maison d’armement, demande à être exploité intensément et en réduisant le flottement du bilan des dépenses au minimum ; enfin, dans l'opération de pêche, le facteur individu n'a qu'une importance secondaire ; c’est surtout l'hélice qui travaille.

Le bateau mixte, au contraire, d’une valeur bien moins élevée, pourra être, et sera dans le cas général, la propriété d'un seul ou d’une petite collectivité, son budget présentera quelque élasticité et enfin le rôle de l'individu à la pêche sera prépondérant, il ne lui suffira pas d’avoir de bons bras, mais aussi

le sens de la pêche, l'amour de la mer. Il devra donc être inté-

(1) 80 fr. par mois, plus un pourcentage s'élevant en moyenne à 20 ou 40 fr., soit 120 fr., plus la nourriture.

ressé directement à l'opération. Nous ne croyons donc pas que le régime des parts disparaisse avec l'extension de l'emploi du moteur. Il se peut cependant que dans certaines circonstances assez spéciales le salariat soit un mode de rétribution possible, en particulier si des compagnies s’organisaient pour exploiter

des flottilles de bateaux mixtes.

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