Les pêcheurs
La question de savoir quelle répercussion doit avoir l'emploi de ‘la propulsion mé canique sur l'effectif des populations maritimes n'est pas une question nouvelle. Elle
s'est déjà posée au moment de l'entrée en service des cha-
lutiers à vapeur avec une acuité qu'ont traduite des troubles fréquents. Aux Congrès de Dieppe en 1898, de Bayonne- Biarritz en 1899, les pêcheurs ont énoncé leurs craintes de voir la vapeur éliminer presque totalement la main-d'œuvre. Leur raisonnement était le suivant : 14 chalutiers à vapeur, montés par 140 hommes, ont fait un chiffre d’affaires plus élevé que 131 chalutiérs à voiles avec 800 hommes ; le nouveau mode de pêche ne conservera donc que 17 % des pêcheurs (1).
D'autre part, depuis quelques années, pour l’ensemble de la France, le nombre des inscrits diminue. M. le député Lamy
donne à cet égard les chiffres suivants :
‘171.000 inscrits
UT ER PARA MT MERS RS 136.500 inscrits
soit une diminution de 5,800 inscrits par an.
Y aurait-il corrélation entre ce fait et le raisonnement tenu au Congrès de Bayonne ?
En aucune façon, car le nombre des inscrits a augmenté dans les quartiers où ont apparu les vapeurs : à Boulogne-sur-
Mer, il est aisé de s’en rendre compte :
pm mer rs