‹ Les Moules Marines des Côtes de France: Leurs SalubritéChapitre 8 sur 35 · see La Sels · texte numérisé non relu

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Eau Protides Lipides Glucides DE ERA Huître .. 80,52 9,04 2, 04 6,44 1, 96 Moule ... 82,20. 11,25 1,21 4, 04 1, 30

Les glucides sont représentés, en totalité, chez les mollusques gras, en pratique, par du glycogène. Nous aurons alors la valeur calorifique en calories utilisables pour 100 grammes de chair :

ÉTUTÉTE AE AMAR 80 calories MOT MEME ARE 72 calories

Le lait ne donne que 67 calories.

Les unités nutritives fournies par 100 grammes de chair :

1 UD IE RO RE AE 19,17 Moules ALT. 18, 2

J. Alquier fait le calcul sur 100 unités nutritives,

gen utilisables d’après digestion. Elles sont fournies en aliments bruts par :

150 grammes de pain 130 grammes de bifteack.

950 grammes de moules (450 gr. de chair).

dont voici le prix coûtant :

1, 50 1,10 et la conclusion :

« À valeur nutritive égale, les bonnes moules de nos bouchots coûtent deux fois moins cher que la viande ».

Nos boucholeurs, nos marins, savent cela; peut-être aussi, connaissent-ils la phrase de Bouchard pour les huîtres, mais ils traduisent :

« D’aux moucs, in graissé d’heurre, une chopine de bon vin » forment un repas complet.

Quant à son goût, si la moule est un coquillage prolétaire, elle est et fût, à l’occasion, un mets de roi. À. Fredol a rapporté que « Louis XVIII aimait passionnément les moules ; chaque semaine on lui en faisait venir de La Rochelle ».

L’hygiène alimentaire a incriminé ces mollusques d’être la cause de bien des maux. Le Docteur Teissonnière, Directeur de l’Institut de Bactériologie des Bouches-du-Rhône, délégué de l'Office des Pêches maritimes, communique, en septembre 1932, au Congrès international d'hygiène méditerranéenne, un rapport sur ses enquêtes : 42 à 65% des cas de fièvre thyphoïde d’origine coquillagère, sont dus, en grande partie, aux moules ; les huîtres ne figurant que’pour 5,7%. Notons que ce sont des statistiques provenant du littoral méditerranéen.

Toujours d’après les statistiques du même auteur,

nous notons l’extrême gravité de ces cas de fièvre typhoïde où les décès se chiffrent par 30 ou 40%. Au côté de la fièvre typhoïde, on a observé de la dysenterie et du choléra. | Pope

Les vétérinaires doivent savoir cela pour Comprendre toute l'importance de ce problème non résolu : le contrôle sanitaire de tous les coquillages au même titre que le contrôle légal des huîtres, mais sur un plan plus vaste et plus sévère, comprenant l'inspection avant la consommation et l’instruction des consommateurs.

Si les moules peuvent tuer, elles peuvent aussi guérir. Pline, Galien, Dioscoride, Matthiole et divers autres auteurs et médecins célèbres enseignent, d’après A. De-

chambre, que les moules relâchent le ventre, évacuent la bile, la pituite, guérissent les maladies de rein, de foie, des poumons. Les anciens étaient de bons observateurs ; à ce compte, nos boucholeurs, qui se nourrissent en grande partie de moules seraient des gens presque sains. s'ils ne souillaient pas leur nourriture de divers aliments, ce qui ne nous permet plus de conclure.

Roger, dans l’Introduction à l'étude de la Médecine, s’élève contre les ingestions massives des moules : « Les habitants de la Terre de feu, qui en consomment jusqu’à 5 et 15 kgr. par jour, sont atteints de cirrhoses hépatiques spéciales ». Nous pouvons constater que nos boucholeurs, qui en font une consommation intensive, n’ont pas le teint de cirrhotiques et que leurs enfants se portent à merveille. Les moules contiennent beaucoup de vitamines grâce. à leur nourriture activée, des sels minéraux, de l’iode, autant de composés utiles à la croissance des enfants.

