Transformation des voiliers existants
Les bateaux de pêche étant dans leurs formes, leurs gréements le résultat d’une expérience séculaire ou d’habitudes ancestrales sont admirablement adaptés au service que leur demandent ceux qui s’en servent. Mais le plus souvent, en raison de ces habitudes mêmes, les dimensions des bateaux leur interdisent d'aller au large.
L'adjonction du moteur devra uniquement servir à suppléer à l’irrégularité ou à l’absence de vent. La vitesse qu'il doit permettre est facile à déterminer.
La vitesse sous voile est fonction de la force et de la direction du vent par rapport à la route suivie. Pour un vent donné on
a, suivant les directions de vent, les vitesses suivantes :
Angle du vent avec la direction de marche Propor icn des vitesses N° (vent arrière) il 90° (vent de travers) 1,25 120° l 135° 0,7 à 0,6 au-delà louvoyage 180° 0,3 à 0,4
heureux résultats obtenus, ont appelé l’attention du Conseil des pêcheries pour l’Ecosse sur cette affaire.
« En examinant la chose de près, on considérait que ce serait absurde, tant qu'il s'agissait de l’Ecosse, avec sa belle flotte de bateaux à voiles, de songer à lui faire remplacer toute cette flotte par des bateaux à vapeur, car les premières dépenses auraient été énormes, sans parler de la perte d'argent résultant de la mise au rebut des bateaux en usage... »
La vitesse ne tombe donc en dessous de la vitesse par vent arrière que pour un tiers des directions.
La vitesse avec moteur sera donc très suffisante et économique, si elle est au plus égale à la vitesse atteinte à la voile par vent arrière moyen. Toutefois, elle devra être assez grande pour lutter contre les courants.
Dans la généralité des cas, on peut l’estimer à 5,5 N.à 6 N.(r)
Elle est déjà susceptible, en certaines occasions, de faire gagner un temps très appréciable.
Un bateau, par exemple, doit franchir 18 milles pour se rendre sur les lieux de pêche, il a vent plein arrière au départ, à la voile (vitesse 6 N.) :
AMIE TR PE Ne en fee LM pre SL e aie 3 heures.
Retour : lourvoyage, vitesse 2,9 N...... 7 heures.
Avec moteur donnant vitesse de 6 N. :
NIET AMAVOLLE RME RER EEE :.2 - 8 hettres.
Rétour au Moteur 4. 20 4 0 ee 3 heures.
Gain dé TEMPS 4454550466 4662 44.010414 héures,
Pour une marche au moteur de 3 heures.
En cas d’accalmie, le gain peut naturellement être beaucoup plus important.
Mais dépasser cette limite, c’est courir à un échec certain ; le moteur très puissant coûtera très cher en marche et il fonctionnera presque constamment, car le patron sera alors tenté de l’employer en permanence, allant à l’encontre du principe essentiel de la propulsion mécanique à la pêche, qui exige que son utilisation soit essentiellement occasionnelle.
Au reste, le bateau existe avec ses formes adaptées à une certaine vitesse de régime ; toute augmentation de vitesse donne
(1) N : nœud.
un moins bon travail ; si cette augmentation de vitesse est due au vent, qui ne coûte rien, la déperdition de force n’a pas d'importance ; si elle était due à un moteur, elle coûterait très cher.
À ce sujet, le capitaine Balsen, de Dunkerque, dit : « Le grand tort des patrons de pêche, c’est de considérer le navire à moteur comme un vapeur et non comme un voilier. Alors bon vent, mauvais vent, le moteur est en route. Comme pendant ce temps la voilure et le gréement s’usent et pourrissent
quand même, il y a double dépense pour l’armateur. »
Cette transformation n'est toutelois possible que pour une partie de la flotte voilière.
Elle est impossible sur les bateaux dont la coque vieillie ne supporterait pas les trépidations et sur ceux de construction
trop lourde ou ne permettant pas de ménager une cage d’hélice.