‹ Les moteurs à explosions dans la marine de pêcheChapitre 15 sur 171 · I. — Adaptation du moteur à essence à l’usage à la mer · texte numérisé non relu

I. — Adaptation du moteur à essence à l’usage à la mer

el à l'emploi du pétrole lampant.

Les gens de mer, quand ils eurent saisi les immenses avantages que leur réservait la propulsion mécanique, demandèrent à l’industrie des moteurs appropriés à leurs habitudes et à leurs budgets, c’est-à-dire extrêmement robustes et très éco-

nomiques.

L'ingénieur, à l’époque où le problème lui fut ainsi posé, disposait du moteur à quatre temps classique.

Qu'on nous permette, à seule fin de faire mieux percevoir la valeur des transformations ultérieures, d’en rappeler très brièvement le fonctionnement :

Le mélange détonant, air-vapeur d'essence, est fabriqué dans le carburateur, à température ordinaire pour l'essence.

1® temps : Ce mélange, aspiré par le piston qui s'éloigne du

fond du cylindre, remplit ce dernier.

(1) Nous n’examinerons pas le moteur à gaz pauvre. C'est bien un moteur à explosions, mais, par l'encombrement de son générateur, la nature de son combustible, il offre tous les inconvénients de la machine à vapeur. Son utilisation à bord des bateaux de pêche peut être considérée comme impossible.

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> temps : Le piston se rapproche du fond du cylindre et comprime le mélange (de 3 à 5 atmosphères).

3° temps : À la fin du 2° temps, une étincelle électrique ou un brûleur provoque l'allumage du mélange ; l’inflammation étant instantanée, le volume du fluide au sein duquel la chaleur se dégage n’a pas le temps de varier et la pression s’élève brusquement (à 15 ou 20 atmosphères). Le piston est chassé en avant ; puis, le volume disponible augmentant, la pression

diminue avec rapidité. C’est le seul temps moteur.

4° temps : Le piston revenant en arrière expulse les gaz brûlés.

C'est 1à le moteur bien connu, universellement employé dans l’automobile.

Il est relativement compliqué avec son carburateur, ses soupapes, etc., et assez délicat, inconvénients dé peu de portée, car il n'est pas soumis continuellement, sur la route, à un travail à pleine puissance.

Il est aussi d'usage coûteux puisqu'il utilise un produit très

cher : l’essence.

Il n’est donc nullement approprié aux besoins des pêcheurs ; toutefois on a tenté, à l’aide de transformations accessoires, de corriger ses défauts. |

Pour le rendre robuste, les pièces furent renforcées, solution sans inconvénient notable sur un bateau où le poids est un facteur secondaire.

Pour le rendre économique, c'est avec du pétrole lampant, au lieu d’essence, qu'on a alimenté le carburateur ; mais il fallut modifier ce dernier organe, en vue de réchauffer le pétrole peu volatil à la température ordinaire ; on s’est heurté alors à de grosses difficultés résultant de distillations fractionnées (crackinage) du liquide, entraînant des explosions très brisantes. Le

réchauffeur introduit d’ailleurs une complication importante.

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