SERPENT
Ce fut le serpent qui creva.
(Supplément.)
Voltaire s'inspirait encore j)lus directement, dans le (juatrain que nous avons cité, d'un distique grec du poète Lucillius (!*"* siècle de J.-C), reproduit dans r£/)i- (/rammatum anthologia palatina de F. Didot (t. II, 1872, p. 325 ; cliap. XI, n" 237), et que Ton peut traduire ainsi :
<( Une méchante vipère mordit un jour un Cappadocien : mais ce fut elle qui mourut, après avoir goûté ce sang vtmimeux. »
C'était une allusion à la réputation de méchanceté (pie s'étaient acquise les Cappadociens, comme le dit Constantin Porphyrogénète (IX" siècle), dans son traité De Thematibus (liv. I*""; édit. Niebuhr, t. III, p. 21, 10), où le distique grec se trouve cité.
\J Epigrammatum delectus, publié en 1659 (par Lancelot, d'après Barbier), en a donné cette traduction en vers latins (p. 331) :
Vipera Cappadocem maie sana momordit : at ipsa Gustato periit sanguine Cappadocis.