MOULINS AMÉRICAINS
utilisable sans danger, tout en pouvant s'adapter à la plus faible vitesse ; or, la vitesse du vent varie entre des limites très étendues, 4 à 15 mètres par seconde, en moyenne, et la puissance du récepteur augmente comme le cube de la vitesse; les moulins doivent donc se prêter à des conditions très différentes. Pour cela, il faut faire varier dans de larges limites, soit la surface des ailes, soit l'orientation par rapport au vent.
Dans les moulins américains, les grandes ailes des nôtres sont remplacées par un grand nombre de petites ailettes fixes ou articulées, ce qui permet d'obtenir le réglage automatiquement, donne à ces récepteurs un aspect léger, les rend peu encombrants et très peu coûteux; cette dernière qualité explique qu'on ait pu les employer dans un grand nombre de circonstances où les types européens seraient inapplicables.
Classification des moulins américains. — M. Wolff divise les moulins américains en deux classes : dans la première, le réglage est produit par un régulateur, généralement à force centrifuge, faisant replier sur la roue les ailes, qui sont mobiles. Dans la seconde, les ailettes sont fixes et la roue s'oriente par l'action de deux gouvernails rectangulaires placés, l'un sur le prolongement de l'axe, l'autre perpendiculairement à cet axe. Le premier gouvernail sert à maintenir la roue face au vent; le second la défile ou l'incline sur le vent lorsqu'il devient trop fort.
Dans certains appareils, les gouvernails peuvent s'incliner l'un par rapport à l'autre, ce qui permet de régler à volonté l'inclinaison moyenne du moulin sur le vent. Enfin le premier gouvernail peut être aidé ou même remplacé par une petite roue perpendiculaire
LES MOULINS A VEKT
à la roue principale, qui tourne sous l'action du vent jusqu'à 6e qu'elle ait ramené celle-ci face au vent.
■ Les gouvernails sont moins sensibles que les régulateurs centrifuges, dont il existe de nombreux mo-
MOULINS A BÉOULATGUR C
dèles;' mais, comme ils sont plus simples et d'une sensibilité suffisante pour la plupart des cas, ils sont plus souvent employés.
Moulins à régulateurs centrifuges. — L'un des plus répandus est le moulin Halladay, employé aussi en France. Les ailettes F' (âg. 35) sont articulées et peuvent se replier comme on le voit sur la figure 41 ; elles sont commandées par des bielles radiales B', articulées aux leviers Y (fig. 36), que des biellettes relient k un manchon D. Quand le vent diminue, le poids W, par l'intermédiaire du levier PG, de la corde R' et du levier F, pousse le manchon D vers
Fia. 3e. — Moulin Halladaj (détnll da régula leur).
la gauche, de manière à ouvrir les ailes; lorsque la vitesse augmente, les masses centrifuges W tendent à replier les ailettes, comme sur la figure 41. On voit en A' les bras de la roue, fixés sur le tourteau C calé sur l'arbre S, et réunies à la périphérie par les barres d'articulation des ailettes F'. Sur le modèle représenté, l'arbre S commande la tige L d'une pompe par
rintermédiaire d'un disque manivelle M; la tige L est réunie avec son prolongement X par un joint universel S'Z, qui permet à l'appareil de tourner sur la plateforme A pour suivre la direction du vent. Une corde R permet de manœuvrer les ailettes à la main, du bas de la tour. Un gouvernail, servant à maintenir la roué face au vent, est porté par un bras V et relié par des tirants d'attache H avec la partie supérieure G de Tappareil.
Moulins réglés par gouvernail. — L'un des systèmes les plus connus est le type Corcoran ou Moulin Éclipse, qui est également répandu en France (fig. 37 et 38).
Le moteur proprement dit se compose d'une roue de forme circulaire, placée verticalement et formée d'une armature en bois de frêne, dont les bras sont boulonnés au centre sur un moyeu en fonte, calé à l'extrémité d'un arbre horizontal. Sur toute la surface de l'armature et suivant les rayons de la roue sont fixées des lames en bois allant du centre à la circonférence extérieure; ces lames sont placées obliquement dans le sens de leur largeur, de façon à obtenir, comme dans les persiennes, un recouvrement complet, tout en laissant subsister un vide entre elles.
L'orientation et la désorientation se font au moyen d'une girouette ou gouvernail D, à grande surface, tournant librement, au moyen d'une armature en fonte, autour du même axe que le bâti. Deux secteurs dentés, dont l'un est fixe sur le support du gouvernail et l'autre, articulé sur le bâti, porte un levier à contrepoids 0, rendent le moteur solidaire de son gouvernail.
Le contrepoids est calé sur la tige du levier de