Ictère catarrhale bénin
La sensibilité du sujet peut être circonstancielle ou permanente. Son origine peut être héréditaire, familiale. C’est ainsi que diverses personnes mangeant des moules provenant du lieu même, pourront être intoxiquées à divers degrés ou même ne pas l’être du tout. On a interprété et discuté différemment ces phénomènes et on a souvent incriminé des moules toxiques ayant vécu parmi des moules saines. Les belles expériences des Professeurs Richet et Portier sur les thalasso-congestines sont venues nous éclairer sur ce fait.
Dans les accidents bénins d’urticaire, le foie de l’individu aura une première fois laissé passer une toxine albuminoïde, chaque fois que la même toxine sera en
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présence des humeurs du même individu, il ÿ aura choc. anaphylactique qui, si la toxine est à dose très faible, se traduit par de l’urticaire. Les aphories sont heureusement nombreuses.
La gastro- -entérite provoquée par l’ingestion de
Lavage des moules avant l'expédition près des arches (Marsilly)
moules est due au terrain le plus souvent. Le sujet peut être prédisposé, le terrain peut être préparé par divers. aliments. Enfin les moules pourront apporter avec elles des colibacilles en grande quantité qui provoquent une irritation intestinale. L’ictère catarrhal bénin est rare ; on l’explique par une manifestation anaphylactique. Il est facile de diagnostiquer rapidement s’il s’agit d’un grave accident ou d’un accident bénin. Les symptômes observés dans les grandes intoxications peuvent se résumer ainsi : toutes les personnes qui ont mangé des mou-
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les sont atteintes. Trois ou quatre heures après le repas, toutes les personnes sont prises d’un malaise extrême, vertige, coliques, nausées.
Ceux qui vomissent de suite, abondamment, se remettent vite.
Au début, le malade est nerveux ; il éprouve le besoin de se mouvoir, il gesticule, se sent les membres légers. Ses mouvements rappellent, d’après Netter et Ribadeau- Dumas, qui étudièrent les accidents mortels de Calais en 1907, les mouvements d’un homme ivre. Cette phase passe rapidement pour faire place à la phase paralytique. Conservant la connaissance, le malade ressent une grande fatigue, une adynamie extrême. Il y a souvent de la diarrhée et jamais d’éruption cutanée.
Tous les animaux (chien chat, poule) qui ont mangé des moules de même origine meurent en quelques minutes.
Les petites intoxications ont la symptomatologie suivante : une ou deux personnes seulement parmi celles qui ont mangé des moules sont malades.
Dans l’urticaire, deux ou trois heures après l’ingestion,
le signe pathognomonique est l’apparition -d’un exanthème prurigineux sur une ou diverses parties du corps. L’érithème est œdémateux surtout sur le corps. Parfois, cette forme est accompagnée de malaises, de vertiges allant jusqu’à la syncope, d’une légère fièvre avec ses conséquences. Parfois encore, il peut y avoir de l’anxiété épigastrique, des vomissements, de la diarrhée.
Dans les accidents anaphylactiques, le pronostic n’est jamais sombre car les cas mortels sont très rares.
La quantité de moules ingérée peut être faible. Un médecin a signalé la présence d’urticaire chez un enfant quand sa nourrice mangeait des moules.
L’infection gastro-intestinale, la Doctoresse Gaumont la résume sous trois formes classiques :
LE Obs
Une forme gastrique, dite de Husemann, avec vomissements bilieux puis hématémèses abondantes avec mélena. Dans un cas mortel, le Professeur Boinet, en 1911, signale de l’adynamie. La mort survint après plusieurs jours. Les cas graves sont extrêmement rares.
La forme dysentérique, avec ténesme, diarrhée peu abondante, glaireuse et sanguinolente, des vomissements, de la fièvre, parfois des rougeurs sur la peau et des douleurs au niveau des amygdales.
La forme cholérique : son incubation est de 10 heures : violentes douleurs abdominales, diarrhée, vomissements, vertiges, tendance au refroidissement.
Le pronostic est plus grave généralement.
L'ictère catarrhal bénin est encore plus rare. Deux à trois heures après l’ingestion, le sujet présente de l’ictère, des vomissements, des vertiges, des sueurs abondantes, de la bradycardie et de la bilirubinurie. Le foie est gros et douloureux. Le Professeur Boinet en 1911, à Marseille, signale un cas d’ictère mytilitoxique qui fut mortel. La victime, aide chez un mytiliculteur, se nourrissait surtout de moules crues ; après une ingestion de 1 kgr. de cet animal sur les lieux de pêche, il tombe évanoui ; rapidement après ce prodrome, l’ictère apparaît mais accompagné de la forme gastro-intestinale et exanthémateuse. La mort survint après les symptomes adynamiques.
Voici les traitements qui furent préconisés dans les cas d'intoxication par les moules :
Dechambre, en 1876, indique contre « la maladie des moules » un vomitif si les accidents sont récents et un laxatif s’ils datent de plusieurs heures. Donner en boisson de l’eau acidulée, de l’eau vinaigrée a la meilleure réputation. Si le malade est en état de collapsus, il faut administrer des infusions chaudes de thé, de café additionnée de rhum, d’eau-de-vie, de teinture de cannelle, d'esprit