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des verdelles d’osier. Dans les branches de tamarin, il loge le naissain. Les termes : « catin, catinnage, catiner » semblent venir d’une vieille expression du terroir qui signifie « poupée en chiffon ficelée et sans forme: ». Fabriquer une catin, c’est faire une poupée. Le boucholeur habille son pieu en quelque sorte comme on fait une catin.
Le rendement des bouchots à catinage est bien moindre car la surface de culture est très réduite. |
Il est encore une autre sorte de bouchot : sur pieux nus. Un de ses plus gros inconvénients, c’est la fixation du naissain. Le boucholeur s'efforce de le fixer en spirale autour des pieux, au moyen d’une ficelle. C’est un travail de patience et souvent infructueux.
Après deux marées le naïissain est considéré comme fixé. Mais il n’en faut pas plus à la mer pour l’emporter entre temps. /N'a-t-on pas suggéré l’idée d’une colle qui le fixerait solidement et rapidement aux clayonnages, aux catins ou aux pieux nus ?
Sur la rive gauche de la Sèvre Niortaise qui apporte avec le Lay l’eau douce dans la baïe de l’Aïguillon, l’exploitation des bouchots ne diffère pas, mais l’épaisseur de la vase étant plus grande, l’utilisation de l’acon est absolument indispensable.
Les tamarinières sont remplacées. par des caisses à claire voie, en bois de châtaigner ou de sapin, élevées à un mètre du sol environ sur des pieux. Ces caisses ont 4 mètres de long. Ces sortes de viviers, réserves de moules, sont nommées «arches ». Elles sont concessionnées comme les tamarinières.
Au Sud de La Rochelle, ce sont les bouchots à catin qui offrent moins de résistance à la mer, qui sont le plus en faveur.
On imagina une transformation possible des bouchots à clayonnages verticaux : les bouchots horizontaux.
L'idée en revint aux frères Provost quelques années avant la Grande Guerre. Dans le traict de Pen-Bé, ils disposèrent dans leur concession des claies horizontales, plateaux clayonnés suspendus parallèlement au sol. Le principe fut admis par la marine en 1914. |
Les moules étaient disposées sur ces tabliers comme pour la culture à plat dans les parcs.
En voici l'installation : l'emplacement doit être perpendiculaire au courant. Des pieux sont enfoncés sur deux ou trois lignes à O0 m. 80 les uns des autres, ils ne dépassent pas la surface du sol de plus de 1 m. 30. Les tringles inférieures, en bois, qui vont supporter les fascines, sont au moins à 0 m. 40 du sol ; on peut placer le nombre d’étages que l’on veut.
Les avantages devaient être très grands dans la pensée des inventeurs : avantages de la culture à plat qui donnerait une croissance plus rapide, et avantage des bou-
chots, suppression du contact avec la vase et enlise-
ment impossible.
Mais les inconvénients l’emportèrent : la vase agglomérée par l’excrétion des moules, mêlée à leur byssus,
rend bientôt le clayonnage imperméable à l’eau. Les
amas de déjection donnent rapidement une élévation de terrain parce que l’eau, circulant mal sous le clayonnage, ne peut pas les balayer.
Ces bouchots horizontaux des frères Provost furent voués à l’insuccès.
Le boucholeur a ses ennemis qui sont d’abord ceux de sa récolte auxquels s'ajoutent le taret et le bout rouge. Le taret Toredo ou ver de vaisseau est un mollusque acéphale. Il vit dans tous les bois submergés qu’il envahit en colonies. Quelle que soit l’essence du bois, il y creuse ses galeries, surtout dans les sens des fibres. Chaque taret a son propre sillon ; dès qu’il rencontre celui d’un voisin, il l’évite et les multiples sillons ne communiquent
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jamais entre eux. Leurs mœurs furent très bien étudiées par le zoologiste de Quatrefages. Il rapporte que ces ennemis des boucholeurs se seraient rendus capables de couler une barque en quatre mois ! Il leur incombe même le sombrage de vaisseaux. « Au XVIIIe siècle, la moitié de La Hollande faillit être envahie par les flots parce que les pilotis de toutes ses digues étaient mordus, troués et déchiquetés par les tarets … des millions des caisses publiques durent être dépensés en toute hâte. On juge le mal que peut faire ce petit animal marin, dans les bouchots ; si les gros pieux doivent être si souvent remplacés, c’est grâce à l’action de cet indésirable mollusque.
L'animal creuse sa galerie, avec une régularité parfaite, non pas avec sa coquille mais grâce à une secrétion liquide « véritable dissolvant du bois ». L'eau pénétre alors dans toutes ces galeries, autant de surfaces soumises à l’action de l’eau. Les tarets ne se nourrissent que de bois rapé.
On a cherché divers moyens pour se débarrasser de cet ennemi. Il n’aime pas l’oxyde de fer. Il respecte les bois qui en sont imprégnés. On a suggéré alors d’enfoncer dans les bois qui sont immergés des clous à grosse tête. Ce procédé n’est pas en faveur dans les bouchots.
