tonneaux permettant d'aller pêcher au large
Les SABLES-D'OLONNE. — Emploi de bateaux mixtes à moteur : 1° pour la pêche au chalut ; »° pour le remorquage des
canots sardiniers et le transport des produits à terre.
Rocaerort. — Emploi de moteurs à explosion à bord des bateaux de pêche.
MARENNES. — Diriger à nouveau les pêcheurs vers la pêche
au large qu'ils ont trop négligée au profit de l’ostréiculture.
Royan. — Emploi de moteurs auxiliaires à bord des bateaux
de pêche.
ARCACHON. — Emploi de tilloles automobiles.
PorT-VENDRES. — Emploi de moteurs auxiliaires pour les
barques de haute mer.
NARBONNE. — Augmentation du tonnage des barques et de la
puissance des engins.
SAINT-TROPEZ. — Il serait à souhaiter que l'exploitation de la mer se modernisâät et notamment que, grâce à l'emploi de bateaux à propulsion mécanique, d’un tonnage beaucoup plus fort que celui des embarcations actuellement employées, la
mer territoriale ne soit plus seule à faire les frais de la pêche. »
Îl. — Valeur des premiers résultats oblenus, d’après une enquête de 1913 auprès de MM. les Administrateurs de l’Ins-
criplion maritime.
Depuis 1908 quelques essais, combien timides, sauf à Arcachon, ont été tentés et paraissent avoir donné des résultats très encourageants. Nous ne saurions mieux faire que reproduire les renseignements que nous ont aimablement envoyés à ce
sujet MM. les administrateurs de F’inscription maritime.
Dunkerque. — « Bien que l’emploi des moteurs à bord des bateaux ne remonte qu'à quelques années, on peut déjà affirmer qu'il a donné de bons résultats. C’est ainsi que nos meilleurs pêcheurs de crevette l’utilisent, ce qui leur permet de
pratiquer ce genre de pêche toute l’année et de sortir par tous
les temps. Il n’est guère employé encore pour la pêche au chalut qui exigerait un moteur plus fort et, par suite, plus cher et d’un prix hors de portée pour nos petits pêcheurs côtiers…
Il est permis d'espérer, cependant, que la pêche à moteur se développera d’année en année, en raison des facilités que procure l’emploi de ce propulseur.
Le type de bateau qui paraît le mieux approprié pour recevoir un moteur en vue des pêches de cette région est le dundee
qui se prête le mieux à tous les genres de pêche. »
GRAVELINES. — « Les résultats obtenus (17 novembre 1913) sont très satisfaisants...
Le moteur se développera certainement pour tous les genres de pêche à Gravelines, surtout pour les bateaux neufs. Ce qui
arrête actuellement ce développement, c’est lé prix élevé... »
CaLars. — « Les résultats obtenus sont assez encourageants, bien que l'expérience soit encore faite sur une trop petite échelle pour être concluante.
L'application du moteur est susceptible d'extension comme moteur auxiliaire de propulsion et de levage sur des bateaux à voiles, gréement du pays, 15 à 20 mètres de long, pouvant pra-
tiquer cordes, chaluts et filets. »
BouLoGnE. — « Très mauvais, il y a quelques années, au début pour le « Jean », les résultats deviennent meilleurs maintenant que l'équipage est habitué à la conduite du moteur (1).
Pour les autres navires, ils sont de construction-trop récente pour qu'on puisse avoir une opinion.
Je crois à l'extension du moteur à bord des navires pêchant
aux filets dérivants qui n’ont pas besoin d’une grande force
(1) Ceci confirmerait notre opinion touchant la propulsion mécanique à bord des bateaux de grand tonnage. Le Jean (206 tonneaux) a un moteur de 250 HP.
motrice. Mais les progrès seront longs, car les matelots boulonnais n'ont pas l'esprit ouvert à la mécanique.
Je signale, toutefois, qu’une des maisons d'armement les plus importantes de Boulogne étudie en ce moment la construction d’un certain nombre de chalutiers avec moteurs à
explosions destinés à la grande pêche. »
Dieppe. — « Aucun-moteur de l'espèce dans le quartier de Dieppe. »
FécamP. — « Par la rapidité de l’augmentation du nombre
des bateaux pourvus d’un moteur, il est facile de juger des résultats obtenus qui paraissent très encourageants pour la petite pêche côtière (bateaux de 8 à 12 tonneaux). »
HonFLEUR. — « À Honfleur, les résultats obtenus ne sont pas encourageants. L'avantage du moteur, au point de vue du gain du pêcheur, est très faible.
D'autre part, le moteur exige des soins, un entretien dont seraient seuls capables les propriétaires eux-mêmes. Les patrons non armateurs sont trop négligents. Un armateur ne voudrait pas confier à un patron un appareil aussi délicat. Enfin Îles frais de réparation sont élevés et les armateurs les redoutent.
L'application du moteur ne me paraît pas actuellement susceptible d’extension à Honfleur. Elle ne le deviendra que si les
marins deviennent plus soigneux (1). »
MorGarT. — « Les pêcheurs du pays ne sont pas partisans des moteurs ; ceux qui en ont les ont négligés et ce manque d’en-
tretien a toujours nui à leur bon fonctionnement. »
CoNCARNEAU. — « Dans le quartier de Concarneau, il n’y a
pas de bateau de pêche à moteur. »
(1) IL est à remarquer que, dans les ports du quartier de Honfleur, seuls ont été mis en service des moteurs à essence. Nous les avons écartés comme coûteux et délicats, l'expérience acquise à Honfleur vérifie entièrement notre façon de voir.
