‹ Les Moules Marines des Côtes de France: Leurs SalubritéChapitre 15 sur 35 · ROUE · texte numérisé non relu

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qu'elle en fut la cause et encore moins le moyen decombattre cette maladie. Elle ne fut jamais signalée sur les côtes de France.

La moule a ses amis, et ses ennemis contre lesquels, sans armes, elle doit lutter passivement.

Voici d’abord ses amis : «les pinnothères » Pinnothères pisum, ce petit crabe de forme ronde est de la grosseur d’un petit pois. On lui attribuait l’action toxique des moules dans certaines circonstances ; nous verrons plus loin à réfuter cette vieille opinion populaire. On a aussi prêté à cet animalicule un esprit de reconnaissance envers son hôte bénévole : le pinnothère l’avertirait des . dangers ; à la vue d’un ennemi, il pincerait la moule pour l’obliger à se fermer. On a voulu encore donner au pinnothère le rôle de trieur d’aliments : il garderait pour lui les matières animales et donnerait à la moule les matières végétales dont elle serait plus friande. Tout ceci est dû à l'esprit populäire en quête de belles histoires, mais des expériences de M. H. Compin ont montré que le pinnothère et la moule se nourrisssent d’aliments identiques. Le pinnothère et la moule vivent en commensaux. Cependant M. Dupain fait observer que les moules contenant des pinnothères sont toujours plus maigres.

La coquille de la moule sert de support à de petits crustacés, les balanes qui sont souvent prises par « les baigneurs » pour de petites huîtres. Ces balanes ont une coquille tronc-conique, ouverte aux deux bases ; à l’intérieur, entre deux lames verticales, se trouve le corps de l'animal avec ses longues pattes recourbées. Quand la mer le recouvre, il sort ses pattes à la façon du bernard-l’ermite. Sans importance pour la vie de la moule, les balanes sont les ennemis du mytiliculteur. On les trouve sur les moules de 18 à 24 mois. Ces crustacés apportent un préjudice pour la vente par l’aspect qu'ils donnent aux moules qui sont dites « sales », en

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augmentant le poids et le volume au déficit de l’acheteur. Si le grattage pour nettoyer les coquilles est facile, il n’en est pas moins long. |

Les balanes, encore appelées « glands de mer », se fixent également sur le bois, sur les supports des moules où elles prennent beaucoup de place; ils alourdissent inutilement les bateaux des mytiliculteurs. Aussi, existet-il un règlement interdisant aux pêcheurs de faire le nettoyage des moules sur les lieux de pêche pour ne pas retourner à la mer ces crustacés inoffensifs à la moule mais causant des ennuis aux éleveurs.

Sur la coquille de la moule, principalement sur la moule de la Méditerranée, on trouve fixés des vers appartenant au genre serpule. Ils sillonnent extérieurement et en relief les valves de leurs tubes calcaires à sections triangulaires. Ce tube est leur maison ; ils s’y cachent dès qu'ils sentent le moindre danger. Les serpules ont de nombreuses variétés. Dépouillées de leur tube protecteur ou observées dans une eau tranquille, elles présentent sur leur tête une masse globuleuse qui sert à excréter le calcaire pour bâtir le long tuyau qu'elles habitent. Le corps de ces vers est richement nuancé : jaune, vert, bleu, orange, brun, véritable palette aux plus pures couleurs comme en sont dotés de si nombreux animaux marins. Mais balanes et serpules ont le gros inconvénient de se décomposer très vite hors de l’eau dans les paniers d’expéditions, même par temps doux.

Enfin, divers autres coquillages peuvent prendre appui sur la coquille de la moule sans mettre sa vie en danger.

