‹ Les mots qui restent: supplément à la troisème édition du "Musée de la conversation"; répertoireChapitre 110 sur 258 · GÉNIE · texte numérisé non relu

GÉNIE

Le génie, c'est la patience.

Cette maxime de Hulfon se trouve souvent citée, sous des formes assez différentes, mais sans aucune indication de source. Littré seul, du moins à notre connaissance, y joint un renseignement précis, et (c'est vraiment jouer de malheur) ce renseignement est erroné. WvenwoÏG ww Discours de réception^ qui ne contient rien de semblable.

Flourens, écrivant VHistoire des travaux et des idées de Bu ffbn {1850), \a ciïG (p. 300), parmi les mots célèbres que ce grand naturaliste a dits ou écrits, sous la forme suivante :

^ GÉxNIE — GOUVERNEMENT

« Le génie n'est qu'une plus grande aptitude à la patience. »

A défaut (lu passage même où BulFon a pu formuler cette maxime, nous citerons quelques lignes de M'"" Necker, femme du ministre de Louis XYI et amie intime de BulFon, qui prouvent que celui-ci attachait un grand prix à sa définition du génie, et qu'il y revenait volontiers.

Yoiei les paroles qu'elle lui prête dans ses Pensées et souvenirs :

(( Le génie se forme par la patience, en considérant longtemps une idée, et en trouvant enfin des rapports féconds et bien liés. » [Nouveaux mélanges., 1801, t. I, p. 154.)

Elle dit encore un peu plus loin (p. 181) :

(( M. de BulFon est persuadé que Part d'écrire est de la patience et que le génie est de la patience : il faut bien voir pour bien écrire, il faut penser longtemps pour avoir des idées nouvelles. Quand on a une idée intéressante, il n(» faut pas s'empresser de la délayer pour en faire un livre, il faut, au contraire, la mettre de cùté, afin de pouvoir la réunir avec toutes celles qui se présentent dans notre esprit, et en faire un corps digne d'attention. »

A'oilà qui nous fait bien comprendre comment Buffon entendait sa définition, qui, au premier abord, parait assez discutable.

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