‹ [Les moujiks;Chapitre 7 sur 26 · I. C'est à peu près cinquante centimes · texte numérisé non relu

I. C'est à peu près cinquante centimes

Maria se tenait pour malheureuse et disait qu'elle voudrait bien mourir ; au contraire, Fiokla goûtait la vie qu'elle menait : la misère, la saleté, et les querelles continuelles. Elle mang-eait ce qu'on lui donnait, sans choix, elle dormait là où elle se trouvait, elle versait les rinçures dans le couloir de l'isba, les lançait à travers le seuil, et elle marchait pieds nus dans leurs flaques. Elle avait dès le premier jour détesté Nicolas et Olç^a pour cela principalement que la vie de l'isba ne leur plaisait pas.

— Je veux voir ce que vous pourrez manger ici, nobles de Moscou, leur disait-elle avec une joie mauvaise; je le ver-rai !

Un matin — c'était déjà le commencement de septembre — Fiokla avait remonté de la fontaine deux seaux d'eau. Elle était rose de froid, mais belle et pleine de santé ; Maria et Olga étaient assises à boire du thé.

— Du thé avec du sucre i ! dit Fiokla ironiquement en posant les seaux. Ces dames se sont donné la mode de boire du thé chaque jour. Voyez un peu!...

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