II. — Les baleaux
Industrialisée, elle l’est encore bien peu, notre pêche, comme le prouve la nature des bâtiments qui la pratiquent.
Notre flotte compte environ 28,000 bateaux jaugeant 180,000 tonneaux ; si nous défalquons les 60,000 tonneaux des quelques 500 navires de grande pêche, nous constatons que plus de 27,000 bateaux jaugent une moyenne de 4 tonneaux. Notre armement est donc composé presque totalement de toutes petites embarcations.
Quant à la variété des types, elle est infinie ; on peut dire que chaque port présente les siens, depuis les trois-mats de 3 à 500 tonneaux qui vont sur les bancs, jusqu'aux barques qui ne s’éloignent pas des côtes, en passant par les trawlers, sloops, dundees, thoniers de 30 à 4oo tonneaux de la pêcherie hautu- Tire?
Presque tous sont des voiliers ; nous ne possédons en effet pas plus de 250 vapeurs, jaugeant ensemble 50,000 tonneaux, le port de Boulogne en ayant à lui seul plus du tiers.
Les deux types principaux de ces vapeurs sont : les trawlers de 100 à 4oo tonneaux, avec 2 à 500 HP, montés par 20 à 30 hommes, valant chacun de 100 à 250,000 francs, qui chalutent à Terre-Neuve, en Islande, dans la mer du Nord, la Manche, l'Océan, jusque sur les côtes marocaines ; les cordiers de 30 tonneaux, avec 50 à 100 HP, dix à douze hommes d'équipage, valant 40,000 francs, qui ne font que des sorties assez courtes.
Enfin les bateaux à explosion ont commencé à apparaître ; mais c'est à peine s’il en existe 4oo actuellement, jaugeant ensemble 2,200 à 2,500 tonneaux et dont la grande majorité constitue fa flotte d'Arcachon.
On peut estimer que l'ensemble des bâtiments à propulsion mécanique occupe à peine 7 à 8,000 des 100,000 pêcheurs fran-
çais. Bien lente est donc notre orientation dans la voie du progrès.
OGC&