‹ Les moteurs à explosions dans la marine de pêcheChapitre 110 sur 171 · OMBRE # F TONNAGE NOMBRE TOTAL VAPEURS · texte numérisé non relu

OMBRE # F TONNAGE NOMBRE TOTAL VAPEURS

A At aute TOTAL D'INSCRITS 1831 272 8.700 2 2.850 1891 284 9.120 8 3.100 4900 286 41.100 47 3.880 1906 | 13 93.470 115 4.750

(1) Les chalutiers à voiles dont il s’agit ici sont des bateaux de tonnage et de rendement très inférieurs aux voiliers boulonnaïis. (Voir note,

page 164).

Tandis que c'est dans les régions où la pêche n'est nulle-

ment industrialisée que la diminution est la plus frappante.

Inscrits provisoires

Camaret. — 1892, 945 : 1908, 292.

Lannion. — 1809, 1,160 : 1908, 404.

Les hommes abandonnent la pêche qui ne rapporte plus rien. En novembre et décembre 1907, la gare de Concarneau a délivré 658 billets à des marins, pour les usines de Nœux et de Courrières.

À Trouville, les pêcheurs se sont fait maçons, etc.

On serait donc plutôt porté à croire que le machinisme, au lieu de diminuer le nombre de pêcheurs, l'augmente.

Ceci est exact, si on s'en tient à l'exemple de Boulogne-sur- Mer ; mais il serait très aventureux de conclure du particulier au général, d'assimiler le machinisme par le moteur au machinisme par la vapeur.

À Boulogne-sur-Mer, il y eu substitution de grands vapeurs à de moyens voiliers.

En quelques années, de la période 1891-1906, on à eu, par exemple, remplacement de 5o voiliers de 40 tonneaux en moyenne, par bo chalutiers à vapeur de 240 tonneaux en moyenne.

Un de ces grands bâtiments à, évidemment, un équipage proportionnellement moins nombreux que plusieurs voiliers d'un tonnage équivalent, par exemple : 3o hommes pour le vapeur, 60 hommes pour les voiliers correspondants. Nous savons d'ailleurs que, la puissance de pêche du tonneau ne variant guère, sa pêche sera sensiblement égale à celles qu'au-

raient obtenues les voiliers correspondants (1).

Dhs. . ts : SERRE LL A ES () Voiliers boulonnais s'entend ; s'il s'agissait de petits voiliers, le rapport ne serait plus 1 à 6, mais L à 10, à 19...

Il y à donc, relativement, très forte diminution du nombre des hommes. Mais les 50 vapeurs occupent un effectif beaucoup plus élevé que celui des 50 voiliers qu'ils remplacent, 1,900 hommes pour les vapeurs, 500 hommes pour les voiliers, et la pêche de cette flotte à vapeur est infiniment supérieure à celle des voiliers, six fois plus forte dans le cas. Nous dirons donc

Le machinisme par la vapeur diminue relalivement le nombre des pêcheurs, mais l’augmente absolument lorsque le marché permet un accroissement de production suffisant.

En sera-t-il de même avec le moteur à explosions?

Un « mixte » sera un voilier transformé ou construit sur un type légèrement agrandi, son équipage sera celui du voilier fréquemment réduit de une ou deux unités, mais la pêche est double en raison de l'accroissement de puissance du tonneau avec les bateaux à vapeur ; un mixte remplacera deux voiliers avec un effectif moins de moitié moindre que le total de ceux de ces derniers (1).

Il y aura donc, relativement, forte diminution du nombre des hommes. Si l’on suppose un marché qui puisse s’accroître librement, il y aura substitution progressive de mixtes à des voiliers, augmentation du produit de la pêche, mais maintien du nombre de bateaux, donc diminution assez faible du nombre des pêcheurs à raison de une ou deux unités par bateau

transformé.

Nous dirons donc :

Le machinisme par le moteur diminuera relativement le

nombre des pêcheurs et ne l’augmentera pas absolument dans

(1) I est à remarquer que le pêcheur d’un mixte sera dans une siluation identique à l’homme d'équipage d’un chalutier à vapeur au point de vue de la quantité de poisson pêché, dans les hypothèses

faites, bien entendu.

l'hypothèse d’un marché pouvant s’accroître librement (1). Nous rappelons que, par contre, l'emploi du moteur aura une influence très grande sur la nature des pêches ; il attirera

les pêcheurs vers le large et décongestionnera ainsi la côte.

21e LES outUriers:

L’accroissement de la production se répercutera d’une façon indiscutable sur les industries annexes de la pêche : fabriques de conserves, usines à glace, ateliers de caisses d'expédition, entreprises de transport, etc., etc. Cetle répercussion aura, au point de vue social, la plus haute importance, car, en se développant, les industries appelleront à elles une main-d'œuvre abondante et absorberont ainsi le trop-plein d'une population généralement prolifique. Ce fait contribuera encore à ramener l’aisance sur le littoral.

Affirmer qu'une évolution, comme celle que nous envisageons pour la flotte de pêche, ne donnera lieu à aucune crise, serait bien téméraire ; des accidents locaux et momentanés se produiront, nous le savons. Des grèves? C'est peu probable, puisque le salariat sera sans doute peu développé, mais plutôt des chocs entre les partisans de la méthode nouvelle et les retardataires. La tâche des pouvoirs publics consiste précisément à éviter ces chocs, pour l'avenir, en prenant en main, dès maintenant, l’éducation du pêcheur, ainsi que nous le

verrons.

() Postérieurement à la rédaction de ce chapitre, nous avons reçu de M. l’administrateur de l'inscription maritime d'Arcachon la note suivante qui confirme entièrement l’exactitude de nos prévisions.

«I m'est difficile de dire si la population (maritime) a augmenté. Je ne crois pas, car, autrefois, il y avait beaucoup plus de petites tilloles montées par deux hommes ; aujourd'hui, elles sont remplacées par des moteurs avec 4, 7 et même 8 hommes, mais le nombre en est assez restreint. Ce qui a augmenté, c’est le nombre des marins des chalutiers À vapeur, surtout les mécaniciens, qui sont venus de Bretagne s'installer ici, mais les pêcheurs de sardine sont toujours du bassin. »

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