‹ Les moteurs à explosions dans la marine de pêcheChapitre 133 sur 171 · SR · texte numérisé non relu

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Cooper, pour exposer tous les actes de vandalisme et de piraterie qui peuvent viser le premier moteur installé dans un port de pêche, les ruses d’apache pour arriver à faire quelque avarie au moteur, les amarres coupées, le débauchage des hommes de l'équipage, quelquefois sous menace dé mort. Je pourrais citer des bateaux où on a tenté de mettre le feu, d’autres que l’on a signalés perdus parce qu'ils n'étaient pas rentrés à la marée. Le capitaine d'un bateau dont j'étais armateur s'étant trouvé pris dans la brume et ne voulant pas risquer une entrée de port difficile dans ces conditions, en l'absence de toute vue et à la tombée de la nuit, on envoya à sa femme enceinte une dépêche lui annonçant que le moteur avait sauté et que le bateau était perdu, alors qu'on le savait pertinemment mouillé en rade. Si vous ajoutez que, dans bien des petits ports, les fonctionnaires même de la Marine, dominés par l'opinion publique, et les municipalités, dans un but de popularité facile à déduire, ne défendent que bien mollement les novateurs et quelquefois même leur sont ouvyertement hostiles, vous estimerez certainement, comme moi, que les premiers qui ont eu le courage de porter la main sur les préjugés et d'entreprendre de défricher cette forêt vierge qu'est notre population maritime des ports de pêche, ont pu s’y meurtrir quelque peu. Il en est même, je dois le dire, qui, dans cette lutte, se sont montrés de véritables héros. Il en est qui, malgré tout, ont réussi et leur succès doit être regardé comme aussi important que la conquête de tel ou tel poste avancé dans la plus lointaine ou la plus riche de nos colonies. Pour ma part, je m'en réjouis de grand cœur, moins comme une victoire de l’industrie et du progrès que comme un triomphe du bon sens » (x).

(1) Congrès international des applications du moteur à mélange tonnant à la Marine (Salon de l'Automobile, 1908). Rapport de M. Guérin. Ù

Ouvrir l'esprit du imarin-pêcheur à des conceptions nouvelles, à des procédés de pêche modernes et rationnels, telle doit donc être la tâche qui s'impose si l’on veut que les mesures d'ordre administratif et pécuniaire soient comprises et correspondent, dans la pratique, à la réalisation d’un progrès. |

Pour y parvenir, il convient d’instruire le pêcheur et de

lui démontrer l'excellence des principes qu'on lui a inculqués,

Il. — Enseignement maritime.

L'impérieuse nécessité d’un enseignement hautique pour les pêcheurs a été remarquablement mise en relief par M. le député Le Bail :

« L’accroissement du tonnage et l’acquisition des moteurs à vapeur ou à pétrole augmentent le prix des unités et soulignent avec évidence l'intérêt qu'il y à à ce qu'ils soient commandés par des patrons capables de faire le point.

La capacité nautique du capitaine lui permet aussi de suivre sa route sans hésitation et, par conséquent, sans perte de temps et de mieux veiller à la conservation de la vie de l’équipage.

D'où la nécessité de l’enseignement nautique qui permet au navigateur de la pêche de faire, en se jouant, de longues traversées et de pratiquer avec assurance ces grandes routes de l'Océan, « le long desquelles on n’aperçoit ni arbres, ni villages, ni villes, ni tours, ni clochers, ni tombeaux... et qui n’ont pour bornes que les vagues, pour relais que les vents, pour flambeaux que les astres... » (Chateaubriand.)

Le relèvement du niveau intellectuel et moral de nos jeunes pêcheurs, pourvus d’une éducation nautique, ne les rendrait pas seulement aptes à commander leur bateau dans la navigation hauturière ou au bornage, mais encore à devenir patrons

de vapeurs, de dundees ou de yachts.

>. Pnee

De plus en plus augmente le nombre des armateurs qui veulent qu'on fasse le point à bord de leur bateau.

Si nous passons, maintenant, à la préparation militaire du service de la flotte, l'école de navigation élémentaire est admirablement placée pour hausser la préparation de la jeunesse à l’école des apprentis marins et des mousses et à l’école des apprentis mécaniciens.

Elle permettra, enfin, aux novices qui veulent faire leur carrière dans la flotte, d'acquérir, selon leur degré d'instruction, un diplôme ou un certificat leur donnant, au début de leur carrière, une situation plus avantageuse dans la flotte et les préparant aux épreuves du cours supérieur qui, seul, permet, aujourd'hui, de parvenir aux grades les plus élevés de la maistrance » (1).

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