DouaRNENEz. — « Nous n’avons pas pas à Douarnenez d’em-
barcation de ce genre (à moteur). »
La RocHEeLLE. — « Les résultats sont très encourageants, en effet, car depuis que les moteurs ont été adaptés à ce genre d'industrie (pêche à la sardine), le rendement a été de beaucoup supérieur à ce qu'il était antérieurement. Il y a lieu de considérer que le tonnage du bateau et la force motrice vont
toujours en augmentant... »
ARCACHON. — « La pêche de la sardine a doublé depuis 7 à 8 ans, à Arcachon, grâce à la facilité de se rendre sur Îles lieux de pêche...
Pour l’ostréiculture, il en est un peu de même...
À Arcachon, d'ici quelques années, il n’y aura plus un canot à l’aviron.
De plus, chaque année, un certain nombre de pinasses s’expédient à Marennes, La Tremblade et La Rochelle. Un jour peut-être, les Sablais et ceux de Saint-Gilles-Croix-de-Vie imi-
teront-ils cet exemple... »
Bayonne. — Du Syndic des gens de mer de Capbreton :
« Les bateaux à moteur pratiquent la pêche au filet de fond sur les roches, à 2 ou 3 millesen moyenne de la côte ; ils pêchent le plus souvent le gros poisson tel que touils, martrams, anges de mer, etc., ainsi que la langouste, le homard et autres crustacés. Cette pêche se pratique avec des filets tramails et des casiers ; ils pratiquent aussi la pêche à la sardine à la rogue ; ils sont montés par quatre hommes d'équipage en général.
Les résultats obtenus n’ont pas été très convaincants jusqu’à présent ; ce n’est pas parce que ce genre de moteur et de bateau ne sont pas appropriés pour le genre de pêche que l’on pratique à Capbreton (les moteurs du système Couach étant très perfectionnés et appréciés), mais en raison de la dépense en essence que ces moteurs consomment.
Il arrive souvent, lorsque la pêche n’a pas été fructueuse, que le produit de cette pêche couvre tout juste les frais de consommation d'essence.
L'application du moteur à essence, pour la pêche à Capbreton ne paraît pas être susceptible d'extension, tout au moins en ce qui concerne les moteurs d’une force de 15 à 20 chevaux, lesquels consomment trop d'essence en comparaison des bénéfices réalisés à la pêche.
C'est ainsi qu'en 1909 et 1910 on comptait, à Capbreton, 10 bateaux à moteur de différents types de coque et de moteur.
Les capbretonnais n° r et n° 2 (genre sloop) à moteur Aster, de la force de 18 chevaux, n’ont pas réalisé les bénéfices que les armateurs comptaient en retirer avec la pêche et ils ont été obligés de désarmer cés bateaux. :
Bientôt après, d’autres armateurs ont suivi ces exemples ; le « Hardi-Petit », autre bateau dans le genre des capbretonnais, mais d’un moteur différent (genre Couach, 15 chevaux), n'a pas non plus donné satisfaction et a été désarmé.
Les bateaux et moteurs qui pourraient être susceptibles d'être employés à l’avenir à Capbreton, pour la pêche, seraient (pour la coque) des bateaux mixtes, c’est-à-dire des bateaux de faible tirant d’eau, pontés (genre bac), comme le « Petit- Mousse », par exemple, pouvant naviguer au besoin à la voile et ayant à bord un moteur de faible puissance, c’est-à-dire un ro ou 12 HP (Couach, par exemple), qui donne de très bons résultats au point de vue marche et régularité.
Ces genres de bateaux mixtes ont cet avantage de réduire la dépense en essence dans une très grande proportion, tout en pouvant réaliser les mêmes avantages que les bateaux munis d’un moteur à grande puissance et par suite très dispendieux en essence.
Les tilloles ou pinasses à moteur, qui sont en majorité à Cap-
breton, sont des bateaux de faible tirant d’eau très appropriés
ue
pour les ports de pêche où l'entrée est difficile à cause du manque d’eau à l'entrée du port, mais ce sont également des bateaux non pontés qui ne peuvent guère naviguer à la voile et de ce fait on est forcé de compter exclusivement sur le moteur à grande puissance pour se rendre suï les lieux de
pêche et pour rentrer au port (1). »
Les citations qui viennent d’être faites mettent en évidence . l'excellence du principe de l’application du moteur au bateau de pêche. | Elles font en outre ressortir : d'abord le point particulier, la nécessité du moteur robuste et, par suite, l'exclusion du moteur à essence ; ensuite l'influence générale des facteurs d'ordre pécuniaire et psychologique, facteurs modifiables par une nouvelle organisation économique et par une éducation des intéressés.
Mais le résultat général reste : on peut, on doit étudier la
transformation de la flotte de pêche dans le sens indiqué.
& 11, — Transformation de la flotte de pêche. Principes généraux
L'outil de pêche parfait sera évidemment le bateau construit pour recevoir un moteur.
Mais on ne peut ni faire table rase de tout ce qui existe, ni attendre la lente disparition de la flotte actuelle pour arriver
au progrès désiré (2).
(1) Cette lettre vient encore à l’appui de ce qui est notre conviction : le moteur à essence est à rejeter absolument.
(2) Cette façon de voir est bien confirmée par l'opinion suivante :
Rapport présenté au Congrès des applications du moteur à mélange tonnant à la Marine (Salon de l’Automobile, 1908), par M. le lieutenant Cumming Smith Mansfield, du Royal Navy.
« La pensée d'introduire une force motrice auxiliaire sur les bateaux de pêche à voiles a occupé, ces dernières années, les pêcheurs du Contient, et l’emploi de la vapeur dans les pêcheries écossaises, ainsi que les
Il faut donc passer par une période intermédiaire qui comportera la transformation des voiliers existants en bateaux à moteurs.
Nous nous trouvons donc en présence de deux ordres d’idées différents : de la transformation des voiliers existants, de la construction des unités neuves.