La moule, cependant, a bien des ennemis. Comme l’huître, elle doit redouter l’estomac des étoiles de mer. Toutes les astéries se nourrissent de mollusques et les moules ne font pas exception. C’est l’astérie la plus commune Asteracanthium rubens qui fait le plus de

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ravages. Elle procède comme pour ingérer l’huître. Avec ses rayons, elle maintient la coquille ouverte et elle couvre le corps de la moule avec son estomac qu'elle renverse ; elle digère sur place. Des recherches, entreprises aux Etats-Unis par Louise Palmer, et mises en application en France par MM. Borde et Sigalas, ont donné des résultats efficaces pour la destruction des étoiles de mer. Un mytiliculteur a mis en pratique la méthode avec succès. On jette à la mer une solution

diluée . à ee de sulfate de cuivre. Pratiquement un gramme de sulfate de cuivre par mètre carré suffit à détruire les astéries qui restent sur ces lieux pendant trois heures. A L'huître portugaise Griphea angulata et la moule ne semblent pas pouvoir vivre l’une près de l’autre sans préjudice. Les naissains, plus particulièrement, se gênent. Ils se volent place et nourriture. Cette incompatibilité en fait presque des ennemis, fait que redoutent encore plus les ostréiculteurs que les mytiliculteurs. Voici un poisson qui ravage les parcs à huîtres et les élevages de moules : le Pastenague trygon ou Terre. Ce poisson est assez semblable à la raie commune ; il présente plusieurs variétés. La queue longue, grêle, est armée de un ou deux aiguillons ou dards barbelés. Il s’en sert pour broyer les coquilles et dévorer les moules. Ce sont toujours les plus grosses qu’il choisit. Il fait cela principalement en juin et en juillet. Normalement, cet animai tient son aiguillon couché, mais s’il est attaqué, il le relève rapidement et, se servant alors de sa queue à la façon d’un fouet, il le darde avec la rapidité d’une flèche. Les blessures sont venimeuses disent les marins ; elles contiennent du « vrin ». Sans contenir du venin, les plaies suppurent souvent parce qu’elles sont profondes, étroites et que la chair est sciée. Les mytiliculteurs pro-

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tègent les moules à la façon des ostréiculteurs, avec des barrières de branchages ou mieux avec des fils de fer tendus horizontalement.

La moule possède des ennemis dans une autre classe : celle des oiseaux. Les macreuses ou canards macreux (Anas nigra) (Oidemia nigra nigra). Ces petits canards émigrent du Nord. Ce sont de parfaits plongeurs. En hiver, ils descendent sur les côtes de France, d’Espagne, pour passer même en Méditerranée. Ces oiseaux s’attaquent aux jeunes moules dont ils sont friands.

Les cravans ou oies de Sibérie (Anser brenta, Brenta bernicla, Tosquata ou Bernache à collier). Ces oïes sauvages sont petites, globuleuses, à tête, cou et poitrine noirs. Elles portent une trace de collier blanc; le reste du corps est gris tacheté. Elles nous viennent du Nord de l’Europe et de l’Asie. Elles pondent au Spitzberg.

En hiver, elles descendent jusque sur les côtes du Portugal. Elles s’attaquent aussi aux petites moules.

Enfin, de très nombreuses espèces aquatiques mariti- * mes mangent les petites moules, en particulier l’huîtrier pie ou pie de mer, Hoematopus ostralegus. D'ailleurs, l’histoire de la culture des moules est intimement liée avec la chasse des oiseaux. Le premier homme qui, incidemment, découvrit la culture de la moule fut un chasseur, Walton, dont nous allons bientôt conter l’histoire.

MOULIÈRES NATURELLES MYTILICULTURE

Assurément, bien des siècles avant Walton, l’homme mangeait des moules. Ces moules, il les ramassait sur les bancs naturels que les marées laissaient à découvert sur les côtes. Les moules nous sont venues des pays nordiques. Peu à peu, elles ont envahi les côtes des Pays- Bas, de l’Angleterre, pour arriver en France. Existentelles depuis longtemps en Méditerranée ?

Les gisements naturels ou moulières naturelles ont été particulièrement bien décrits et situés, dans plusieurs articles publiés dans la Revue Ostréiculture, cultures marttimes, par le Docteur Lambert, inspecteur général du Contrôle sanitaire à l'Office scientifique des Pêches maritimes, membre du Conseil supérieur des Pêches. Nous ne citerons que les plus importantes. Il ne serait même pas possible d'établir une carte de nos côtes avec ces gisements qui peuvent disparaître ou se créer en un très court espace de temps. ù |

Si les moules sont abondantes sur toutes nos côtes, elles y sont assez inégalement réparties. La raison principale est la grande variété géologique de ces côtes. Nos côtes mêmes n’ont pas toujours un contour stable. Rien n’est plus varié et plus instable que la mer.

