‹ [Les moujiks;Chapitre 11 sur 26 · I. 60 kopeks (i fr. 5o · texte numérisé non relu

I. 60 kopeks (i fr. 5o

— Maintenant, je suis toujours avec Samorodov. C'est ce Samorodov qui лоиз écrit mes lettres. Il écrit magnifiquement. Et si je vous disais, maman, continua joyeusement Anissime se tournant л'егз Varvara, quel homme c'est que Samorodov, vous ne me croiriez pas. Nous l'appelons tous Mouktar, car c'est une espèce d'Arménien, il est tout noir. Je vois au travers de lui; je connais toutes ses affaires comme mes cinq doigts, maman, et il le sait; aussi il ne fait que me suivre, il ne me quitte pas d'un pas et l'eau même ne nous séparerait pas i. Quoiqu'il me craigne, il ne peut pas viлтe sans moi. Où je vais, il vient aussi. J'ai, maman, l'œil sûr et juste. Je vais au marché aux nippes : je vois un moujik qui vend une chemise : « Arrête, moujik ! c'est une chemise volée. » Et c'est vrai! Çà se trouve ainsi : la chemise a été volée.

— A quoi connais-tu cela ? demanda Varvara.

— A rien, j'ai l'œil. Je ne sais pas quelle chemise il y a là, je sais seulement que quelque chose me tire vers elle ; chemise volée, voilà tout. Chez nous, dans la police, on dit déjà: « Allons, Anissime, va-t-en tirer les bécassines. » Çà veut dire chercher quelque chose de volé. Oui !... Chacun peut voler, mais comment cacher ? La terre est grande et il n'y a pas de place pour cacher quelque chose de volé...

— Dans notre village, chez les Gountorev, dit

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