DÉFINITION DES MOUSTIQUES LEUR PLACE DANS LA CLASSIFICATION ZOOLOGIQUE
Les Nématocères (1) ou Macrocères (2) forment parmi les Diptères nn sous-ordre dont tous les représentants sont aisément reconnaissables ; entre autres caractères qui leur sont propres, il nous suffira pour l'instant d'indiquer qu'ils sont munis de longues antennes filiformes, ayant plus de six articles et ornées de poils disposés par verticilles plus ou moins touffus. Ainsi défini, ce groupe comprend un grand nombre d'Insectes, généralement de petite taille, que l'on peut subdiviser en plusieurs sections naturelles ; on y distingue notamment une famille des Culicidae, dans laquelle viennent se ranger tous les Moustiques.
Pour mettre en évidence les relations de ces derniers avec les autres Nématocères, il est utile d'indiquer brièvement les carac- ■ tères et la classification du sous-ordre tout entier, d'autant plus qu'un certain nombre d'Insectes qui viennent y prendre place sont d'un réel intérêt pour le médecin et le voyageur. Mais avant d'aborder cette étude, il nous semble indispensable de donner une description générale de l'aile des Diptères, cet organe ayant une importance exceptionnelle dans la classification.
L'aile présente, en effet, des variations considérables dans la série des Diptères. Quel que soit le type suivant lequel se disposent les nervures et les cellules, il n'est, en somme, qu'une modification d'un ty[)e concret qui se trouve réalisé cliez les Muscides (fig. 1) et qui se complique ou se simplifie chez les autres types (fig. 2et3).
(1) Nf|(Aa, vr|jj.aTo;, fil ; xÉpa;, corne ; antenne filiforme.
(2) May.pd;, grand, long ; xépa;, corne; antenne longue.
LES MOL.STIQLES
Fig. 1. — Aile de Scatophaga stercorarta, d'après van der Wulp.
Nervures. — a, costale {lena costalis): b, auxiliaire ou médiastine iv. mediasttnalis); c, subcostale ou 1" longitudinale (i;. subcostalis); d, radiale ou 2" longitudinale (f. radialis); e, cubitale ou 3"' longitudinale (c. cubitalig); f, discoldale ou 4"= longitudinale 4 1'. discoidalts); g. postérieure ou 5*' longitudinale (V. posticalisj; A, anale ou 6"' longitudinale (v. aiialis); v, transverse huraérale (i". transversa basalisi: ic, transverse moyenne ou petite traverse (r. trancersa média] ; x, transverse postérieure (van der Wulp) ou basale transverse antérieure (Skuse) d". transversa posticalis); y, transversc discoîdale (van der Wulp) ou transverse postérieure (Skuse) (V. transversa discoidalis): basale transverse postérieure (Skuse).
Cellules. — 1, première costale; 2, deuxième costale; 3, troisième costale (Skuse) ou celluia mediastinalis (van der Wulp): 4, marginale (Skuse: ou c. subcostalis (van der Wulp): 5, submarginale ou c. cubitalis: 6i, première cellule postérieure: 6i, deuxième cellule postérieure: 63, troisième cellule postérieure; 7, anale ou c. a.iillaris. encore appelée angulus analis sive axillaris; 8 1, première ou grande basale (Skuse). celluia radicalis superiur (van der Wulp): 82, deuxième basale ou petite basale antérieure (Skuse), celluia radicalis média (van der Wulp) : 83, troisième basale ou petite basale postérieure (Skuse), celluia radicalis inferior (van der Wulpi; 9, discoîdale (celluia discoidalis).
Fig. i. — .\ile A'Asilus, d'après van der Wulp.
DÉFINITION, CLASSIFICATION
Fig. 3. — Aile de Mycetophila, d'après van der Wulp.
Si l'on étale horizontalement et perpendiculairement au corps l'aile d'un Diptère tel que la Mouche et qu'on en suive, du sommet vers la racine, le bord postérieur, on rencontre une profonde échancrure ou incisure axillaire, à laquelle fait suite le lobule alaire ou alula (1). Celui-ci est continué par une membrane presque opaque et plus rigide, par laquelle se fait l'insertion de l'aile sur le thorax. Cette membrane e^t de largeur très variable chez les différents Diptères : elle s'étale généralement en un ou deux lobes arrondis, qui recouvrent le balancier et que Réaumur désignait déjà sous le nom d'ailerons ou coquilles (2). Quand ces deux lobes existent, ils se superposent dans la position fermée des ailes ; on les distingue donc en squama svperior et squama inferior ou mieux en antitegula et en tegula. Quand l'aile s'étale^ ces deux lobes se séparent et deviennent l'un antérieur et l'autre postérieur ; on constate alors que l'antérieur est rattaché à l'aile et se meut avec elle, tandis que le postérieur est fixé au thorax et reste immobile.
(1) Encore appelé lobus, lobulus (Kirhy), Àfterlappeii (Schiner). Le Bomd'alula a été proposé par Lœw en 1844, puis adopté et répandu par Osten-Sacken en 1896. Schiner appelait Fliigellappeu tout le reste de l'aile.
(2| Squaiiiula (Linnéc, aileron (Geoffroy); eutlleron (Latreille, Robineau- Desvoidy, Macquart): alula et winglets (Kirby et Spence, 1817); calyptra (Haiiday, 1836) ; a/it/ae (Haliday, 1855); alulets {Westvfood, 1848); caliptera (Rondani) ; Schuppen et Schuppcheii des auteurs allemands; tegulae (Lœw).
Robineau-Desvoidy donnait encore à ces deux lobes le nom de calypta et les distinguait en squama superior et squama inferior. C'est de là que vient la distinction des Diptères brachycères en Calyptérées et en Acalyptérées, suivant qu'ils ont ou non ces organes bien développés.
Le lobe postérieur ou teytila est parfois rudimentaire ; l'antérieur ou antitegula persiste alors seul (1).
Après ces notions indispensables sur la constitution de l'aile des Diptères, nous abordons maintenant l'étude générale des Nématocères.