Dans les moulières naturelles, la qualité des moules est très variable, suivant les lieux et les conditions de vie. Certaines moulières ne sont utilisées que pour fumer ou, en certains endroits, ces moules sont ramassées pour servir d’appâts pour la pêche.

LÉLATIES

Quand la moulière se découvre à certaines marées, la pêche est faite par les pêcheurs à pied. Ils sont munis d’un couteau, d’une fourche, d’une pelle, d’un croc, d’un râteau ou d’une drague. En Méditerranée, les instruments sont : la grappe, la grapette, le ganguis, les radasses, le salabre, la clovissière. Quand les bancs ne découvrent pas, on les exploite en bateau, au moyen de dragues, Il en est toujours ainsi pour les banes qui ne découvrent pas, parce qu’en eau trop profonde, ou situés dans une mer sans marée.

On avait estimé le nombre des pêcheurs à une dizaine de mille. Le nombre des hectolitres récoltés par are est aussi Variable que la richesse des gisements ; il aurait assez fortement diminué depuis la guerre et oscille maintenant entre 130.000 et 230.000 (Docteur Lambert) pour les gisements classés. Une des causes principales de cet appauvrissement serait « l’exploitation irraisonnée »; les pêcheurs ne protégent pas les petites moules, les écrasent en prenant les grosses : « ces artisans de leur propre misère font le jeu de l'étranger ».

Une moulière naturelle est-elle découverte qu’elle est aussitôt classée par les soins de l'Office des pêches et de la marine. Les pêcheurs peuvent l’exploiter toute l’année, si le gisement est abondant. |

Comme nous l’avions déjà vu, on ne trouve pas de moules sur les côtes basses et sableuses. Dans la mer du Nord, on ne trouve les moules que sur des supports artificiels. Après Calais, sur les hautes falaises calcaires parfaitement solides, battues constamment par les flots, on trouve d’abondantes moulières naturelles : Boulogne en a de réputées : les meilleures de France (Equihen).

La pêche en est réglementée mais le manque de sanctions rendrait les arrêtés inefficaces. à

Au sud de l'embouchure de la Somme, un gisement

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de moules des plus estimé, les Cayeux, a complètement disparu. Dans le Nord-Ouest, dans toute la Normandie, on parle encore du « Caïeu » pour désigner la grosse moule. Mais, à ces Caïeux de si grande réputation, font place des moules fermes, un peu coriaces et à goût âcre :

Bateau dragueur de moules (Cliché Lambert)

« La cancale des moules ». Au pied des falaises crayeuses du Tréport, les moulières sont nombreuses. À Dieppe, la pêche au couteau est la seule autorisée.

La côte du Calvados et la côte du Cotentin ne seraient qu'une seule et immense moulière interrompue parfois par des plages sableuses (le banc du Râtier a 24 hectares de superficie). Elle repose sur un fond de cailloux et de sables envasés.

Le Docteur Lambert qui a assisté à la pêche sur les bancs exploités par des marins de Honfleur, a vu une femme cueillir au couteau cent moules à la minute.

Ces moules sont vendues par sac de 18 kilogrammes, appelé « boyau ».

Sur la côte Ouest du Cotentin, de très petits gisements sont exploités pour la consommation régionale.

Nous voici sur les côtes bretonnes ; les roches cristallines et de granit sont balayées par la mer. Sur ces rochers solides, nous trouvons de petites moulières en très grand nombre ; malheureusement, ces moules sont de peu de valeur. Elles sont plus abondantes sur la côte du Nord, dans les environs de Morlaix : baie de Saint-Pol (fabrication d’appâts pour la pêche).

