La compagnie d'assurance
M. Barret, administrateur de la Marine, dans un rapport extrêmement remarquable (1), donnait, il y a quelques années, les raisons suivantes au sujet de l’impossibilité pour les compagnies d'assurance de garantir les risques des bateaux et des engins de pêche
Service du contrôle très onéreux en raison de la dispersion et du peu de valeur des unités ;
Déclarations exagérées du patron, toujours porté à majorer la valeur de son matériel ;
Esprit de « débrouillage » du pêcheur pouvant l’amener à des subterfuges dont le moindre n’est pas le « désarmement à la mer », euphémisme qui désigne la baraterie appliquée aux petits bateaux.
Très réelles si l’on a en vue l’ensemble des embarcations à voiles de la flotte de pêche, ces raisons ont moins de portée si l’on envisage le cas des bateaux à moteur. Ces derniers, en nombre limité et d’une valeur toujours assez élevée, pourront être exactement et économiquement contrôlés (2), leur estimation sera aisée puisque le moteur a déjà un prix connu ;
enfin, le « désarmement à la mer » deviendra une opération
(1) « La Mutualité Maritime », Congrès des Pêches de Bordeaux, 1907. — M. Barret.
() Il ne faut d’ailleurs pas exagérer les difficultés du contrôle. En assurance agricole ne porte-t-il pas, dans certaines régions, sur des matériels répartis dans des fermes isolées, loin de toute agglomération ?
pleine d’aléas avec des unités représentant des capitaux importants. D'autre part, si l'assurance se généralise, le taux sera d'autant plus bas que les pertes seront moins fortes ; la majorité des assurés aura donc un intérêt direct à l’honnête application des contrats.
C'est bien ainsi que l'ont compris les compagnies bordelaises qui, actuellement, assurent facilement les pinasses arcachonnaises. Il n’est pas douteux que, si d’autres centres:
de bateaux mixtes apparaissent, il ne dût en être de même.