‹ Les mots qui restent: supplément à la troisème édition du "Musée de la conversation"; répertoireChapitre 229 sur 258 · TEINTURIER · texte numérisé non relu

TEINTURIER

Teinturier.

Pourquoi appelle-t-ou teinturier Tautour réel d'un ouvrage destiné à ])araître sous le nom d'un autn^ ?

Voici l'explication qu'on (ui a donnée et qui nous parait assez satisfaisante.

Cette expression aurait pour origine une scène dc^ V Avocat Patelin, une des plus jolies comédies de Brueys et Palaprat, ([ui n'est d'ailleurs qu'une imitation de l'ancienne farce iU^ Maître Patelin (XV" siècle).

Au P'' acte*, scène v, A[. Guillaume, hî dra})ier, étale aux yeux de Patelin une pièce de drap que ce rusé compère a juré de s'apju'oprier :

(( — C'est d(^ couleur marron, dit le marchand.

» — De marron, répète» Patelin, usant du même artifîci; qu(î le renard de la fable, (jue cela est beau ! J(î gage, monsieur (luillaunuî, que vcms avez inmginé cette couleur-là.

)) — Oui, oui, avec mon teinturier. »

(]e teinturier remplit bien vis-à-vis du drapier le même rôle que l'écrivain mercenaire qui travaille pour la gloire d'autrui.

Remarquons d'ailleurs que le dictionnaire dt; l'Académie (1835) enregistre cette phrase figurée et proverbiale : i( Il a fait cela avec son teinturier, se dit d'un homme qui s'attribue; un ouvrage d'esprit qu'il n'a point fait, ou qu'on l'a beaucoup aidé à faire. »

Ne sont-C(; pas là exactement les termes dont se servait M. (juillaume ?

La pièce de Brueys est de 1706 (1'"*' édition).

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