‹ Les moteurs à explosions dans la marine de pêcheChapitre 59 sur 171 · SN PET · texte numérisé non relu

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ront près du rivage. La pêche hauturière, seule, ouvre de belles perspectives d'avenir ; aussi l'Etat doit-il l’orienter vers des terrains nouveaux : côtes du Congo, du Maroc ; plus près de nous, côtes de la Kabylie, et fournir à ses adeptes toutes les données susceptibles de faciliter leur tâche (x).

Le décret du 15 mars 1912 a, d’ailleurs, jeté les bases de

l’organisation d’un service scientifique des pêches.

Toutes ces mesures tendant à développer la production n’ont de raison et même de possibilité d’être qu'autant que de larges débouchés s'offrent à la marchandise.

L'augmentation de la consommation nationale apparaît done

comme la condition sine qua non de toute les autres réformes. Sa réalisation a été poursuivie de deux manières :

— Directement, en introduisant le poisson dans l'ordinaire du soldat (2) ; l’essai a été timide, mais l’idée est excellente d’habituer ainsi l’homme à une nourriture qu'il ignorait

souvent avant son entrée au régiment.

— Indirectement, par le vote de la loi du 13 août 1913 sur

les taxes d’octroi exposée plus haut.

Les conséquences heureuses de cet acte législatif, de stricte justice, puisqu'il accorde au travailleur de la mer le même régime qu’au travailleur de la terre, ne sauraient tarder à se faire sentir. À Lyon, en effet, la suppression des octrois a accru dans de très fortes proportions le débit du poisson de mer.

Une autre barrière s'oppose encore à la libre circulation de la marée : les difficultés de transport, et celle-là est d'autant plus difficile à rompre, qu’en la matière le Parlement est en

fait désarmé, les Compagnies de chemin de fer sont maîtresses,

(1) Exemple : Indications résultant de l'étude des migrations des grandes espèces.

(2) À raison de quatre par tête et par semaine, cela assurerait un débit de 100 M. de sardines par an.

dote

ou à peu près, de l’organisation de leurs convois et de leurs prix.

Sans aller jusqu'à demander la création immédiate de nombreux trains de marée, les arrivages étant encore, dans beaucoup de ports, très incertains, il n’est que légitime de réclamer, avec des perfectionnements du matériel roulant (wagons frigorifiques, wagons à claies pour la sardine fraîche, etc.), l’abaissement des tarifs actuels, ainsi que l'égalité de traitement pour les pêcheurs français et étrangers, égalité rompue, nous le rappelons, au profit de ces derniers.

À satisfaire ces desiderata les Compagnies elles-mêmes trouveraient leur intérêt : en 1887, le prix des transports de Boulogne à Paris était de 93 fr. 50 la tonne ; depuis 1900, il est de 42 fr. 50, soit un abaissement de moitié environ ; les expéditions ont monté, dans le même temps, de 9,000 à 28,000 tonnes ; elles ont donc triplé.

Il est d’ailleurs hors de doute que, d’une part, l’augmentation des moyens de production des ports, d'autre part, le développement de la consommation des villes, assurant plus de régularité et plus de puissance dans les transports, amèneront l'extension des moyens et la diminution des tarifs (1).

Toutes ces questions d’octrois, de transports, sont en dehors

de la sphère d'action directe du pêcheur ; elles ne peuvent

(1) L'information suivante est la preuve qu’en telle matière tout se tient :

« Le groupe des inscrits maritimes à la Chambre a reçu, hier, une délégation du Syndicat des mareyeurs et expéditeurs de Bretagne, venue pour lui exposer la nécessité d'obtenir des Compagnies de chemins de fer des abaissements de tarif et des accélérations de transport.

« Les membres de la délégation ont fait observer que la loi du 13 août 1913, réglementant les taxes d'octroi, devant nécessairement augmenter la vente du poisson, le moment paraissait venu de réaliser des facilités plus grandes pour le transport de cette marchandise.

« Le groupe a décidé d’appuyer cette demande auprès du Ministre des Travaux publics et auprès des Compagnies de chemins de fer. »

Les journaux, 21 février 1914.

Faber. A

être solutionnées que par ses représentants. Il n’en n’est pas de même en ce qui concerne les intermédiaires qui, mareyeurs et détaillants, absorbent le plus clair de son gain.

Si l’on peut souhaiter voir l'usage du colis postal, qui n'existe guère aujourd'hui qu'à Boulogne et à Dieppe, se développer pour le plus grand bien de la vente directe au consommateur, combien ne doit-on pas désirer l’apparition de syndicats de vente entre patrons pêcheurs! Malheureusement, l'esprit lent et assez méfiant du marin de la côte a toujours entraîné

l'échec des tentatives de ce genre.

Cette rapide revue n’a pas eu pour but de faire connaître, dans toute leur étendue et leur complexité, les réformes indispensables pour sauver l’industrie des pêches, mais surtout de montrer le lien étroit existant entre ces nombreuses réformes, présentées successivement, par nécessité d’exposilion, mais qu'il importe de réaliser simultanément. Un progrès isolé est, en quelque sorte, inconcevable ; aussi, est-ce seulement après avoir acquis les notions précédentes sur les multiples progrès à accomplir que nous pouvons aborder, en le situant exactement dans l’ensemble des problèmes connexes, le problème plus spécial « des moteurs à explosions dans la marine de

pêche ».

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