Sur la côte Ouest, elles garnissent les roches, mais parfois les courants y sont trop violents. Dans la rade de Brest, quoique bien abritées les moules sont rares. Une vaste moulière se trouve à l'embouchure de l’Aulne (4 km.), moules de Trevarjan. La moule et l’huftre habiteraient cette région sans trop se nuire. Ensuite, irrégulièrement réparties, les moules sont plus ou moins grosses suivant le lieu. Dans la baie de Douarnenez, 1l en est peu et elles sont petites ; d’après Guérin Ganivet, le substratum schisteux serait la principale cause. Tout autre est la côte Nord d’Audierne et l’archipel de Sein. Plus près de Concarneau, à la pointe Trévignon, à l’île aux Moutons, de très riches moulières sont peu exploitées; on y trouve une variété de Mytilus edulis atteignant les proportions de la Gallo-provincialis (Æem).

A l'embouchure de la «rivière de Quimperlé » «FEI » se trouve un gisement de 10 héctares, sur un fond de sables vaseux. La côte Ouest de l’île de Groix en est couverte. Dans le golfe de Lorient où débouchent le Ter, le Scorff et le Blavet, on trouve trois moulières. A l’intérieur de la baie de l’Etel, il y a un gisement riche en belles et bonnes moules, dont le naissain cause quelques

dommages aux ostréiculteurs régionaux.

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Entre l’Etel et le Fort-de-Penthièvre sont les grosses moules de Rouelan. La presqu'île de Quiberon est tapissée, sur sa côte Ouest, de moules de petite taille. Le chapelet des petites îles possède de grosses moules. Très peu nombreuses dans le golfe du Morbihan, elles sont systématiquement détruites à l'embouchure de la rivière d’Auray ; sur les rochers de la rade de Penerf les gisements sont abondants. L’embouchure de la Vilaine en est flanquée (moules de Billiers). (Ces moules sont les moules perlières souvent parasitées par le Gymnocephalus d’Hamonville).

De l'embouchure de la Vilaine à l’embouchure de la Loire, les moulières sont nombreuses et productives sur une côte schisto-granulitique. Elles servent surtout, comme nous le verrons, à donner le naïissain aux mytiliculteurs du Croisic. Les moules y sont en général petites. . Les principales moulières sont : Loscolo, Roches de la pointe du Bile, Trait de Mesquer, Piriac, La Balise du trait du Croisic, de l’entrée du port du Pouliguen, de la Baule à Saint-Nazaire, de l’entrée de la Loire.

Dans toutes les moulières sur cette partie-de la côte, les astéries sont innombrables et font les plus grands ravages.

La côte Sud de l'embouchure de la Loire est riche en moulières naturelles sur des roches éruptives : Fort-de- Mindin, Saint-Brévin-les-Pins, Pointe du Pointeau, les Rochelets, Côte de Saint-Michel Chef-Chef, Bourgneuf en Retz. Les moules y sont de grosseur moyenne et sont exploitées et souvent dévastées pour la consommation et l’agriculture. Dans le goulet de Fromentine, entre la terre et l’île de Noirmoutier, est une vaste moulière qui occupe 560 hectares ; ces moules sont expédiées pour la consommation sur Nantes, et les plus petites sont récoltées par les mytiliculteurs du Croisic où une petite flotte est armée dans le but de la pêche et du transport.

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De Fromentine à la baie de l’Aiguillon, les étendues sableuses l’emportent de beaucoup. De temps à autre, quelques roches schisto-granulitiques, « côte sauvage », servent de support aux moules. Parmi les plus grands bancs, nous citerons ceux du Pilours, au Nord de l’embouchure de la Vie qui alimentent les parcs de Croix-de- Vie (ceux de la Gachère sont de nos jours ruinés), de Saint-Vincent-sur-Jard. A l’île d’Yeu, au Sud-Ouest, ! une seule baie abritée sur la côte rocheuse porphyrique tant battue par les flots, donne refuge à quelques bancs qui suffisent à la consommation islaise.

Dans la baie de l’Aïguillon, les petites moules sont captées par les boucholeurs et les bancs naturels y sont nombreux, mais très petits.

