CHAPITRE VII
Premier moteur Lenoir. — Moteur Bénier. — Economie Motor. —
Moteur Lentz.
Premier moteur Lenoir.
Les moteurs du premier type sont à explosion et dépourvus de compression. C'est à ce type qu'appartenait le premier moteur, construit par Lenoir vers 1860; bien que ce modèle soit abandonné maintenant, nous le décrirons sommairement, à cause de son importance historique.
D'ailleurs, on peut dire qu*en général les moteurs sans compression ne se fabriquent presque plus aujourd'hui, car l'avantage d'un mécanisme plus simple et par conséquent d'un prix d'achat moins élevé ne peut pas compenser la dépense plus grande de fonctionnement, causée par l'absence de compression. Nous indiquerons seulement, outre le moteur primitif de Lenoir, celles de ces machines qui sont encore en usage, à cause de leur perfection relative.
Le moteur Lenoir est à double effet et reproduit sensiblement la disposition des machines à vapeur horizontales à bielles articulées.
La distribution et la décharge se font par des tiroirs placés symétriquement de chaque côté du cylindre. Chaque paire de tiroirs est mue par un même excentrique. Chaque tiroir d'admission laisse entrer le gaz
par des tubes cylindriques et Tair par des trous, de sorte que les deux fluides se mélangent intimement.
L'explosion se produit à la moitié de la course ; le piston est poussé jusqu'au bout du cylindre, et, entraîné par le volant, dépasse le point mort ; le tiroir de décharge s'ouvre alors, tandis que l'admission commence de l'autre côté du piston. L'allumage est électrique.
11 faut remarquer que les avantages de la marche à double effet sont compensés par de sérieux inconvénients, réchauffement exagéré des parois et l'impossibilité de la compression préalable ; aussi Lenoir a-t-il abandonné ce dispositif pour construire un modèle â compression, que nous décrirons plus loin.
Moteur Bénier.
Ce moteur est remarquablement simple et compact. Le cylindre A (fig. 58) est vertical et s'ouvre vers le bas ; le piston commande l'arbre de couche par l'intermédiaire d'un balancier BCD, articulé en D, d'une bieUe en retour CM et d'une manivelle.
Un même tiroir E, mû par- la came G, fixée sur l'arbre, produit l'admission et l'allumage; il est maintenu au contact de la came par les ressorts de rappel r. Pendant la moitié de la course, le piston aspire le gaz et l'air ;.le gaz arrive par l'orifice qu'on voit au-dessous du tiroir et se mélange avec l'air dans l'intérieur de celui-ci. L'allumage est alors produit par un bec de gaz placé dans une cavité du tiroir, qui, au moment voulu, est mise en communication avec le cylindre; ce bec, éteint par l'explosion, est ensuite rallumé par un bec veilleur. Les tuyaux d'alimentation de ces deux
becs se voient à droite, au-dessous du tiroir. L'échappement se produit par une soupape, placée derrière la machine, et commandée par une came fixée sur l'arbre moteur.
La culasse du cylindre est refroidie par un courant d'eau. Au-dessus de 1 cheval, le moteur est muni d'un régulateur h boules, qui peut supprimer partiellement l'admission du gaz; pour les puissances infé-
Fio. 58. — Moteur Bénier.
rieures, le réglage se fait à la main, en agissant sur le robinet d'arri\ée du gaz.
Le moteur Bénier est surtout avantageux pour les petites forces. D'après l'inventeur, la consommation de gaz serait seulement de 1400 litres par chevalheure.
Éoonomlc Motor.
Cet appareil est d'origine américaine ; comme le précédent, il convient surtout aux petites forces, et ne doit. pas être employé au-dessus d'un demi-cheval. Il est d'ailleurs plus compliqué.
Le cylindre A (fig. 59) est entouré d'ailettes refroidissantes ; le piston actionne l'arbre de couche par
bniliur
Fio. 59. — Economie motor.
l'intermédiaire du balancier EG, de la bielle pendante B et de la manivelle C. Une contre-manivelle ab, liée à la manivelle par adG, commande le tiroir cylindrique D, qui présente une disposition particulière. Ce tiroir renferme un double piston, qui démasque successive-