‹ [Les moujiks;Chapitre 12 sur 26 · Expression proverbiale russe · texte numérisé non relu

Expression proverbiale russe

Л'аг\ага en soupirant, on a volé, la semaine dernière, un mouton et deux agnelles; et personne pour les retrouver... Ah la la la la !

— Eh bien quoi? on peut les ге1гоилег! Ce n'est rien à faire; on le peut.

Le jour du mariag'e arriva. C'était une fraîche, mais claire et joyeuse journée d'avril. Dès le grand matin, on advint en voitures de tous cotés ; les grelots sonnaient aux troikas et aux attelages à deux chevaux; il y avait des rubans de couleurs dans les crinières et aux arcs des brancards. Inquiets de ces arrivées, les freux criaient dans les saules, et, éperdument, sans cesse, les sansonnets chantaient, comme s'ils se fussent réjouis qu'il y eût un mariage chez les Tsyboukine.

Les tables, dans la maison, étaient déjà couvertes de longs poissons, de jambons, d'oiseaux farcis, de boîtes de conserves, de diverses salaisons et marinades, et d'une quantité de bouteilles d'eau-de-vie et de vins; on sentait une odeur de saucisse fumée et de homard gâté. Le vieux passait autour des tables, frappant des talons et aiguisant des couteaux l'un sur l'autre. On appelait sans cesse Varvarapour lui demander quelque chose, et elle, l'air effaré, essoufflée, courait dans la cuisine, où depuis le matin travaillaient le cuisinier de Kostioukov et la cuisinière des Khrymine jeunes. Akssinia, frisée, en corset, sans sa robe, avec

des bottines пеилез qui criaient, volait clans la cour comme un tourbillon ; on ne voyait que ses genoux nus • et sa gorge. On entendait du bruit, des injures et des jurons.

Les passants s'arrêtaient devant les portes grandes ouvertes et on sentait en tout qu'il se préparait quelque chose d'inaccoutumé.

On est parti chercher la fiancée ! annonça- t-on.

Le bruit des grelots au delà du village s'épandait et mourait... A^ers trois heures, les gens se précipitèrent, les grelots tintèrent de nouveau : on amenait la fiancée!

L'église fut pleine: le grand candélabre était allumé ; les chantres, comme l'aAait désiré le vieux Tsyboukine, chantaient sur de la musique imprimée. L'éclat des lumières et des robes voyantes aveuglait Lipa. Il lui semblait que les chantres de leurs voix sonores lui frappaient sur la tête comme avec des marteaux. Le corset^que pour la première fois de sa vie elle mettait, et ses souliers la gênaient. Elle avait l'air de ne revenir que d'un évanouissement, de regarder et de ne pas comprendre. Anissime, en redingote noire, un cordonnet rouge en guise de cravate, songeait, regardant un point fixement. Quand les chantres criaient très fort, il se signait. Son âme était attendrie, il aurait voulu pleurer. Il connaissait cette église dès sa pre-

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