L’Ile-de-Ré a de vastes moulières ; leurs produits sont de très faibles valeurs, de même ceux de l’île d’Aix.

De La Rochelle à Marennes, gênant l’ostréiculture, se trouvent quelques amas de petites moules disséminés parmi les huîtres portugaises.

Au Sud de la Gironde, jusqu'aux roches des Basses- Pyrénées, le long ruban sableux de la côte d’Argent élimine les moulières. Puis, sur la côte rocheuse de Biarritz, de la Pointe Sainte-Anne, les moules sont abondantes, très grosses, rappelant de très près les Gallo-provin- GLQUES Eu Lou

Avec la Méditerranée, la moule change de « Variété » (Joubin). Nous avonS déjà donné les caractères de l'espèce Mytilus gallo-provincialis.

A Port-Vendres, les algues calcaires qui forment les « trottoirs » sont enchevêtrées avec les moules, sur les rochers. Les moules sont surtout abondantes dans l’embouchure de l'Hérault, Agde, dans les étangs salés : Thau Berre ; dans'le port de Sète même, on trouve de riches gisements.

Les « moules de roches » de Marseille sont pêchées sur

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les rochers du golfe, de même dans la rade de Toulon. A l'Est de Toulon et sur les côtes de la Corse, les moulières sont rares.

Nous résumerons cette énumération des principales moulières naturelles des côtes de France, en remarquant que les conditions de vie de la moule sont liées à la géolo- gie du sol. Nos côtes qui sont surtout des côtes rocheuses et découpées, sont, comme nous l’avons vu, riches en gisements naturels. Elles seraient encore plus riches sj leur exploitation en était très sévèrement réglée.

Nous allons d’ailleurs donner les principaux règlements prévus pour l’exploitation des moulières naturelles.

Les gisements naturels des moules sont soumis à des dispositions administratives qui sont applicables à la pêche et à l’élevage de tous les coquillages, sur les gisements situés à moins de trois mille des côtes françaises. Les gisements sont dits « classés » et « non classés » quand ils sont où non régis par un règlement administratif et seuls, les bancs « classés » sont autorisés à être pêchés.

Nous empruntons à M. Dufour, administrateur de l’Inscription maritime, un résumé des dispositions administratives.

19 Mesures préalables à l'ouverture de la pêche.

Chaque année, à des époques déterminées par le règlement, une Commission spéciale comprenant l'Administrateur ou son délégué, Président, l’Inspecteur des pêches, un patron pêcheur, un ostréiculteur, un mytiliculteur (ces deux derniers désignés par le directeur de l’Inscription maritime), un garde-juré, examine l’état de prospérité des bancs naturels, indique ceux pouvant être ouverts à l’exploitation, le nombre de jours pendant lequel la pêche sera permise et le nombre de bateaux à y employer ; signale les gisements où l'exploitation doit être interdite pour former une réserve.

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La Commission fournit. un rapport dans lequel sont précisés les amers permettant de délimiter les bancs. L’Administrateur transmet ce rapport avec son opinion personnelle, ainsi qu’un projet d'arrêté au Directeur de l’Inscription maritime.

Sont en outre fixés sur l'arrêté :

les catégories de pêcheurs qui sont admis à l’exploitation des gisements (à pied, en bateau) ;

les engins qui devront être utilisés (couteau, râteau, drague, etc.). |

Cet arrêté, après approbation du Ministre, est publié par affiches. Ù

29 Exercice de la péche.

Les pêcheurs doivent se conformer aux ordres qui leur sont donnés par les agents de la surveillance des pêches. Ils sont tenus d’effectuer sur les lieux de pêche le-triage des coquillages n’ayant pas la dimension réglementaire prévue.

Toute infraction aux arrêtés du Directeur fait donner lieu à des sanctions judiciaires.

3° Le Contrôle sanitaire.

Il n’existe que pour les gisements d’huîtres.

Voici une grave lacune qui offre aux consommateurs de moules un réel danger.

