‹ Les Moules Marines des Côtes de France: Leurs SalubritéChapitre 33 sur 35 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Nous ne saurions trop rendre hommage à l’O.S.T.P.M., à ses inspecteurs régionaux dévoués et consciencieux dont le labeur est trop ignoré et trop souvent mésestimé.

Quand l'inspection de tous les mollusques sera devenue légale, il faudra mieux protéger cet organisme défenseur de l'hygiène et augmenter considérablement ses agents et leurs pouvoirs.

Que deviendra le rôle du vétérinaire ? Il a des pouvoirs dont il doit user : inspecteur des denrées alimentaires d’origine animale, il doit inspecter tous les mollusques comme les poissons et la viande. Mais avec les étiquettes . de salubrité qui devront être rendues obligatoires pour tous les coquillages, sa tâche se trouvera considérablement facilitée. Nous avons vu pour l’instant combien son rôle très délicat était inexistant. De plus, 1l faut exiger dans toutes les communes l'inspection de tous lès marchés.

Le vétérinaire, depuis longtemps, demande une loi réglementant les ventes des mollusques salubres.

Delobel en 1899, écrivait dans Le Progrès vétérinaire : « Pour la vente dans les campagnes, il faudrait exiger des revendeurs un bulletin d’inspection sanitaire délivré dans les lieux d’arrivage ou dans les centres d’approvisionnement où se fournissent les marchands de poissons ». Deprez, médecin vétérinaire à Anvers, publie un article dans l’Echo vétérinaire de Belgique repris dans la Revue pratique des abattoirs, journal français, en 1913.

Il réclame

Fonteneau 9

1° l'inspection sanitaire des mollusques aux bureaux frontières, RE ALI IE AE FAR

20 la visite de tous les marchés,

39 la visite chez les débitants : «elle S’impose » à

Pommier, vétérinaire inspecteur des abattoirs modernes de Lyon, dans son ouvrage L'’abattoir moderne de Lyon professe un arrêté municipal type, relatif aux dangers des coquillages malsains. Cet arrêté est assez semblable à celui existant sur les huîtres, mais avec plus de détails et de précisions. ei

Bélin, docteur vétérinaire dans un livre récent Coquillages et fièvres typhoïdes fait en conclusion « une étude des mesures qui pourraient convenir pour sauvegarder la santé publique ».

Notre éminent confrère envisage ce que pourraient être

19 La direction du service de contrôle : une direction unique, le Ministère de l’Hygiène.

Personnellement, nous croyons que si le Ministère de l'Hygiène possédait la direction du Service de contrôle, cela augmenterait le danger qu'il est déjà pénible de constater : le cotoyage de la politique et de la santé publique. Il faudrait une direction absolument indépendante autant des politiciens que des cultivateurs « des fruits de la mer ».

29 Le Service de contrôle : l’O.S.T.P.M., homogène, : autonome, à moyens d’actions très amplifiés. Il devrait comprendre « des médecins, des vétérinaires, des chimistes et des bactériologistes, des assistants et des préposés ». Personnellement, nous ajoutons « des pharmaciens » qui sont parfaitement qualifiés pour les analyses chimiques, les analyses d’eau.

30 Les établissement suspects et insalubres : les classer ensemblé insalubres. Certains seraient à supprimer catégoriquement, d’autres pourraient être améliorés.

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49 L’hygiène ‘des lieux de production : mise en, demeure de l'Etat, faite aux communes, pour la A pression des sources de pollution par les égouts, etc. Mise en derneure. des particuliers de créer l'hygiène là où elle n’est pas (W.C. avec fosses étanches, etc. l'exiger. dans les. établissements de pêches). |

5° La vente chez le détaillant : surveillance de la vente et de l'installation. Etiquette de salubrité exigée. Prise d'échantillons. Ne:

6° Les enquêtes après maladie, exiger les déclarations des cas de fièvre typhoïde, comme le veut la loi.

7° Sanctions : les appliquer en harmonie avec la gravité des délits. Aucune protestation politique quand ils’agit de la santé publique.