Au siècle dernier, d’après un mémoire présenté à l’Académie de Médecine en 1863, « un pharmacien distingué d'Orléans, M. F..., a essayé de faire rentrer les moules dans la matière médicale. Ayant trouvé dans les

SEP CQUEE

moules communes, par analyses chimiques, des principes minéralisateurs analogues à ceux que l’on rencontre dans l’huile de foie de morue, il a pensé que ce dernier agent thérapeutique pouvait avoir son analogue dans le bouillon de moules ou dans le sirop auquel il a donné le nom de mytilique ».

Nous n’avons pas trouvé trace de la composition du produit mentionné par Dechambre, ni de ses résultats. Ne serait-il pas possible, en médecine vétérinaire, de tenter des expériences soit avec un produit analogue, ou plus simplement avec des moules crues sur des animaux rachitiques, chiens ou chats, lesquels en sont friands. Ne serait-il pas possible de concurrencer économiquement l’huile de foie de morue ?

.« Calcinées et mélangées au miel, elles cicatrisent les blessures ».

Elles peuvent, en effet, faciliter la cicatrisation des blessures grâce à l’iode qui joue le rôle de désinfectant. Les anciens interprétaient, en ignorant les règles de la désinfection : cicatrisant. |

« Leurs cendres lavées font disparaître les taies de l'œil, les engorgements chroniques des paupières, les gsonflements des gencives..., etc. »; les moules devenaient une puissance quérisseuse.

Est-ce à titre de nourriture ou de médicaments que nos ancêtres en donnaient à leurs morts ?

En Vendée, dans la commune de Bernard en 1858, on découvre le premier « puits funéraire ». Creusés par les Gaulois, au temps de leur défaite, les puits funéraires servaient de sépultures aux corps incinérés de leurs morts.

Pour l’abbé Crochet «on renfermait avec les morts des viandes et des nourritures » qui leur étaient chères. Dans l’opinion des anciens, les ombres mangeaient, elles aimaient à se nourrir, à se vêtir des choses qu’elles avaient recherchées sur la terre … « On y a retrouvé des

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pèlerines, des huîtres et des moules qui étaient encore fermées ».

Les coquilles des moules sont trop peu riches en sels calcaires pour être utilisées, ainsi que les coquilles d’huitres, comme substance alimentaire hypercalcique. Mais elles sont utilisées avec les corps qu’elles protègent comme engrais. Sur certains points de nos côtes, des

bancs de moules, classés insalubres pour des raisons

d'hygiène, peuvent être pêchés pour servir d’engrais après broyage. Mélangé avec du goémon, c’est un engrais économique et des meilleurs, particulièrement utilisé en Loire-Inférieure. Chaque année on affecte des gisements « aux besoins de l’agriculture ».

En Hollande, où la moule est une des richesses nationales, où les gisements naturels sont considérables, le Docteur Lambert estime à 2.000 tonnes la quantité servant à la fumure des terres et à 20.000 tonnes la quantité destinée à l’élevage des volailles.

Les coquilles de moules ne sont pas utilisées dans l’industrie. La nacre qui les recouvre intérieurement n’est pas assez épaisse et brillante pour être travaillée. Peut-être les peuples préhistoriques fabriquaient-ils des parures où entraient les coquilles des Mytilus galloprovincialis. Mais elles ont toujours été trop communes pour avoir une réelle valeur, et à coup sûr, elles n’ont jamais du servir de monnaies comme les Cypraea monetla, annulus, les Dentalium pretiosum ou les Littorina obesa.

Dans l’ornementation moderne, on les trouve encore utilisées pour décorer avec divers autres coquillages des objets « souvenirs » que l’on trouve sur toutes nos plages.

La moule perlière fut signalée pour la première fois en 1894 par le baron d'Harmonville à Billiers (Morbihan). M. Dubois étudia la formation de ces perles.

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