Le bout rouge ou Cul rouge est une actinie rouge commune sur les côtes de France. Cette anémone de mer est vivipare : Actinia equina; celle-ci vit fixée temporairement sur les bois des bouchots à la partie inférieure des pieux, le plus souvent. Cet animal, est parsemé de cellules urticantes, surtout au bout de ses tentacules. Le boucholeur dont la main par mégarde, est entrée en contact avec les cellules venimeuses-nématocytes, ne tarde pas à ressentir dans la région souillée une vive brûlure et un prurit insupportable. S'il avait
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porté ses mains à ses yeux, il serait atteint d’une conjonctivite douloureuse avec chémosis.
Le boucholeur écrase sur place les bouts rouges tandis qu'il doit rentrer au port les bois en partie détruits qui contiennent encore des tarets. Il faut remplacer ces bois perdus par du bois neuf et comme il n’y a dans le pays que des tamarins, on fait venir des pieux de pin ou de sapin des forêts charentaises et du châtaigner pour les fascines des châtaigneraies qui coiffent le haut bocage ‘ vendéen.
Le problème de la mytiliculture en Méditerranée s’est posé d’une façon différente : il fallait un système pour remplacer les marées qui permettent les manipulations et la récolte.
C’est à cela que l’on doit l’absence de mytiliculture en Méditerranée jusqu’au début du siècle dernier. La mer était stable, il fallait songer à un système pour lever les bouchots au-dessus de l’eau, afin de pouvoir y tra- vailler et non, comme on le pensait avant les travaux de Tamaris-sur-Mer en 1913, par le physiologiste Marchand, pour la nécessité d’un meilleur engraissement. Le glycogène est toujours en plus grande partie dans les moules ne subissant pas la mise à l’air ; mais la moule s’habitue aux marées et, après un certain temps d’accoutumance, la différence est bien moins sensible. Un premier essai en 1879 dans la rade de Toulon, démontra indéniablement les avantages de la culture. Les moules triplèrent leur poids en trois mois. Les pieux des bouchots de l’Aiguillon étaient remplacés par des cordes horizontales, les branches de catinage par des planchettes et les verdelles en osier par du fil de fer galvanisé.
En 1848, à Port-de Bouc, nous rapporte le Docteur Lambert, Vidal construisit des bouchots à clayonnages
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verticaux, mais dont les pieux extrêmes étaient faits en glissière, et le bouchot se soulevait verticalement : sorte de cadre clayonné que l’on tirait avec des cordes.
Au début du siècle dernier, on essaya les parcs d’élevage sur radeau flottant. C’étaient plus des réserves que des parcs d'élevage. Aujourd’hui, seul, l'élevage sur cordes est pratiqué. Les cordes, en fibres de coco, tendues horizontalement, sont attachées à des poutres non immergées, horizontales, mais en direction perpendiculaire aux cordes.
C’est en juillet-août que l’on tend les cordes à naïssain. Elles se recouvrent d’abord d’une algue (Ulva lactuca) puis en septembre, de petites moules. Quand le naissain est assez gros, le mytiliculteur le ramasse, le trie en trois catégories. Les moules sont nettoyées et placées dans des gouttières ; on entoure la corde de ces gouttières (1 m. 50 de long) et on recouvre avec un treillage. Les cordes ainsi chargées sont mises à l’eau et, après trois ou six jours, suivant la saison, on enlève treillage et gouttières. Les moules sont fixées par leur byssus. Comme sur les bouchots de l’Atlantique, les moules se vendent âgées de 15 à 24 mois; leur taille marchande est plus grande (6 à 7 cm,) puisqu'il s’agit de Gallo-provincialis.
Les moules qui sont déjà grosses ne sont pas mises : en gouttières, on les laisse se grouper en paquets dans des casiers et on enfile ensuite ces paquets en chapelets, les chapelets sont fixés à la grosse corde de coco.
Parfois aussi, on place les petites moules dans des poches en filet (les pocs de l’Aïguillon), et on attache ces poches aux cordes.
Les cordes sont baignées à une profondeur variant de 60 em. de la surface à un mètre du fond.
Pour détruire les algues et les commensaux pélagiques qui pourraient gêner les mollusques, on expose les cordes quelques instants au soleil de temps à autre.
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A Marseille, pas d’appareil fixe. Les cordes sont attachées à des radeaux.
La mytiliculture est prospère en Méditerranée, trop même, car-c'est souvent dans des lieux insalubres que sont placés les élevages, et l'Office des Pêches a fort à faire pour la surveillance. De nombreux éleveurs méridionaux se sont installés, sans concession, sans autorisation, sur le domaine public maritime, dans des zones interdites à la pêche. La suppression des établissements insalubres à été partout décidée à trois reprises différentes : 1923, 1925 et 1933.
Nous verrons bientôt ce qu’il en est.