VILLAGE
lorsqu'il alla prendre possession de son gouvernement d'Espagne.
Voici comment Plutarque la rapporte, d'après la traduction d'Amyot :
« Lon dit qu'en traversant les monts des Alpes, il passa par une petite villette de Barbares habitée de peu d'hommes pauvres et mal en poinct, là où ses familiers (jui l'accompagnoyent se prirent à demander, en rifitnt entre eulx, s'il n'y avoit point de brigues pour les estats et offices de la chose publique en ceste ville là, et s'il n'y avoit point de débats et d'envies entre les principaux pour les honneurs d'icelle, et Gaesar parlant à certes, respondit, « Je ne » say pas cela, dit-il, mais quant à moy j'aimerois mieux )) estre icy le premier, que le second à Rome. »
(Vie de Jules César^ chap. XI ; XIII de la traduction.)
Plusieurs autres paroles de César sont souvent citées.
D'abord son fameux cri : Le sort en soit jeté ! (àv£ppicp6(o xupoç ; en latin : jacta aléa esto !), qu'il proféra lorsque, revenant de la Gaule, il franchit le Rubicon pour se lancer dans la plus téméraire des entreprises contre Pompée.
(Plutarque : César, chap. XXXII ; Pompée, chap. LX. — Suétone : César, chap. XXII.)
C'est un mot qu'on trouve déjà dans un fragment de Ménandre (IV® siècle avant J.-C), rapporté par Athenseus au chap. XIII des Deipnosophistœ (éd. Teubner, 1858, t. III, p. 9, e).
S'étant embarqué la nuit sur une frégate à douze rames qui devait le ramener de Dyrrachium à Brindes, le flux de la mer ayant rendu la navigation périlleuse à l'embouchure de l'Aoûs, César aurait dit au pilote effrayé : « Mon amy, ayes bon courage, et poulse