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DESTRUCTION DES MOUSTIQUES SOUS LEURS DIFFÉRENTS ÉTATS

cres et ne méritent pas de nous arrêter. Toutefois, le mélange de pétrole et de goudron est avantageux, en ce que l'évaporation est moins active.

C'est donc le pétrole, pur ou mélangé au goudron, à l'exclusion de toute autre substance, qui doit être employé pour débarrasser les eaux des larves et des nymphes de Moustiques. Ce liquide a l'avantage de s'étaler de lui-même, de se trouver partout et d'être très peu coûteux. Pour les mares et autres petites étendues d'eau, il sufTitde promener à la surface un chiffon ou un faubert fixé au bout d'une perche et préalablement arrosé de pétrole ; ou bien on projette de place en place, à l'aide d'une petite pompe d'arrosage.

Fig. 294. — Appareil pour répandre le pétrole, d'après Riley.

le liquide contenu dans un seau ou dans tout autre récipient ; ou bien encore on se promène le long du bord et l'on projette avec une pomme d'arrosoir le pétrole qui s'écoule d'un récipient porté sur le dos (flg. 294) : tel le vigneron répandant la bouillie bordelaise sur les feuilles de Vigne atteintes du mildiou. Quand il s'agit d'une surface notablement plus étendue, on la parcourt en barque et l'on répand le pétrole par l'un ou l'autre des moyens ci-dessus énoncés. En Amérique, on fait flotter à la surface de l'étang qu'il s'agit d'assainir un cadre de bois au-dessous duquel sont disposés une série de tubes métalliques percés de trous ; ce système de tubes est relié par un canal unique à un long tube de caoutchouc qui aboutit lui-même à un tonneau de pétrole, placé sur un chariot et promené le long de l'étang. On fait couler une quantité connue

de pétrole, en même temps qu'on promène le flotteur à la surface de l'eau; le liquide se répand assez uniformément.

Ces divers procédés donnent les résultats les plus satisfaisants ; théoriquement, ils doivent donner une sécurité absolue et anéantir littéralement tous les Moustiques, si on traite de la sorte tous les gites où ces Insectes sont capables de se développer. Grâce à cette méthode, on a fait disparaître totalement les Moustiques de la petite îlo d'Asinara, qui était naguère encore ravagée par le paludisme : les cas anciens de cette maladie ont pu se maintenir et même récidiver, mais, faute d'Anophèles pour assurer la dissémination des parasites, il ne s'est produit aucun cas nouveau. Des résultats encore plus saisissants ont été obtenus à la Havane relativement à la fièvre jaune, ainsi qu'il a été dit plus haut. Toutefois, il y a toujours quelque gîte à Moustiques qui échappe à ladestruction : c'est plus qu'il n'en faut pour rendre le pétrolage insulTisant. Malgré ses tentatives méthodiques et fort bien conduites pour détruire les Moustiques à Freetown, Ross n'a pu assainir complètement cette ville éminemment insalubre : et pourtant ni l'argent, ni les hommes constitués en « Mosquito- brigades », ni d'autres moyens d'action ne lui ont fait défaut ! Enfin, là où les eaux stagnantes occupent de vastes étendues, il n'est pas possible de les traiter par le pétrole.

Destruction des Insectes ailés.

La destruction des Moustiques adultes ne peut se faire avec quelque chance de succès que s'il s'agit de purger les habitations ou d'autres espaces clos des Insectes qui sont venus les envahir. Divers moyens, inégalement efficaces, peuvent être mis en œuvre.

Vapeurs et fumées délétères. — On doit répandre ces vapeurs et fumées en quantité suffisante pour qu'elles atteignent tous les recoins, pénètrent dans toutes les fissures et y attaquent les Insectes qui ont pu s'y réfugier. Les vapeurs d'essence de térébenthine, d'iodoforme, de chloroforme, d'éther, etc., expérimentées par Celli et Casagrandi dans un espace restreint, ont donné quelques résultats; ceux-ci ont été moins manifestes avec le menthol, le camphre, l'ail et d'autres substances. Les fumigations de tabac se sont montrées les plus efficaces ; puis vient la fumée de fleurs

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