Ces vastes et innombrables gisements ne donnent pas des fruits toujours agréables à consommer aussitôt la pêche. Il en est dont les moules toujours petites, maigres, difficiles à ramasser parce que mélangées à des Fucus, ne peuvent servir qu'à l’agriculteur ; de même, les gisements situés en des endroits trop insalubres et que la Commission se refuse à classer pour la consommation. D'autres moulières offrent des fruits en paquets très serrés, ne profitant pas, parce que manquant de nourriture; ces moules sont le plus couramment utilisées pour être mises en culture, véritable élevage à l’engrais.

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La culture de la moule est faite de deux façons parfaitement distinctes : la culture à plat, la culture en suspension. ;

C’est surtout pour la culture à plat que l’on pêche certains gisements naturels. Le procédé d’élevage est simple, peu coûteux et donnant assez peu de peine ; les résultats en sont heureux et rapides ; mais si la moule change de goût, devient plus savoureuse, plus grasse, moins coriace que la moule sauvage, dite « de rocher » elle n’atteint pas la finesse de goût des moules cultivées en suspension. Au point de vue salubrité, ces dernières n’offrent pas, de toute évidence, les mêmes possibilités de contamination par les matières organiques quelles qu’elles soient, qui toujours ont tendance à se déposer et s’amasser sur les fonds.

Les mytiliculteurs font la pêche des petites moules soit en bateau, soit à pied, suivant l’arrêté prévu pour l'exploitation des gisements naturels. Les moules sont prises par paquets : c’est le ramassage du naissain.

Les mytiliculteurs ont préparé sur un fond sablovaseux, dans un endroit abrité des grands courants, des fortes vagues, du vent, dans les baies et assez près de l'embouchure d’une rivière des emplacements concessionnés : les parcs. Le voisinage de la rivière donne le « doucain » si favorable à la moule par son apport en alimentation diatomique et organique. Quand il se compose de moitié d’eau salée et d’eau douce, les principaux ennemis des moules, les astéries, ne sont plus à craindre.

Sur ces. parcs, les mytiliculteurs transportent le naissain qu'ils étalent soigneusement avec une fourche au moment de la marée basse, car le parc a été choisi à telle hauteur que chaque marée puisse le découvrir. La moule restera là jusqu’à son âge adulte, c’est-à-dire jusqu’à deux ans tout au plus. D'ailleurs, le plus souvent les mytiliculteurs réduisent ce séjour pour faire place à

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une nouvelle génération et ainsi renouveler leur capital.

Les frais ne sont pas élevés, il suffit de protéger les parc ::

19 des ennemis, en particulier des astéries qui y font d’assez gros ravages. On les détruit en les ramassant assez souvent ou en jetant de temps à autre un gramme de sulfate de cuivre par mèêtre carré ; |

20 des tempéles, en établissant des parcs abrités naturellement ou artificiellement par des digues. On ne peut pas toujours éviter aux parcs d’être complètement balayés par les tempêtes. Celles-ci peuvent enlever les moules ou les recouvrir de sable ou de vase, Ce danger est d’autant plus grand que les moules ne peuvent pas se fixer sur les fonds plats et mous des parcs et que, là, elles n’utilisent leur byssus que pour se fixer les unes aux autres, par pétits paquets.

En dehors de toute tempête, les dépôts de matériaux d’autant plus nombreux que les parcs sont près des rivières, recouvrent peu à peu les moules dans les parcs. Il faut alors les sortir de la vase, les « biner », les remettre en surface. Il faut surveiller la propreté des parcs qui peuvent être souillés par des débris organiques échoués aux basses eaux.

En résumé, cet élevage, qui n’est pas coûteux, demande une grande attention si l’on veut avoir un rendement parfait. Au point de vue hygiénique, cette méthode est assez défectueuse. Un parc situé dans un milieu insalubre, la présence de débris organiques abondants, la vase elle-même, sont autant de graves dangers dont un mytiliculteur inconscient, non averti, négligent, peut se rendre coupable.

Quand l'inspection des moules sera loi, l'élevage à plat sera « la bête noire » de l’inspection, et souvent, il faudra frapper cette méthode d'élevage mytilicole.

Le Docteur Lambert croit que la culture à plat est

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