Pour l'instant, la salubrité des moules n’est soumise qu’au décret du 31 juillet 1923, trop illusoire. Les vétérinaires ne manqueraient pas de se soumettre à des règlements plus sévères pour l’inspection, si une loi le leur demandait. Agents de l’'Hygiène publique, ils réclament une loi sanitaire applicable à tous les mollusques.

Prélever des échantillons, méthode parfaite mais qui sera pour lui sans intérêt pratique : pour faire les recherches du Bacterium coli, il faut un laboratoire bactériologique ; le résultat des analyses demande au moins quatre jours : les mollusques chez le détaillant ne peuvent pas attendre ces quatre jours sans souffrir ou mourir. Les dangers sont alors décuplés, ou bien Ie commerçant « fait boire » les mollusques, méthode délicate et très dangereuse.

Donc une seule chose pratique chez le détaillant : l’étiquette de salubrité datée. Ceci n'empêche pas la prise d’échantillons qui seraient envoyés dans des laboratoires spécialisés, afin d'éviter des fraudes de falsification d’étiquette. Toute infraction serait punie d’après JS sanctions prévues par la loi du 1er août 1905.

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Que pense le mytiliculteur boucholeur du contrôle sanitaire ?

Tous les mytiliculteurs ne veulent pas la réglementation de l’Inspection de leurs produits. Pour les « charognards », cela se comprend aisément ; mais n'ya pas que ceux là. Des boucholeurs ayant des moules saines dans des bouchots au milieu sain, ne sont pas partisans du certificat de salubrité (Syndicat de Charron). « Ils estiment que ce certificat ne donnera aucune garantie supplémentaire aux consommateurs, que ce certificat couvrira de nombreux cas de fraude et qu’il ne profitera qu'aux gros intermédiaires ».

Ces boucholeurs ne veulent pas comprendre. Ce qu’ils comprennent, c'est qu'ils se verraient obligés de payer l'étiquette de salubrité eux-mêmes par un droit comme cela se fait actuellement pour les huîtres. Mais le consommateur payerait bien ce droit, s’il était assuré de la qualité de l’achat ! À

Quand on imposa à tous les ostréiculteurs le décret du 31 juillet 1923, beaucoup n’en étaient pas partisans. Maintenant, les ostréiculteurs, qui sont mieux groupés et mieux documentés, sont tous partisans du certificat de salubrité.

Que pense le mareyeur ?

Il voudrait avoir des produits à la fois bon marché et présentant une grande sécurité. Dans les villes éloignées de la mer, pour le mareyeur, une chose prime : la rapidité des transports. Avec la rapidité des transports, dans des conditions de température et d'emballage parfaits, c’est déjà une partie de la sécurité assurée. Rien n’est à négliger quand on n’en a pas beaucoup.

Que pense le consommateur ?

Il ignore tout. Nous avons dit comment le public ignorait un décret voté depuis 12 ‘ans. L’étiquette de salubrité ? .… On ne sait pas. Il serait bon d’instruire ce

public ignorant par des conférences, par des causeries aux enfants dans les écoles.

N'éviterait-on pas ainsi un peu les fraudes qui pourraient se produire malgré la surveillance de l'Inspection sanitaire ?

Notre conclusion sera une citation de G. Hinard, commentant le service de contrôle modèle des Hollandais : « un contrôle, si sévère soit-il, n’empêchera jamais qu'aucune fuite ne se produise et que nul coquillageimpur ne réussisse à traverser Ce réseau si serré.

Le certificat de contrôle est destiné à faire connaître aux acheteurs, non pas que chaque coquillage: pris individuellement est pur (ce qu'aucun procédé ne permettrait de vérifier), mais que toutes les précautions sont prises pour éviter que les coquillages ne soient contaminés par l’apport de germes dangereux ».

Vu : le Professeur de l’Ecole Vu : le Directeur de l’Ecole Vétérinaire, rapporteur, Vétérinaire, MARTIN. J'CUILLÉ:

Vu : le Président de la thèse, Vu : le Doyen, MARTIN-SANS. E. BARDIER.

Vu et permis d'imprimer :

Toulouse, le 31 janvier 1936.

Le Recteur, Président du Conseil de l’Université : J. GHEUST.

+ Éd ‘#4 HAE.

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